‹ Leçons de lexicologie et de style [microforme]Chapitre 180 sur 243 · FLORIAN · texte numérisé non relu

FLORIAN

Le berger et le troupeau.

Quand vous voyez quelquefois un nombreux troupeau qui, répandu sur une colline vers le déclin d’un beau jour, paît tranquillement le thym et le serpolet, ou qui broute dans une prairie une herbe menue et tendre qui a échappé à la faux du moissonneur, le berger, soigneux et altentif, est debout auprès de ses brebis; il ne les perd pas de vue, il les suit, il les conduit, il les change de âturage ; si elles se dispersent, il les rassemble; si un loup avide paraît, il lâche son chien qui le met en fuite ; il les nourrit, il les défend ; l'aurore le trouve déjà en pleine Campagne, d'où il ne se retire qu'avec le soleil, Quels soins! quelle vigilance ! quelle servitude ! Quelle condition vous paraît la plus délicieuse et la plus libre, ou du berger, ou des brebis ? C'est une image naïve des peuples, et du prince qui les gouverne.

La BRUYÈRE 1,

Le renard et le bouc.

Capitaine renard allait de compagnie Avec son ami bouc des plus hauts encornés :

Lelui-ci ne voyait pas plus loin que son nez; L'autre élait passé maître en fait de tromperie. La soif les obligea de descendre en un puits: à, chacun d'eux se désaltère.

Après qu'abondamment tous deux en eurent pris, Le renard dit au bouc : « Que ferons-nous, compère ? Le n’est pas tout de boire, il faut sortir d'ici.

1 Né près de Dourdan (Seine-et-Oise) , en 1646 ; mort en 1696.

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