‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 181 sur 187 · FONTANES · texte numérisé non relu

FONTANES

C'en est fait, le luxe domine

Et sur Rome et sur l'univers:

Au sein de sa grandeur rencontrant sa ruine, Rome tombe ; et le monde est vengé de ses fers.

"Voyez ces hordes homicides.

Ces monstres, de carnage avides,

Que vomit de son sein tout le Nord débordé : Pareils à ces torrents, sombres fiîs de l'orage -,

Ils portent partout le ravage,

Et l'Occident est inondé.

Rome! que de fléaux s'unissent

Pour t'accabler de toutes parts!

Dans des fleuves de sang les nations périssent, Et la flamme a déjà dévoré tes remparts:

Là, sont des colonnes brisées,

Ici, des voûtes écrasées, Là, des débris fumants des temples immortels; Et tous leurs dieux perdus sous ces vastes décombres,

Dans le silence et dans les ombres,

Gisant au pied de leurs autels.

La ronce, de ses bras stériles, Entoure les hauts monuments;

Et les flancs de la terre, autrefois si fertiles ,

N'étalent pour moisson que d'affreux ossements. Abaissée au niveau de l'herbe, Rome, au front altier et superbe,

Pleure sur ses palais que la mousse a couverts ;

Le Tibre en a frémi sur son urne attristée , Et son onde erre épouvantée Au sein de ces nouveaux déserts.

0 Rome! sors de tes ruines, Grande ombre! renais à sa voix:

Fais revivre à jamais l'orgueil des Sept Collines ,

Sois la reine du monde une seconde fois. Michel-Ange a dit: tout respire, L'airain , le marbre , le porphyre

En colonnes soudain s'élancent dans les airs;

Tels que, charmés jadis par la lyre thébaine, Les rocs sur les remparts d'iUcmène *j Montaient dans leurs ordres divers.

* Dans ThèLes. Alcmène était femme d'Ampbytrion , roi de Thèbes.

OU PORTUMTS. 503

Rival de Scopas et d'Apelle,

Tu surpassas tous leurs progrès ,

Toi, dont l'art, héritier de leur gloire immortelle,

A de Vitruve encor connu tous les secrets. Sous ta touche ardente , enflammée , Ici , la toile est animée ,

El la matière emprunte une àme à ton pinceau ;

Là, pour peupler les arcs et les brillants portiques De ces bâtiments magnifiques , Les dieux naissent de ton ciseau.

Quel est ce temple au dôme immense *,

Ce temple où tous les arts rivaux , Unis pour décorer sa pompeuse ordonnance, Épuisaient sous tes yeux leurs magiques travaux ?

De Rome antique altière idole ,

Tombe, ô fastueux Capitole!

Cède à la majesté de ce lieu solennel. Faux dieux! renversez-vous. Yoici le sanctuaire

Où, dans sa grandeur solitaire ,

Réside à jamais l'Éternel.

C'est ainsi que, par ce grand homme, Les talents furent ranimés; Il fit luire à la fois, sur la moderne Rome, Les trois flambeaux des arts par ses mains rallumés: C'est par ses soins que l'Italie, De ses chefs-d'œuvre enorgueillie, De l'univers encore a conquis les regards, Et par lui cette terre illustre et fortunée, Aux grands triomphes destinée, Fut deux fois la mère des arts.

0 toi que la gloire environne

De ses feux les plus éclatants , I Toi., que les Arts ont ceint d'une triple couronne i Que ne pourront flétrir les outrages du tems:

Si-Pier:e de Ro

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