DSS COORDONN2SS STATIQUES DU CORPS DS L ’ HO MM S
Principales dimensions.- Taille.- Variation de la taille*- Ceinture.- Poids.- Instruments utilisés pour la mesure du poids en médecine.- Causes d’erreurs.- Alimentation.- Vetements.- Autres causes *-
Après l’étude des mouvements partiels qui sont produits dans l’organisme, c’est-à-dire des mouvements dans lesquels une partie du corps restant fixe, l’autre est mobile, il importe d’étudier les mouvements de totalité dans lesquels le corps tout entier se déplace par un mouvement de translation vis-à-vis du sol sur lequel il repose.
Mais, avant d’étudier ces mouvements de totalité, il est important de connaître, au point de vue mécanique, le mobile qui doit en être le siège. Or, un corps matériel pour être connu au point de vue mécanique, doit etre soumis à certaines déterminations ayant pour but d’en faire connaître ce que j.’ appellerai les coordonnées statiques .
Les coordonnées statiques du corps de l’homme, que nous aurons à déterminer, sont les suivantes:
1°.- Ses principales dimensions, consistant plus particu-
lièrement en (a, sa taille; (b, la longueur de sa circonférence au
Pig. 42.-
niveau de la ceinture ou le tour de taille.
2° Son poids;
3°.- Son volume;
4°.- Sa surface;
5°.- Son centre dè gravité;
6°.- Sa densité moyenne;
Nous allons passer en revue les méthodes pour déterminer chacune de ces coordonnées dont 1* importance s’accroît tous les jours, en médecine, particulièrement après les recherches très-récentes du professeur Ch. Bouchard.
Taille de l’homme .-Instruments de mesure.- La taille de l’homme est la longueur de la verticale entre les deux plans horizontaux qui passent, l’un par la plante des pieds du sujet déchaussé, 3’ autre qui est tangent au ver tex ou point culminant de la tête,
lorsque le sujet est adossé debout
et regarde droit devant lui.
On se sert pour mesurer la taille, de l’instrument trèssimple ci- joint (3?ig. 42), une équerre mobile glisse le long d’une règle graduée verticale, et peut etre fixée par une vis de pression au point où elle s’ arrête „
On appelle quelquefois toise, cet appareil primitif., nais suffisant, employé dans tous les conseils de révision* La taille peut etre mesurée exactement en centimètres, l’approximation des millimètres n’est qu’illusoire, les erreurs commises pouvant dépasser plusieurs millimètres .
Variation de la Taille.,- La taille peut varier suivant diverses circonstances; tout d’abord avec l’âge, puis avec le sexe, enfin, sous diverses conditions physiologiques ou pat ho logiques „ La courbe ci- jointe (Fig* 45), représente, d’après Quételet, les va-^
ri at ions de la taille pour l’homme et pour la femme, à partir de l’age de 15 ans jusqu’à l’âge de 8 0 ans. On y voit que la taille moyenne de 3 ’ homme est plus élevée que la taille de la femme, que de plus, le maximum de la taille n’est pas atteint avant l’âge de 25 à 30 ans; qu’à partir de ce moment-là jusqu’à peu près vers l’âge de 45 ans, la taille reste stationnaire, et qu’elle décroît ensuite à mesure que le sujet avance en âge.
La taille varie encore avec Les diverses races humaines; les hommes les plus grands, d’après M. Topinard, sont les habitants de la Patagonie, dont la taille moyenne est de 1 m 78. Toutes les nations européennes, sauf les Anglais et les Scandinaves, sont classées dans les tailles moyennes de 1 m 60 à 1 m 70.. Enfin, parmi
les petites tailles finoins de 1 m 60)' les hommes les plus petits sont les Boschimans, dont la taille moyenne égale 1 m 40.
Fig o- 45 . -
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D’après M* Arthur Chervin, on peut diviser les tailles des
sujets qui se présentent à la conscription en.
Très petites tailles, moins de lm56 (conscrits réformés^
Petites tailles do
1^560 à lm597
Moyennes tailles de Tailles élevées, de
im598 à 1^1678
3înfin: Tailles exceptionnelles de 1^815 à au-dessus
La taille peut varier plus ou moins brusquement, dans
certaines conditions physiologiques ou pathologiques; ainsi, l’on constate, et c’est un fait d’ expérience vulgaire, qu'au moment de la croissance, c’est-à-dire entre l’âge de 12 à 25 ans, une maladie ayant nécessité un long séjour au lit, cause un accroissement de la tailde relativement considérable, eu égard au temps pendant lequel il s’est effectué. Une explication mécanique peut être donnée de ce fait, car l’on a remarqué également que la taille pouvait diminuer de quelques millimètres après une longue station debout ou une longue marche. La charge du poids du corps au niveau des épiphyses osseuses serait dont une cause empêchant l’accroissement de la longueur des os; au contraire, le long repos dans la position horizontale serait une condition favorable pour 3 ’ accroissement de cette longueur.
