ORIGINE DU GRAND SYMPATHIQUE
deux ordres de nerfs. On distinguait en effet le système des nerfs gris, appartenant au grand sympathique, du système des nerfs blancs, issus de l'axe cérébro-spinal, et Remak a signalé des caractères histologiques qui serviraient à distinguer le grand sympathique des autres nerfs, bien que d'autres micrographes ne considèrent ces différences que comme l'expression d'un développement moins avancé en quelque sorte dans les organes nerveux.
Or, il est actuellement démontré que la moelle épinière sert d^origine aussi bien aux nerfs du grand sympathique qu'à ceux du système cérébro-spinal. En un mot, elle est l'origine commune de toute la portion périphérique du système nerveux, soit que les ramifications s'étendent jusque dans les muscles de la vie animale, soit qu'elles se rendent à la peau et aux membranes muqueuses, soit qu'elles pénètrent à l'intérieur des organes splanchniques.
L'expérience qui va nous servir à donner la démonstration de ce fait est très ancienne, mais son interprétation à ce point de vue est toute récente. Pourfour-Du-Petit a démontré le premier, dans le siècle dernier, que la section du grand sympathique du cou était suivie de phénomènes particuhers du côté de l'œil correspondant, dont la pupille était contractée et dont la conjonctive était parfois injectée et vascularisée. Il expliquait ces phénomènes en disant que les esprits animaux remontaient, par le grand sympathique, vers les yeux et à la partie supérieure du corps ; mais qu'après la section de ce nerf, la route étant interceptée, ils ne pouvaient plus suivre leur trajet habituel. Il déduisait de cette expérience un résultat très important à rappeler aujourd'hui, c'est que
les esprits animaux ne descendaient point de la tête vers la partie inférieure du corps, comme on l'avait cru jusqu'alors^ mais remontaient au contraire de la partie inférieure du corps vers la tête. Dans le langage scientifique de l'époque, cela équivalait à dire que cette partie du grand sympathique ne tire point son origine de l'extrémité céphalique, mais se dirige en remontant vers celte région du corps, en partant d'un point situé au-dessous. Les anatomistes avaient jusque-là considéré le grand sympathique comme composé de deux cordons parallèles à l'axe médullaire et naissant de la troisième paire de nerfs crâniens, qui s'anastomose en effet avec les filaments sympathiques qui concourent à former le plexus carotidien. L'expérience de Pourfour-Du-Petit a été répétée avec les mêmes résultats par Dupuy, par Magendie et d'autres observateurs. Mais on ne connaissait point encore le point précis d'émergence du grand sympathique, lorsque^ dans ces derniers temps, Budge et Waller ont démontré que cette portion du système nerveux involontaire qui se distribue à Textrémité céphalique naissait de la moelle épinière dans une région qu'ils ont appelée cilio-spinale, parce qu'ils n'avaient observé, comme tous leurs devanciers, que les modifications que subit la pupille après la section du nerf. La région cilio-spinale correspond à la jonction des portions cervicale et dorsale de la moelle épinière.
Yoici comment ces expérimentateurs avaient été conduits à formuler cette idée : Des études sur la dégénérescence des nerfs coupés avaient amené Waller à constater que, dans les nerfs mixtes, le bout périphérique s'atrophiait,