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ÉTAT DES NERFS COUPÉS

de sensibilité récurrente, et en vertu de laquelle les nerfs émanés des cordons antérieur et latéral de la moelle^ bien que destinés au mouvement, d'une manière toute spéciale, se trouvent investis par le fait d'une sensibililé parfois presque aussi vive que celle des racines postérieures. Nous avons répété devant vous les principales expériences qui servent à démontrer l'existence de cet intéressant phénomène.

11 nous reste maintenant à considérer les modifications que subissent les racines nerveuses après avoir été coupées, et nous verrons qu^on peut en déduire plusieurs conséquences importantes, soit en physiologie, soit en pathologie.

Lorsque des racines nerveuses ont été simplement divisées par l'instrument tranchant, on voit alors l'une des extrémités se renfler, s'hypertrophier et se maintenir dans cet état, tandis que l'autre s'atrophie et disparaît. Mais il existe sous ce rapport une différence bien singulière entre les deux ordres de nerfs : pour les fibres motrices, c'est le bout central qui continue à vivre, tandis que la partie périphérique du nerf disparaît; pour les fibres sensitives, au contraire, c'est précisément l'inverse qui a Heu : on voit l'extrémité périphérique du nerf s'hypertrophier, tandis que le bout central s'atrophie et disparaît, jusqu'à son origine, au sein de la moelle épinière.

On peut rapprocher ce fait des observations que possède la science, au sujet des amputés, morts quelque temps après l'opération; il s'est rencontré souvent des cas où l'autopsie a eu lieu plusieurs années op. es la perle

du membre, et l'on peut alors regarder comme définitifs tous les changements survenus. Or, on constate invariablement en pareil cas que les nerfs se terminent par un renflement volumineux, ce qui résulte, selon toute apparence, de l'hypertrophie des fibres nerveuses ou des névrilèmes ; en elTet, dans les cas où un nerf mixte à été simplement divisé, les deux extrémités restant en présence, chacune d'elles se termine par un renflement.

Les expériences de Waller à ce sujet sont parfaitement d'accord avec les résultats que je viens de vous annoncer ; après avoir coupé, à la région cervicale, quelques-unes des racines antérieures et postérieures, cet observateur les a examinées au microscope. Dès le lendemain de l'opération, on voit une dégénérescence granuleuse se manifester dans les fibres destinées à l'atrophie, qui deviennent en même temps opaques : c'est, en un mot, une série de phénomènes analogues à ceux qu'on observe sur les nerfs abandonnés à eux-mêmes après la mort. On est donc autorisé à conclure que les fibres atrophiées périssent en pareil cas par défaut de nutrition.

Il n'est pas moins intéressant d'examiner ce qui se passe après la section des nerfs mixtes. C'est un fait depuis longtemps établi que chez l'homme aussi bien que chez les animaux, les paralysies qui résultent de la section d'un nerf ne sont pas toujours permanentes : on voit peu à peu la sensibilité se rétabUr, aussi bien que la motilité; c'est ce qui arrive, par exemple, dans les cas où l'on divise, soit un gros tronc nerveux, soit l'une des branches de la cinquième paire pour faire cesser une névralgie faciale. Le soulagement n'est que momentané;

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