‹ Leçons de lexicologie et de style [microforme] (volume 2)Chapitre 131 sur 132 · L’aveugle et le paralytique · texte numérisé non relu

L’aveugle et le paralytique

Aïdons-nous mutuellement, La charge des maheurs en sera plus légère ;

Le bien que l’on fait à son frère, Pour le mal que l’on souffre est un soulagement : Confucius l'a dit : suivons {ous sa doctrine. Pour Ja persuader aux peuples de la Chine,

Il leur contait le trait suivant :

Dans une ville de l'Asie

Il existait deux malheureux, L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux. Is demandaient au Ciel de terminer leur vie ;

Mais leurs vœux étaient superflus :

Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique, Couché sur un grabat dans la place publique, Souffrait sans être plaint; il en souffrait bien plus. INE. L'aveugle, à qui tout pouvait nuire, Etait sans guide, sans soutien, Sans avoir même un pauvre chien Pour l'aimer et pour le conduire.

Un certain jour il arriva

latayant Que l’aveugle à tâtons, au détour d’une rue,

TS COUPS À Près du malade se trouva;

i étaient | Il entendit ses cris, son âme en fut émue..

ait bien | Il n’est tel que les malheureux

général ® Pour se plaindre les uns les autres. égiment « J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres; Lil avait Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux. e soldat | — Hélas! dit le perclus, vous ignorez, mon frère, se pré- | Que je ne puis faire un seul pas;

dont on Vous-même vous n'y voyez pas :

qui était A quoi nous servirait d’unir notre misère?

INCrOoÿa- — À quoi? répond l’aveugle ; écoutez : à nous deux ap loué, Nous possédons le bien à chacun nécessaire ;

e soldat . J'ai des jambes, et vous des yeux;

servait Moï, je vais vous porter; vous, vous serez mon guide ; qu’il ve- Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ;

É le J Mes jambes à leur tour iront où vous voudrez. senera} , } Ainsi, sans que jamais notre amitié décide

maltrai- Qui de nous deux remplit le plus utile emploi,

t que je Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. » niration

‘uses et FLORIAN.

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Dictées de récapitulation.

42, La fauvette,

Aux branches d'un tilleul une jeune fauvette Avait de ses petits suspendu le berceau.

D'écoliers turbulents une troupe inquiète, Cherchant quelque nlaisir nouveau, Aperçut en passant le nid de 1 pauvrette.

Le voir, être tenté, l'assaillir à l'instant, Chez ce peuple enclin à mal faire, Ce fut l'ouvrage d'un moment.

Tous sans pitié lui déclarent la guerre.

Le pauvre nid vingt fois pensa faire le saut, Il n'était si petit marmot Qui ne fit de son mieux pour y lancer sa pierre, L'alarme cependant était grande au logis; La fauvette voyait l'instant où ses petits Allaient périr ou subir l'esclavage; Un esclavage, hélas! pire que le trépas, Les gens qu'elle voyait là-bas Etaient assurément quelque peuple sauvage Qui ne les épargnerait pas.

Que faire en ce péril extrême?

Mais que ne fait-on pas pour sauver ce qu’on aime? Elle vole au-devant des coups, Pour sa famille, elle se sacrifie, Espérant que ces gens, dans leur affreux courroux, Se contenteront de sa vie.

Aux yeux du peuple scéléral, Elle va, vient, vole et revole, S'élève tout à coup et tout à coup s’abat, Fait tant enfin que cette race frivole Court après elle et laisse là le nid.

Elle amusa longtemps cette maudite engeance, Les mena loin, fatigua leur constance, Et pas un d'eux ne l’atteignit.

L'amour sauva le nid, le Ciel sauva la mère.

A ses petits elle revint plus chère.

Dieu sait la joie et tout ce qu'on lui dit A son relour de touchant et de tendre!

Comme ils avaient passé tout ce temps sans rien prendre, Elle apaisa leur faim, puis chacun s'endormit. AUBERT.

2e came

| ' rendre,

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