‹ Leçons de littérature françaiseChapitre 84 sur 187 · LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

LA CONSCIENCE

Partout nous rendons hommage, par nos troubles et par nos remords secrets, à la sainteté de la vertu que nous violons ; partout un fonds d'ennui et de tristesse inséparable du crime nous fait sentir que l'ordre et l'innocence sont le seul bonheur qui nous était destiné sur la terre. Nous avons beau faire montre d'une vaine intrépidité , la conscience criminelle se trahit toujours elle-même. Les terreurs cruelles marchent partout devant nous ; la solitude nous trouble; les ténèbres nous alarment; nous croyons voir sortir de tous côtés des fantômes qui viennent toujours nous reprocher les horreurs secrètes de notre àme; des songes funestes nous remplissent d'images noires et sombres ; et le crime , après lequel nous courons avec tant de goût, court ensuite après nous comme un vautour cruel et s'attache à nous pour nous déchirer le cœur et nous punir du plaisir qu'il nous a lui-même donné.

Massillon.

Page 1