‹ Leçons de lexicologie et de style [microforme] (volume 3)Chapitre 26 sur 337 · ÉSOPE ET SON MAÎTRE XANTUS · texte numérisé non relu

ÉSOPE ET SON MAÎTRE XANTUS

Un certain jour de marché, Xantus, qui avait dessein de régaler quelques-uns’ de ses amis, commanda à Esope d'acheter ce qu'il y avait de meilleur et rien autre chose. « Je l'apprendrai, dit en soimême le Phrygien, à spécifier ce que tu souhaites, sans l'en remettre à la discrétion d’un esclave. » Il n’acheta donc que des langues, les

uelles il fit accommoder à toules les sauces : l'entrée, le second l'entremets, toui ne fut que des lat gues, Les Conviés louèrent d'abor le choix de ces mels ; à la fin ils s’en dégoûlèrent. « Ne l'ai-je pas re— commandé, dit Xantus, d'acheter ce qu'il ÿ aurait de meilleur? — Eh! qu'y a-l-il de meilleur que la langue? reprit Esope, C'est Je lien de la vie civile, la clef des sciences, l'organe de Ja vérité et de la raison. Par elle, on bâtit les villes et on les police; on instruit, on persuade, on règne dans les assemblées, on s'acquitte du premier de tous les devoirs, qui est de louer les dieux, — Eh bien! dit Xantus, qui prétendait l’attraper, achète-moi demain ce qu’il y a de pire; ces mêmes personnes viendront chez moi el je veux diversifier, » Le lendemain, Esope ne fit Encore servir que les mêmes mets, disant que la langue est la pire chose qui soit au monde : c’est la mère de tous les débats, la nour— rice des procès, la source des divisions et des guerres. Si l'on dit qu’elle est l'organe de la vérité, c’est aussi celui de l'erreur, et, qui pis est, de la calomnie. Par elle on détruit les villes, on persuade de méchantes choses. Si d'un côlé elle loue les dieux, de l’autre elle profère

à Xanlus que véritablement ce valet lui était fort nécessaire; car il Savait le mieux du monde exercer la patience d’un philosophe.

LA Fonraine, Les bons se servent de la lungue pour le bien el la vérilé ; les mééhants s’en servent Pour le mal et l'erreur.

PE DICTÉES SUPPLÉMENTAIRES CÉRÉALES (Suite) : MAÏS, SARRASIN, MILLET ET SORGHO 1. Le maïs, qu'on appelle mal à ropos dans quelques localités 2L£ DE TURQUIE, csi une plante très-utile £ nt simplement grillés ou bouillis, quelque temps avant léur malurité ; Lantôt réduits en farine el sous forme de bouillie. On fait aussi avec la farine de maïs du pain et des gâteaux. Ces mêmes grains sont pour les animaux une excellente nourriture. 11 n'est pas de plante plus féconde que le maïs. Chaque pied donne ordinairement deux et trois épis ; chaque épi contient douze ou treize rangées, el chaque rangée irente-six ou quarante grains. == 2. On fait, avec Ja farine de saRRAgIN ou BLÉ NOIR, de la bouillie, de la galette et des gâleaux assez Nourrissants. Le grain de sarrasin est une bonne nourriture Pour la volaille et les bestiaux ; les fleurs fournissent une abondante pâture aux abeilles, dans une saison où les autres fleurs commencent à manquer. :

€ grain qui fournit le miccer OU PANIS est utilisé dans la nourriture de l’homme, On le cullive assez en grand dans les provinces du sud-ouest et de l'ouest.

€ SORGIIO À BALAIS est très-cullivé dans la vallée de la Garonne et u Rhône, Ses panicules servent à fabriquer les BALAIS BLANCS, et sa semence est utilisée dans l'éducation des volailles. TH. Barrau,

Indiquez dans la 4re dictée les noms qui sont au m:sculin pluriel, et dans la 2e ceux qui sont au féminin pluriel,

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21° Leçon. — Dérivés. 21

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