Le mémo, la compression longtemps continuée des cartilages inter-arti-
flMRpjilaires supportant la pression directe du poids du corps, tendrait à diminuer l'épaisseur de ces cartilages; le repos tendrait au contraire à lü augmenter.
Tour de Taille.- Le tour de taille, appelé aussi tour de ceinture, est la longueur de la circonférence du corps de l’homme
mesurée au niveau de l’ombilic, et passant immédiatement au-dessus des deux épines iliaques, antérieure et supérieure; on prend ce tour de taille au moyen d’un ruban flexible gradué en centimètres; l’ap- |
proximation ainsi obtenue ne peut guère ■ dépasser le centimètre, et varie lorsque le 'sujet est en inspiration ou expiration. La détenni nation du tour de taille est importante, car elle est employée comme constante pour la recherche du volume ou de la surface du corps.
Détermination du poids.- La détermination du poids de
1 4 homme, en médecine, est de la plus haute importance; c’est par ses
variations qu’il est possible de se rendre compte des actions de nutrition ou de dénutrition auxquelles est soumis l’organisme. A mesure que "la préoccupation de ce qui concerne la nutrition, comme le dit le professeur Ch. Bouchard, se sera introduite de plus en plu profondément dans 1.’ esprit du médecin, les investigations relatives aux modifications du poids du corps et aux proportions des matériaux excrémentiels, occuperont dans l’exploration clinique une place de plus en plus importante.
Instruments îfctiliséo.- Les instruments utilisés pour mesi rer le poids du corps de l’homme sont nombreux; Monneret employait autrefois, à la Charité, une balance ordinaire à fléau, que l’on transportait dans les salles d’hôpital, au lit de chaque malade.
Cet appareil très-lourd et très-encombrant, nécessitait encore le transport de poids considérables; il avait cependant un avantage, c’est une sensibilité as-sez grande pour déceler d’apres les recherches de ce savant et de ses élèves, les variations de dix grammes
sur le poids total.» Au j ourd 5 hui , les instruments utilisés sont le peson ordinaire j la balance de Roberval, et enfin la balance de Quintenz, vulgairement bascule» Le peson et la balance de Roberval servent surtout pour les nouveau-nés ou les jeunes enfant-s; la balance de Quint enz est presque exclusivement utilisée pour les adultes. Mais la balance de Quintenz ordinaire a une sensibilité insuffi santé, il est rare que la sensibilité de cet appareil aille à 25 grammes; nous estimons qu’une sensibilité permettant d? évaluer des différences de poids de 10 à 15 grammes, est nécessaire et suffisante e
D’autre part, la balance de Quintenz ordinaire, à moins qu’on ne place sur sa plate-forme un siège approprié dont il faut faire la tare, nécessite de la part su sujet la station verticale; or cette station ne peut être conservée avec l’immobilité suffisante pour permettre une pesée précise; d’autre part, certains malades ne peuvent même rester debout quelques instants»
Snfin, il est difficile avec la balance de Quintenz ordinaire, d’empêcher le malad© de lire en même temps que le médecin, le poids trouvé, et il peut résulter des inconvénients, au point de vue suggestif, de cette trop grande facilité de lecture»
C’êst pénétré de ces diverses conditions à remplir que j’ai fait disposer une balance de Quintenz pour les usages médicaux, dont vous voyez ici un exemplaire» Le constructeur a su allier à la plus grande simplicité de maniement, une exactitude parfaite dans les pesées, et une sensibilité suffisante pour déceler des variations de dix grammes sur un poids maximum de 15QKil» Cette balance se
compose essentiellement d’une plateforme montée sur une table suffisamment basse, pour que le sujet à peser puisse s’y asseoir facilement, ou après qu’on a approché de la table un petit tabouret; la table est construite de telle façon que toutes ses parties soient en dedans de l’aplomb de la plateforme oscillante sur laquelle il est assis. Le frottement des vêtements, même ceux de femme, ne peuvent ainsi apporter aucune erreur dans le poids trouvé Le sujet est confortablement assis et repose sur son siège et sur ses fémurs, le genou dépassant seul la plateforme; ses reins portent contre un pe* tit dossier qui permet une immobilité facile et complète Snfin, il tourne le dos aux tiges graduées sur lesquelles se font les lectures.
