DICTÉES SUPPLÉMENTAIRES LES MIGRATIONS DES OISEAUX
1. À peine l’hirondelle a-t-elle disparu, qu’on voit s’avancer sur les vents du Nord une colonie qui vient remplacer les voyageurs du Midi, afin qu’il ne reste aucun vide dans nos campagnes. Par un temps grisâtre d'automne, lorsque la brise souffle sur les champs, que les bois perdent leurs dernières feuilles, une troupe de canards sauvages, tous rangés à la file, traversent en silence un ciel mélancolique. S'ils aperçoivent du haut des airs quelque manoir gothique environné d’étangs et de forêts, c'est là qu'ils se préparent à desor ils attendent la nuit et font des évolutions au-dessus des
ois.
?. Aussitôt que la vapeur du soir enveloppe la vallée, le cou tendu et l’aile sifante, ls s'abattent tout à conp sur ies eaux, qui retentissent, Un cri général, suivi d’un profond silence, s'élève dans les marais. Guidés par une petite lumière, qui pent-être brille à l’étroite fenêtre d’une tour, les voyageurs s'approchent des murs à la faveur des roseaux et des ombres; là, battant des ailes et poussant des cris par intervalles, au milieu du murmure des vents et des pluies, ils saluent l'habitation de l’homme.