L'ÉCOLIER ET L'ABEILLE
— Que fais-tu donc sur cette plante ?
Disait un écolier paresseux et mutin A l'ouvrière diligente, Qui butinait de grand matin.
— Du miel, — Y penses-tu ? Quoi! du miel de l'absinthe ? — Sans doute, — Ah! pour le coup, c'est te moquer de moi! De ton rare talent, à te parler sans feinte, Tu fais, ma chère, un sot emploi, — Ainsi l'âge de l'ignorance Toujours juge à tort, à travées!
Quand mon utile prévoyance De celte plante aux sucs amers Tire un miel aussi doux que celui de la rose, Du travail, mon ami, c'est la métamorphose, Mets à prolit, crois-moi, la leçon d'aujourd'hui, Pour la trop Pares-euse enfance, L'absinthe est la peine et l'ennui Qu'un long travail traîne après lui ; Le miel, c'est le doux fruit que produit la science.
Aimé NaAUDET (1785-1817),
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