‹ Leçons de mécanique céleste (volume 2)Chapitre 90 sur 103 · ESSAIS DE SYNTHÈSE DES OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

ESSAIS DE SYNTHÈSE DES OBSERVATIONS

217. Difficultés théoriques soulevées par la théorie de "Whewell. — La conception d'ondes progressives se dirigeant toutes du Sud an Nord se heurte à de grosses difficultés.

Il est évident d'abord cjue l'onde de l'océan Indien devrait se réfléchir sur la côte d'Asie, malgré l'irrégularité du contour, et donner lieu à une onde stationnaire. On ne saurait explicjuer comment une onde progressive de cette importance pourrait être entièrement absorbée.

De plus, les ondes progressives de l'Atlantique et du Pacifique auraient dû converger vers les mers arctiques. Cette convergence est-elle admissible?

Reportons-nous à la formule générale établie au paragraphe 137,

dt

ch -\- / A h? — ^ cls

et appiic[uons-la aux mers polaires arctiques.

La deuxième intégrale représente, comme nous le savons, l'énergie qui pénètre à travers la surface latérale, par suite de l'effet des ondes. Si les ondes convergeaient toutes vers le pôle, tous les éléments de cette intégrale seraient positifs; il faudrait donc que la première intégrale, étendue à la surface libre des mers arctiques, eût une valeur notable. Or, on a

Wi= vv + ri'i.

n"| , potentiel provenant de l'attraction du bourrelet liquide extérieur à la région considérée, est négligeable; et il en est de même de W au voisinage du pôle, puisque W est proporlionnel à sin-B dans le cas des marées semi-diurnes, et à sinGcosG, dans le cas des marées diurnes.

La théorie de Whewell ne serait donc soutenable que si l'on attribuait au frottement un etfet considérable capable de détruire les marées pendant la durée d'une période, soit 12 heures pour les marées semi-diurnes; or, nous savons par les calculs de M. Ilough (§ 121) qu'il faudrait environ 20 ans pour réduire l'amplitude des oscillations à une fraction - tie sa valeur initiale.

2LS. Comparaison de la théorie de Whewell avec les observations. — La théorie de W hewell prise <lans son ensemble ne sup-

porte donc pas l'examen. INe se montre-t-elle pas, du moins, dans une certaine mesure, conforme aux observations?

En premier lieu, à l'époque des sjzjgies, la marée solaire devrait être d'accord avec la marée lunaire dans l'océan Antarctique et différer partout ailleurs. On avait cru trouver dans l'allure générale de la différence Slî — M!J, qui, sauf les cas exceptionnels d'interférence, reste toujours positive et comprise entre o° et 90", une confirmation très sérieuse de la théorie.

Mais il faut remarquer que cette différence devrait augmenter à raison de 2 ('/i — /?, ) degrés, c'est-à-dire de i" environ par heure cotidale.

Or, il suffit de se reporter aux chiffres cpie nous avons donnés précédemment (§ !203) pour constater que cette proportionnalité est bien loin d'être vérifiée.

C'est ainsi que, dans l'Atlantique, on trouve 44° ^u cap de Bonne-Espérance, 24" seulement à Lisbonne et 47" au Havre, alors cpie d'après la valeur de l'heure cotidale on ne devrait pas avoir plus de 22".

Nous avons vu également quelles variations éprouvait le rap-

port rrp> lequel devrait rester sensiblement constant si l'on admettait un transport en bloc des deux ondes composantes de la marée semi-diurne.

En ce cjui concerne les heures cotidales elles-mêmes, nous avons déjà signalé la dérogation très importante du cap Horn, qui a obligé Wliewell à modifier son hypothèse primitive.

De plus, dans le golfe du Bengale et le golfe d'Oman, il n'y a pas le moindre accord avec les observations.

Enfin, la théorie est incomplète, parce qu'elle ne prévoit pas de cas d'interférence. Or, ce phénomène est mis en évidence de façon bien nette par les observations : exemple, le Tonkin.

La théorie de Whewell ne rend donc pas suffisamment compte des laits.

219. A l'idée première de Whewell, on a opposé encore une autre objection : Pourquoi les marées naîtraient-elles dans l'océan Antarctique, et non pas dans le Pacifique cjui est plus profond et plus vaste?

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