Pour opérer une pesée avec la balance, après avoir placé le sujet sur le plateau et l’avoir confortablement' installé , on déplace le premier curseur sur la tige graduée en dizaines de kilos, jusqu’au cran immédiatement inférieur au poids du sujet, puis c’est le tour du curseur mobile sur la tige des kilos, déplacé de la même façon jusqu’au chiffre immédiatement inférieur. SSnfin, c’est le petit curseur mobile, sur la tige des dizaines de grammes, dont chacune des divisions porte des subdivisions en dix parties, qroi est placé au point donnant l’équilibre parfait, c’est-à-dire met en regard les deux alidades.
L’intervalle des poids que peut mesurer cette balance, c’est-à-dire ce que les anglais appellent le Rang=ef' de l’instrument part de dix grammes et va jusqu’à 150 Kilogs; tout le poids du corps de l’homme se trouve donc compris -dans cet intervalle--
Variation du poids.- Les variations du poids de 1 T homme sont, comme ses variations de taille, très nombreuses -et tiennent à
des causes fort différentes, la courbe ci- jointe (!Fig. 44) indique
femme. On voit par cette courbe, que le poids de l’homme augmente progressivement et de moins en moins vite, jusqu’à 40 ans passés, puis qu’il diminue ensuite lentement, à mesure que l'homme avance en âge. La courbe de la variation du poids chez la femme est d’ailleurs à peu près identique, cependant, remarque Quételet, la femme parvient au sommet de son poids plus tard que l’homme, et lorsque l’homme et la femme ont pris leur développement complet, ils pèsent à peu près exactement vingt fois autant qu’au moment de la naissance.
Les poids indiqués sur les courbes provenant du travail de Quételet, sont les poids moyens trouvés à Bruxelles par cet auteur en 1830; on peut trouver de nombreuses exceptions à ces poids moyens, et je ne vous citerai pas ici tous les poids phénomènes, presque invraisemblables, qui ont été cités. La plupart de ces poids ont été prix chez des sujets à surcharge graisseuse énorme et d’ordre pathologique; il me parait plus important de vous signaler les nombreuses causes d’erreurs que vous pourrez rencontrer dans la pratique des pesées des malades, aujourd’hui si importante.
Causes d’erreurs dans les pesées.- Ces causes d’erreurs peuvent etre divisées en deux catégories.; celles qui tendent à augmenter le poids vrai, ce sont les causes d’erreurs en plus, et celles qui tendent à le diminuer, ce sont les causes d’erreurs en moins. Les causes d.’ erreurs en plus peuvent venir de ce que, immédiatement avant la pesée, le malade a ingéré de-s aliments, ou meme fait un repas complet, et de ce chef la cause d? erreurs peut etre considérable. Bien qu’on ne puisse pas déterminer meme à peu près exactement le
poids d’un repas» je vous citerai, oe^^riant Iss quelques chiffres
que J 3 ai trouvés des repas pris par un homme -moyen pesant 7Q Kilog«,
pour vous donner une i-dée de la valeur des erreurs provenant de cette cause* le poids moyen du petit déjeuner,- chez ce sujet, consistant en tasses de thé, de café, de café au lait, chocolat, avec tarr tines de pain plus ou moins volumineuses, a varié de 150 à 350 grammes; le poids du deuxième déjeuner fait en moyenne 4 heures après le premier, a varié entre 450 et 700 grammes; enfin, le poids du dîner qui, chez ce sujet,, était le principal repas, a varié de 600à. 1100 grammes • les variations de cé dernier repas s3 entendent pour un repas ordinaire, fait à la maison, et non des repas dits "dîners en ville*' dont le poids moyen a pu varier de 1000 à 1350 grammes»
Oes chiffres indiquent qu’il est nécessaire de s’enquérir, avant de procéder à toute mesure, du poids, de l’état dans lequel le malade se trouve, au point de vue des aUjaents ingérés.
Une autre cause d’erreur est celle résultant de la tare à faire des vêtements portés par le sujet au moment de 1’ expérience^ C’est là une cause d’erreur dont 1 3 importance est souvent mal appréciée; les chiffres suivants vont vous indiquer la vérité de cette affirmât ion:
Le vêtement d? intérieur, pour un homme moyen, consistant en:
Une chemise de coton, un caleçon, un pantalon, des chaussettes, des pantoufles d.3 intérieur et un veston, a atteint le poids de g Kilog. 500.
