‹ Leçons de pathologie chirurgicale générale (volume 2)Chapitre 83 sur 252 · C. Abcès froid I · texte numérisé non relu

C. Abcès froid I

ossifluent par , Eelui des cavi-

congestion. tés- Abcès P ar/ congestion des\

auteurs.

1° Tenter guérison sans opération.

Traitement dit par absorption.

de l'abcès froid ossifluent ses-

1 u Améliorer l'état général.

2° Chercher à guérir la lésionosseuse. Cautérisation locale.

1° Compression 2« Electricité.

3" Caut. légère.

4' Frictions avec teinture d’iode.

3° Activer la résorption du liquide.

2° Traitement par l'ouverture.

I Ouverture par le caustique ou le bistouri.

Application du pansement de Lister. Méthode de progrès.

TREIZIEME LEÇON

■i Étude de la gangrène. — Définitions. — Définitions de Cruveilhier, de Verneuil, de Billroth, de Lancereaux. — Définition que nous admettons. — Le mot de gangrène s'applique au processus gangréneux avec putréfaction des tissus au contact de l'air. — • Le mot nécrobiose indique la mortification d'éléments à l’abri du contact de l’air extérieur. — Le mot ulcéralion indique la mortification d’éléments au contact de l’air extérieur. — Etiologie — Causes modifiant la structure anatomique des parties. — Causes modifiant la circulation. — Causes modifiant l'innervation. — Gangrènes morphopathiques. — Gangrènes hemopathiques. — Gangrènes neuropathiques.

Messieurs,

Après l’examen de l’inflammation et des abcès, il nous paraît lt tout naturel de nous occuper de la gangrène. Nous étudierons tout d’abord le processus gangréneux en général, puis les gangrènes en particulier, c’est-à-dire les diverses espèces de gangrène. ~-

Pour l’étude de la gangrène en général, nous passerons successivement en revue:

la définition; l’étiologie ;

l’anatomie pathologique et la symptomatologie ; les formes et les espèces de la gangrène ; le diagnostic, le pronostic et le traitement.

Définition. — Si l’on jette un coup d’œil sur les articles I spéciaux que les divers auteurs ont publiés sur cette question, on est étonné des définitions nombreuses et différentes qui ont été proposées. Pour Cruveilhier, par exemple, la gangrène

Berne. — Path. chir.

TREIZIÈME LEÇON

est la mort locale, la mort partielle, l’abolition complète de tout acte vital dans une des parties molles du corps; mortification gangrène , sphacèle, escarre sont pour lui synonymes. La mortification des parties dures, c’est la nécrose. Pour le professeur Verneuil, la gangrène est la cessation de la nutrition dans une partie de l’organisme. Pour Billroth, c’est la cessation de la sensibilité et de la circulation dans une partie. Pour Lancereaux, c’est la mortification avec processus putride, la nécrose étant la suppression seulement de la circulation, suppression qui peut souvent n’entraîner aucun phénomène de processus putride. Toutes ces définitions sont certainement acceptables, toutes cependant présentent des imperfections sérieuses.

Si la définition de'Cruveilhier était prise à la lettre, l’analogie devrait être complète entre un membre gangrené et un membre mort. Que l’on compare cependant l’état d’un membre atteint de~gangrène avec celui du même membre, examiné sur le cadavre/Dans l’un et l’autre cas, certainement les manifestations vitales ont cessé, mais l’attention la plus superficielle démontre bien facilement que ce n’est cependant ni la même consistance, ni la même coloration, et qu’il y a des différences bien sérieuses au point de vue anatomique et clinique.

Sans doute, dans une partie gangrenée, comme le spécifient Verneuil et Billroth, il y a bien cessation de la nutrition, delà sensibilité et de la circulation ; mais cette perte des propriétés vitales, ce n’est pas la gangrène elle-même, c’est la cause qui déterminera la mortification, mais ce n’est pas l’ensemble des phénomènes expressifs du processus gangréneux.

En somme, la définition est certainement difficile à trouver. Ce n’est pas une raison pour éluder la réponse comme l’a fait, par exemple, Maurice Reynaud dans l’article si important qu’il a publié sur ce sujet dans le Dictionnaire de Jaccoud. 11 se contente de regarder la gangrène comme la mort partielle des parties, tout en insistant pour faire com-

ÉTUDE DE LA GANGRENE. — DÉFINITION

prendre que cette définition ne saurait être acceptée sans explications.

Pour nous, en tenant compte des observations que nous venons de faire, en tenant compte de cette pensée que la définition de la gangrène doit correspondre tout à la fois à l’idée de tissus et à l’idée d’éléments, nousdirons : Lagangrène peutêtre considérée comme l’ensemble des phénomènes pathologiques qui surviennent dans une partie où la nutrition, la sensibilité, la circulation ont été suspendues, cette partie tenant encore au reste de l’organisme vivant. 1° Lorsque cette partie est un organe ou un tissu, il y a alors gangrène proprement dite, gangrène avec processus putride; 2° lorsque cette partie est un élément, ou mieux un ensemble d’éléments plus ou moins à l’abri du contact de l’air extérieur, il y a alors nécrobiose; 3° lorsque ces éléments modifiés et éliminés sont au contact de l’air extérieur le phénomène prend le nom d’ulcération.

I Le mot de gangrène rappelle donc l’idée de tissu et de I processus putride.

\ Le mot de nécrobiose indique l’idée d’éléments, et d’éléments en dehors du contact de l’air extérieur I sans processus putride .

[ Le mot d’ulcération comporte l’idée d’éléments morti- 1 fiés, mais d’éléments en rapport avec l’air extérieur.

Nous aurons à nous occuper actuellement de la gangrène et de la nécrobiose, nous étudierons plus tard l’ulcération.

On appelle escarre la partie qui s’élimine. On emploie quel quefois le mot de sphacèle comme synonyme de gangrène. D’autres fois ce mot est pris dans un sens un peu différent; ainsi pour Galien, pour Fabrice de Hilden, pour Thomson, la gangrène,

| est l’état d’une partie dans laquelle il y a simplement diminution, mais non extinction de la vie, de telle manière que cette partie puisse encore être animée. Le sphacèle indiquerait, au contraire, la mort complète. Cette distinction paraît, sans

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aucun cloute, judicieuse ; mais l’usage ne l’a pas consacrée. Nous ne croyons pas, par conséquent, devoir l’accepter.

Indiquons en dernier lieu que l’expression de gangrène est tirée du grec (ypa co, je consume).

Occupons-nous tout d’abord des causes de la gangrène.

Etiologie. — Pour que la vie existe dans une partie, il faut d’une façon générale,

que la structure anatomique de la partie soit intacte, que la circulation soit conservée, que l’innervation soit régulière.

Lorsque l’une ou l’autre de ces conditions vient à cesser d’exister, les échanges nutritifs se modifient, les phénomènes d’assimilation et de désassimilation tendent à s’arrêter, la nutrition s’altère, et la gangrène devient dès lors imminente. Les causes de la gangrène doivent donc se diviser en trois groupes :

A. Causes modifiant la structure anatomique des parties.

B. Causes modifiant la circulation.

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