‹ Leçons de pathologie expérimentaleChapitre 97 sur 145 · COMMENT AGIR SUR LA VIE · texte numérisé non relu

COMMENT AGIR SUR LA VIE

l'aclivité de la matière brute ou leur sont-elles semblables ? On croyait autrefois que les conditions physico-chimiques présidant aux manifestations des propriétés de la matière brute étaient contraires aux mahifestations des propriétés delà matière vivante : les animistes et lesvitahstes avaient établi une opposition complète, un véritable antagonisme entre la force vitale et les forces physico-chimiques; mais on sait aujourd'hui que c'est là une opinion absolument erronée, et que les manifestations vitales ne peuvent se produire sans le concours des influences physicochimiques. Il y a plus : ces influences physico-chimiques nécessaires au fonctionnement des propriétés de la matière vivante sont les mêmes que celles qui président à la manifestation des propriétés de la matière brute. Ces conditions sont, d'un côté comme de l'autre, l'oxygène, la chaleur, lalumière, l'électricité, etc. Lavoisier, dans ses belles recherches sur la respiration, et ensuite dans son travail sur la chaleur animale, exécuté avec Laplace, a vu que le même gaz, l'oxygène, d'un côté entretient la vie et la respiration chez les animaux^ et de l'autre produit la calcination des métaux. Comparant la calcination du fer ou du mercure avec la respiration des animaux, il montre que la présence de l'oxygène provoque également ces deux ordres de phénomènes, et que la soustraction de l'oxygène les fait cesser l'un et l'autre.

Lorsque nous voudrons modifier un phénomène de la vie, nous devrons donc nous y prendre de même que s'il s'agissait d'un phénomène des corps bruts; il faudra toujours modifier d'une manière physico-chimique le miheu dans lequel la matière manifeste ses

propriétés, que cette matière soit brute ou vivante. Mais il y a une différence qu'il faut signaler ici : c'est que les conditions d'existence des phénomènes sont beaucoup plus complexes, et par conséquent beaucoup plus difficiles à atteindre dans les corps vivants que dans les corps bruts.

Chez les végétaux et les animaux à sang froid, les phénomènes chimiques qui provoquent et entretiennent les manifestations vitales subissent, comme dans les corps bruts, des modifications dues à l'influence du chaud et du froid ; mais chez d'autres êtres vivants, comme chez l'homme et les animaux à sang chaud, il semble exister une complète indépendance entre les manifestations de la vie et les conditions cosmiques extérieures. L'homme et les animaux à sang chaud auraient donc l'apparence de posséder une sorte de force vitale intérieure qui lutterait contre les conditions physicochimiques extérieures et se soustrairait à l'influence de toutes leurs variations. Il n'y a là cependant que des phénomènes avec mécanismes plus complexes ; les hommes et les animaux à sang chaud n'ont pas des propriétés vitales d'une autre nature que celles des animaux à sang froid. La différence tient seulement, ainsi que nous allons le voir, à ce que les éléments organiques de ces deux catégories d'animaux n'agissent réellement pas dans les mêmes conditions.

Pour arriver à connaître les phénomènes des organismes vivants, ce n'est pas l'animal tout entier que nous devrons prendre pour objet direct de nos études; il faut le considérer dans les propriétés des éléments qui le

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