Le chien
Le chien, fidèle à l'homme, conservera toujours une portion 4 de l'empire, un degré de supériorité sur les autres animaux : il règne lui-même à la tête d'un troupeau; il s’y fait mieux entendre que la voix du berger : la sûreté, l’ordre et la discipline sont le fruit de sa vigilance et de son activité; c’est un peuple qui lui est soumis, qu'il conduit, qu’il protège, et contre lequel il n’emploie jamais la force que pour y maintenir la paix. Mais c’est surtout à la guerre, c’est contre les animaux ennemis ou indépendants, qu'éclate son courage et que son intelligence se déploie tout entière. Les talents naturels se réunissent ici aux qualités acquises. Dès que le bruit des armes se fait entendre, dès que le son du cor ou la voix du chasseur a donné le signal d'une guerre prochaine, brûlant d'une ardeur nouvelle, le chien marque sa joie par les plus vifs transports; il annonce, par ses = mouvements ct par sos cris, Pimpatience de combattre et le désir de vaincre; marchant ensuite en silence, il cherche à reconnaitre le pays, à découvrir, à surprendre l'ennemi dans son fort; il recherche ses traces, il les suit pas à pas, et, par des
CS
Dictées de récapitulation, 101
+ accents différents, indique le temps, la distance, l'espèce et même l'âge de celui qu’il poursuit. BUFFON.
| 939. La brebis,
Je passais récemment dans un obscur canton.
Où l’on m'a conté pour notoire Ce petit fait touchant qui rappelle l'histoire ? De la vache de Fénelon.
Un prélat, homme simple et bon, Respecté, mais surtout chéri dans son domaine, En se rendant un jour à la ville prochaine, Rencontra sur sa route un beau petit garcon Qui lui parut en grande peine.
Il allait tristement du coteau vers la plaine, Guidant son modeste ti: ; eau, Et caressait en pleurant un agneau.
« Pauvre agneau, disait-il, tu n'auras plus de mère, Elle est perdue au fond du bois; Hélas! ma brebis la plus chère Aujourd’hui n'entend plus ma voix.
Oh! quand je vais rentrer, quel chagrin pour mon père! » Le prélat s'était arrêté; Et tandis qu’à sa plainte amère L'enfant s’abandonnait, il l'avait écouté.
YRE. « Pauvre petit, dit-il avec bonté, Tu retournes à ta chaumière :
Si tu n’y trouvais plus ta mère, Dis-moi, que ferais-tu ? — Je pousserais des cris. — Etes cris, mon enfant, pourraient-ils te la rendre?
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e portion
nimaux : $ — Si ma mère pouvait m'entendre,
ieux en- : Elle accourrait près de son fils.
iscipline — Tu le crois; hé bien donc! cela devrait t’apprendre
1 peuple Par quel moyen tu peux ramener ta brebis. »
re lequel Sur le prélat, le petit pâtre |
iix. Mais D'abord jette un regard surpris;
emis ou Puis tout à coup il a compris :
rence se Il saisit son agneau folâtre,
tel aux Contre son sein le presse doucement,
tendre . Et le force à pousser un triste bêlement.
le signal Deux ou trois fois il renouvelle
le chien Cette épreuve, quoique à regret, par ses wi Et voilà que, dans la forêt,
ré et lo On entend la brebis qui bêle.
he à re- Le petit de nouveau l'appelle,
lang son Et Ia pauyre brebis, aux cris de son agneau, par des Comme une tendre mère inquiète et fidèle,
Accourt rejoindre le troupeau. De Jussieu.
102 Dictées de récapitulation, 956. Généreux dévouement,
Jean-Baptiste Masson, père de dix enfants, n'a pas craint, pour sauver trois personnes qui lui élaient absolument étrangères, d'exposer sa vie, dont tant d'intérêt lui demandait la conservation. À Montiéramey (département de l'Aube. commune distante de deux lieues de Vandœux re, Où il demeure, Masson voit qu'une voiture qui a dévié de sa route et dans laquelle se trouvent quatre personnes, deux dames et deux jeunes gens, est emportée par un cheval fougueux dans la Baise, qu'un orage avait gonflée. Il court au cheval pour l'arrêter; mais quelque diligence qu'il fasse, il ne peut pas arriver assez {ôt pour empêcher que la voiture et les voyageurs ne soient entraînés dans une eau profonde et bourbeuse. Un des jeunes gens, poussé par la violence même des flots, avait regagné le rivage, mais l'autre et ses deux compagnes périssaient, Couvert de sueur et sans se donner le temps de reprendre haleine, Masson se jette tout habillé dans la rivière, ramène d’abord les deux dames, et soudain, plongeant de nouveau, il parvient à saisir le jeune homme qui, du fond de l’abîme, n’indiquait que par l'agitation qu'il communiquait à l'eau en sc débattant l'endroit où il allait expirer, et il le rapporte sur le rivage aux applaudissements des nombreux spectateurs de cet acte héroïque , auquel personne n'avait eu le courage de contribuer.
VILLEMAIN, 57. Le château de cartes.
Un bon mari, sa ferme et deux jolis enfants, Coulaient en paix leurs jours dans le simple ermitage Où, paisibles comme eux, vécurent leurs parents. Ces époux partageaient les doux soins du ménage, Cultivaient leur jardin, recueillaient leurs MOissOns , Et le soir, dans l'été, soupant sous le feuillage,
Dans l'hiver devant leurs tisons, Us prêchaient à leurs fils la vertu, la sagesse, Leur parlaient du bonheur qu'ils procurent toujours. Le père par un conte égayait ses discours,
La mère par une caresse.
L’ainé de ces enfants, né grave, studieux,
Lisait et méditait sans cesse ; Le cadet, vif, léger, mais plein de gentillesse, Saulait, riail toujours, ne se plaisait qu'aux jeux, Un soir, selon l'usage, à côté de leur père, Assis près d'une fable où s'appuyait sa mère , L'ainé lisait Rollin; le cadet, peu soigneux D'apprendre les hauts faits des Romains et des Parthes, Employait tout son art, toutes ses facultés, À joindre, à soutenir par les quatre côtés
Un fragile château de cartes,