Division du chapitre deuxième. — Nous trai
rons d’abord de la nature de la définition et de ses différentes espèces (art. I) et ensuite des lois de la définition (art. ID).
Article premier LA DÉFINITION
82. Nus.re de la définition. — La définition est un discours qui exprime ce qu'est une chose. Ex. : Le Pape est le chef de l'Église. La définition est appelée discours parce qu’elle se compose de plusieurs, où a: moins, de deux mots.
83. But de la définition. — La définition a pour but de rendre plus claire, plus distincte, plus complète
la connaissance d’un objet. Et ce but, elle le remplit en nous donnant les éléments qui constituent cet objet. L'ensemble de ces éléments appelés notes ou idées constitutives forment la compréhension de ce même objet. La définition a donc pour objet la compréhension de l’idée et à ce titre elle a tout naturellement sa place dans le chapitre de la simple appréhension.
84. Définition nominale. — La définition nominale est celle qui donne la signification étymologique, conventionnelle, commune, d’un mot. Ex. : La philosophie est l'amour de la sagesse (étymologique). Le laurier est le signe de la paix (conventionnelle). Le roi est-celui qui règne — Dieu est le premier être (commune). La définition nominale donne une idée claire (42) de l’objet défini.
85. Définition réelle. — La définition réelle est celle qui nous renseigne sur la nature de l’objet défini. Ex. : L’hydrogène est un gas incolore, insipide, le plus léger des gas connus. La philosophie est une science qui nous dit le dernier pourquoi des choses. La définition réelle nous donne des idées distinctes (44). Elle est essentielle et descriptive.
86. Définition essentielle. — La définition essen- Lielle est celle qui explique une chose au moyen des éléments constitutifs de la nature de cette même chose. Ex. : Les corps sont des substances corpurelles. L'animal est un vivant sensible. Le vivant est un corps organique. La définition essentielle est la définition rigoureusement scientifique et philosophique. Elle nous donne une idée complète (46) de l’objet défini. Aussi bien est-elle un idéal difficile à atteindre.
87. Définition descriptive. — La définition descripdire est l'explication d’un objet soit par ses propriétés,
: L'âne
Cette
: L'homme est
un bel animal... est descriptive,
accidentelle. — N. sage en chimie,
en minéralogie, en zoologie, sont descriptives, et souvent accidentelles,
Article II LOIS DE LA DÉFINITION
88. Première loi : La définition doit être claire et juste. — Si la définition n’était Pas claire, elle manquerait son but (83). Elle doit donc bannir tout terme équivoque, vague, toute métaphore. Elles sont loin d’être claires, les définitions suivantes : La science est la lumière. La vraie civilisation est la liberté. Cette loi exige aussi que le mot à définir n’entre pas dans la définition, comme dans ces exemples : La simple appréhension est une appréhension simple. La liberté, c'est être
Pour être juste, la définition ne doit convenir qu’au seul objet défini. N'est pas juste cette définition de l’homme : L'homme est un animal. Plusieurs, à part l’homme, sont animaux, Cette autre : L'Université Laval est une institution, enfreint aussi cette loi.
La définition ne doit pas
longue. — I: définition nous et non, ce qu’elle n’est pas.
par exemple, ne peut pas être connue directement, positivement, mais uniquement par comparaison avec les autres dont elle n’a pas les défauts. Ainsi on définit la simplicité de Dieu en disant qu’elle est la négation de toute composition. Quant à la brièveté de la défitition, qu’il suffise de dire que la clarté l'exige.
90. Troisième loi : La définition essentielle doit être formée du genre prochain et de la diftérence spécifique. — Comme son nom l'indique, la définition essentielle (86) nous donne les éléments constitutifs de l’essence d’un objet. Or les éléments constitutifs de l’essence d’un objet sont au nombre de deux : le genre prochain et la différence spécifique. Le genre prochain est celui qui, dans la « classification des prédicables » (60), est le plus près de l'espèce dont il est question. Quant à la différence spécifique, c’est celle qui avec ce genre prochain constitue l’espèce. Prenons homme, dans la « classification des prédicables », c’est le genre animal qui est le plus près de lui. Animal est donc le genre prochain de homme. Et, dans la même « classification », la différence spécifique qui qualifie animal, c’est raisonnable. Par conséquent : animal (genre prochain) +raisonnable (différence spécifique) =homme ou espèce homme. L'espèce homme, par rapport à Pierre, est son essence, ou mieux toute son essence. Les définitions suivantes de l’homme ne sont pas justes : L'homme est une substance corporelle, un corps organique, un vivant sensible ; parce que substance, corps, vivant sont pour l’homme des genres éloignés ; corporelle, organique, sensible, ne sont pas ses différences spécifiques.
LEÇONS DE LOGIQUE CHAPITRE III La Division 91. Division du chapitre troisième. — Ce chapitre comprendra aussi deux articles : La division : sa nature, ses espèces (art I) ; Les lois de la division (art. IT).
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