‹ Leçons de langue française [microforme]Chapitre 445 sur 684 · Le requin · texte numérisé non relu

Le requin

Accord de l'adjectif avec le nom.

Ce formidable poisson parvient jusqu'à une longueur de plus de dix mêtres ; il pèse quelquefois près de cinquante myriagrammes 1 ; on dit même qu’en & pêché un requin du poids de plus de cent quatre-vingt-dix wyriagrarimes,

Mais la grandeur ‘est pas son seul attribut ; il a reçu aussi la force et des armes meurtrières ; et, féroce autant que vorace, impétueux dans ses mouvements, avide de saiig, insatiable de proie, il est véritablement le tigre de la mer, Recherchant sans crainte tout ennemi, poursuivant avec plus d’obstinat'cn, attaquant avec plus de rage, combattant avec plus d’achorrement que les autres habitants des eaux, plus dangereux que certains cétacés, qui presque toujours sont moins puissants que lui; inspirant même plus d’effroi que les baleines, qui, moius bien armées ct douces d’appétits bien différents, ne provoquent presque jamais ni Phomme ni les grands animaux; rapide duns sa course, répandu eur tous les climats, ayant envahi, pour ainsi dire, toutes les mers ; paraissant souvent au milieu des tempêtes, aperçu facilement par l'éclat phosphorique dont il brille au milieu des ombres des nuits les plus orageuses, menaçant de sa gueule énorme et dévorante les inforlunés navigateurs exposés aux horreurs du naufrage, leur fermant toute voie de salut, leur montrant en quelque sorte leur tombe ouverte, et vlaçant sous leurs yeux le signal de la destruction, il n’est pas surprenant qu’il ait reçu le nom sinistre qu'il porte, et qui, réveillant tant d'idées lugubres, rappelle surtout la mort, dont il est le ministre.

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