MORALE
QUÉBEC Tmp. de l’Acrion Socrace Limrrs:
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INTRODUCTION
1. Définition de la morale. — La morale est la science qui dirige les actes libres de la vclonté dans la recherche de leur fin. Comme la logique la morale est une partie de la philosophie pratique. : ‘elle-ci — son ncm l'indique — est l'étude approfondi. des êtres dont nous sommes les auteurs. Or ces êtres, ce sont les sctes de l’intelligerce et de la volonté. Les actes de l'intelligence, c’est la logique qui s’en occupe. Qua à ceux de la volonté libre, ils font l’objet de la morale. ‘
2. La morale est une science pratique. — Une science est pratique quand elle fait application des connaissances qu’elle procure et des règles qu’elle formule. Or la philosophie morale ne se contente pas d'amener l'intelligence à accepter les lois qu’elle énonce et qu’elle prouve (rôle de la science spéculative), mais encore, et surtout, elle soumet la volont à leur joug, elle l’oblige à s’en servir comme d’un guide éclairé, elle lui ordonne de les mettre en pratique. Voilà pourquoi la morale peut être appelée la science du bien vivre, ou mieux;tla science qui enseigne à se conduire honnêtement.
3. Objet de la morale.—La morale traite des actes humains à ce point de vue spécial qu’elle leur fournit
(1) Cfr. Leçons de Logique, pp. 5, 6.
les moyens d'arriver à leur fin. C’est dire que les actes humains sont l’objet matériel de la morale ; l’arrangement de ces mêmes actes, l’ordre à y mettre pour qu’ils Puissent arriver au but en est l’objet formel. 4)
4. Ce que l’on entend par mœurs. — Généralement le mot mœurs signifie façon d'agir, manière de faire. C’est dans ce sens que l’on parle des mœurs des animaux. Cependant aux êtres sans raison l’expression mœurs ne convient pas réellement mais plutôt par métaphore. Le mot mœurs signifie encore les inclinations naturelles de l’homme ou les coutumes, les usages que ces inclinations engendrent et qui donnent à un peuple sa marque morale distinctive. Selon leur acception rigoureuse, les mœurs désignent les habitudes soit bonnes, soit mauvaises — plutôt bonnes — que l’homme acquiert par ses actes volontaires et libres. Aussi appellet-on justement la morale, la science des mœurs, c’est-àdire, la science des bonnes habitudes de l’homme, ou encore, éthique, d’un mot grec qui signifie mœurs.
5. Utilité de la morale. — La morale est utile aux individus et à la société.
A. UriciTé DE LA MORALE POUR LES INDIVIDUS.
D La morale rend les individus meilleurs et plus heureux. Par ses lois et ses préceptes scientifiquement établis la morale fait une obligation stricte à chaque homme de bien vivre. Elle lui ordonne d'éviter le vice et de pratiquer la vertu. En lui obéissant les individus mettent plus d’ordre et de bonté dans leur existence, et partant, ils deviennent meilleurs. Et, sans donner le bonheur complet, la vertu tout de même y concourt pour une large part. N'est-ce pas elle qui nous rend presque
(1) Cfr. Leçons de Logique, pp. 2, 9.
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toujours heureux ici-bas ? Ajoutons qu'elle est aussi le gage le plus sûr de la Aélicité sans ombre de l’autre vie. % La morale rend les individus plus forts dans ln lutte. Il est évident que ies convictions solides et bien appuyées décuplent la puissance de la volonté. L'accomplissement du devoir coûte toujours, et c’est parce que, très souvent, nous n’en avons pas une juste notion. D'où ces atermoiements, ces reculs, ces arrêts dans lu voie du bien. Or la philosophie morale démontre le pourquoi du devoir, elle l'enveloppe comme d'une vive lumière qui le présente à la volonté tel qu’il est avec ses sacrifices et ses consolations, mais surtout avec son autorité devant laquelle l’homme doit s’incliner. Certes le sentiment du devoir ne suffit pas pour conduire l'homme à la victoire. Au témoignage de l’histoire ce sentiment s’est considérablement amoindri dans le cours des siècles. Ici et là les pratiques les plus monstrueuses et les plus contradictoires ont été en honneur. Il faut donc une connaissance précise du devoir, connaissance que peut seule donner la philosophie morale. B. UmiLiTÉ DE LA MORALE POUR LA SOCIÉTÉ. ! La morale perfectionne la société. La société étant un tout formé de parties qui sont les familles et les individus, sa perfection dépend donc de celle des unités qui la composent. Or la science morale en faisant mieux ; Connaître son devoir à chaque individu l'amène à lutter plus efficacement contre ses passions, à mieux corriger ses défauts et, par suite, à marcher plus rapidement dans la voie du progrès. La morale est donc un incomparable agent de perfection pour la société. * La morale est une source de paix et de tranquillité pour la société. Ce qui met la société en danger, ce sont les erreurs politiques, les utopies sociales qui courent le monde, Ces erreurs, ces utopies proviennent des
fausses conceptions que l'on a du droit, de la justice et du devoir. La vraie définition du droit, de la justice et du devoir, c’est la morale qui la fournit. Elle seule peut endiguer le flot sans cesse menaçant des doctrines qui sous le couvert d'ordre et de prospérité sont les pires ennemis de la paix et de la tranquilité des nations.
6. Divisions de la morale. La philosophie morale se divise en deux parties appelées Morale Générale et Morale Spéciale. La première partie traite de l’acte moral en général sans tenir compte des circonstances dans lesquelles se trouve celui qui en est l’auteur. Elle énonce les conditions que doit remplir, les règles auxquelles doit se conformer l’acte humain pour être dans l'ordre, c’est-à-dire, Pour; pouvoir arriver à sa fin. La deuxième partie ne juge pas l’acte en lui-même, mais en égard aux situations Particulières, aux circonstances spéciales qui l’accompagnent. Ainsi la Morale Générale déclare que l’aumône est un acte bon et méritoire pourvu qu’elle soit faite dans un bon but, sans préjudice de personne. La Morale Spéciale se demande si telle action faite par un {e, dans telle occasion, est conforme
à la loi générale qui énonce les conditions requises pour la bonté et la malice d'un acte.