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PROPRIÉTÉS DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

siiltats. Dénudez la moelle épinièie par l'ouverture du canal rachidien, sur une assez grande étendue : vous la trouverez sensible sur tous les points, surtout en arrière, en faisant l'expérience dans les conditions ordinaires ; mais si vous détruisez successivement toutes les racines postérieures jusqu'à un point donné, vous trouverez l'axe médullaire devenu insensible dans les parties privées de racines postérieures, tandis que, dans tout le reste de son étendue, la sensibilité est parfaitement conservée, ainsi que dans les nerfs qui en émanent. Il résulte clairement de cette épreuve vraiment décisive, que la sensibilité de la moelle épinière provient exclusivement des nerfs que lui fournissent les racines postérieures. Dans l'une des prochaines séances, nous essayerons de vous rendre témoins de ce fait si remarquable.

L'auteur ingénieux de cette expérience admet que les nerfs périphériques, qui se terminent au sein de la moelle épinière, sont seuls sensibles aux excitants ordinaires, tandis que la moelle épinière, prise en elle-même, n'est influencée que par les actions nerveuses ; en d'autres termes, si les agents extérieurs , le froid , la chaleur , l'électricité, etc., produisent sur les nerfs sensitifs des effets très marqués, la moelle épinière demeure complètement indifférente à ces excitants extérieurs : mais elle est sensible à son propre excitant, c'est-à-dire à l'ébranlement communiqué par les nerfs périphériques . Yoilà comment elle jouit de la propriété de percevoir les im pressions extérieures, et de les transmettre à l'encéphale On pourrait, sous ce rapport, comparer les centres ner veux aux nerfs de sensibilité spéciale . Rappelez- vous

par exemple, les expériences de Magendie sur la rétine : il Ta lacérée chez les animaux sans provoquer aucune expression de douleur : il l'a piquée, chez l'homme, avec une aiguille à cataracte, dans le cours d'une opération, sans que le malade ait pu s'apercevoir de l'expérience dont il était le sujet involontaire. On connaît d'ailleurs l'effet que produit la section du nerf optique dans les cas d'ablation de l'œil — une vive sensation de lumière^ et voilà tout. La rétine, le nerf optique, sont donc des organes complètement insensibles aux excitants douloureux ordinaires, et qui ne sont soumis qu'à l'influence d'un agent spécial, la lumière. Nous pouvons, d'après cet exemple, comprendre la situation exceptionnelle qui est faite à la moelle épinière ; organe de sensibilité toute spéciale, elle demeure incapable de percevoir les impressions douloureuses par elle-même.

Nous admettrons donc, à l'avenir, que les nerfs sont des organes qui s'étendent de la périphérie aux centres nerveux, sans aller plus loin : et que la moelle épinière aussi bien que le cerveau est un centre nerveux, doué de propriétés toutes spéciales distinctes de celles dont jouissent les nerfs qui s'implantent sur elle.

Nous allons maintenant répéter sous vos yeux des expé- .riences relatives à la sensibilité récurrente, pour compléter celles que je vous ai montrées dans la séance précédente. L'animal que nous vous présentons ici est plus vigoureux que celui qui a paru à la séance précédente : il manifestera sans doute une senMbilité plus vive. Je dois vous faire observer qu'il se tient debout sans difficulté et qu'il a pu marcher jusqu'ici, depiîi., 1^ laboratoire : c'est

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