Le vetement de ville, pour le meme sujet, consistant en: Souliers, chaussettes, caleçon, chemise, pantalon, gilet, redingote et chapeau, a atteint le poids de S Kil- 600„ Avec un pardessus d’été le poids a augmenté de 1200 grammes; avec un pardessus d’hiver, pas très long, le poids a augmenté de deux kilog„
Lorsqu’il s’agit de vêtements de femme, les variations sont encore plus considérables et il n’est guère possible de donner un poids moyen des vêtements, tellement ce poids est variable, un seul d’entr.’eux pouvant quelquefois atteindre le poids de 2 Kil. 500 (mantelet de fourrure
Ces chiffres, bien que peu nombreux, sont suffisants pour révéler dans l’évaluât ion du poids des vêtements une cause d’erreur difficile à éviter»
Parmi les causes qui font varier le poids des sujets à peser en le diminuant, il faut noter en première ligne les évacuations alvines et les mictions.» Les évacuations alvines varient considérablement en poids, cependant chez un homme à la ration d’entretien et d’un poids moyen de 70 Kil. le-s variations ordinaires ont lieu entre le poids de 250 grammes et celui de 45 0» Quant aux mictions, encore plus variables peut-être, on peut cependant noter qu’elles peuvent faire diminuer le poids de 150 à 400 grammes»
Enfin, le poids de l’homme diminue d’une façon constante, tant par l’évaporation de l’eau à la surface de sa peau et à la surface j&âtë&fâéœj que par la production d’acide carbonique rejete par la respiration» le; encore, il n’est guère possible de donner des
chiffres ne variant que dans des limites peu étendues» Au contraire, il n’est pas de fonction dont l’activité s’accroisse ou diminue plus vite que celle de la transpiration» L’état de repos ou de mouvement, l’état hygrométrique de 3’ air, sa température, la température propre du sujet sont autant de circonstances qui influent énor mément sur la perte de poids due aux causes signalées plus haut» Cependant, les chiffres suivants ont été relevés sur le sujet en question et dans différentes conditions: Pendant une nuit de huit
heures de repos au lit, la perte de poids a varié de 350 grammes à 740. Pendant la journée et entre les repas de midi et de 7 heures 1/2, la perte de poids a varié entre 250 & 400 grammes. Le sujet conservait un repos relatif pendant cet intervalle de temps.. Lorsque, au contraire, il était soumis à un exercice en plein air, assez actif, la perte de poids pendant le même temps, pouvait atteindre de 7 à 900 grammes, et même dépasser ce chiffre, si le temps était très sec »
J’ai pu faire sur un cycliste tournant sur une piste de Vélodrome, une expérience qui montre combien la perte par l’évaporation cutanée et pulmonaire peut s’accroître dans certaines conditions. Ce cycliste, d’un poids moyen de TZ Kilog. a perdu dans une heure le poids énorme de 1130 grammes; la température était assez élevée, et l’état hygrométrique faible»
Kn résumé, vous voyez par le nombre et 3’ importance de ces causes d’erreur combien une variation de poids de 50Q, de 1 Kil.» et meme de 1500 gr . est sujette à caution; lorsqu’on doit évaluer d’une
manière régulière le poids d’un sujet, il est nécessaire d’avoir en mémoire toutes les causes d’erreurs auxquelles l’on s’expose, pour essayer de les éviter le mieux possible . Pour cela, le moyen le plus sûr me paraît etre de déterminer le poids minimum du dit sujet, c’est-à-dire celui qu’il a le matin, au réveil, nu, après miction et défécation et avant tout repas. On a ainsi des poids suffisamment comparables pour pouvoir tirer de ces variations, surtout lorsqu'elles dépassent le chiffre de 200 grammes, des déductions pathologiques ou physiologiques légitimes
La variation du poids dans les malad'es, est d’une importance considérable, et il serait à désirer que l’on put se rendre compte constamment au lit du malade, de sa variation* de poids.» Ces variations sont parfois énormes, surtout au moment de la convalescence, et j’en citerai comme exemple la preuve -suivante, tirée d’une obser? vation de fièvre typhoide, dans' la thèse d’un élève de Monneret , M» Thomas Laytori (Paris 1868). On y voit que la moyenne du gain par jour a atteint le chiffre énorme de 441 gramme-s' 6.-
7me Leçon