C. BERNARD. Path, CXp
498 PATHOLOGIF, EXPÉRIMENTALE.
mènes de la vie, nous devrons modifier les conditions dans lesquelles se manifestent les phénomènes chez les êtres vivants. A^ous savez de plus que, lorsque nous voudrons reproduire identiquement une même action, un même effet, nous devrons toujours nous placer exactement dans les mêmes conditions.
Mais il y a un point sur lequel je dois revenir et insister en terminant, c'est l'instabilité et la mobilité extrêmes des propriétés de la matière vivante ; ce qui rend souvent très- difficile de retrouver rigoureusement les mêmes conditions physiologiques. Sans doule les propriétés vitales, considérées en elles-mêmes, sont bien le produit d'une force spéciale qu'on pourrait appeler, si vous voulez, la force vitale ; mais cette force vitale ne serait que la cause formatrice ou organisatrice des corps vivants, car, une fois cette organisation donnée, la matière vivante fonctionne uniquement en vertu de ses propriétés innées et déterminées. Dès lors, puisque ces propriétés sontdéterminables, elles peuvent être étudiées et atteintes par nos agents modificateurs comme les propriétés des corps bruts. Mais il y a cependant entre elles, je le répète, une différence dont il est très- important de tenir compte dans l'expérimentation : c'est que les propriétés de la matière vivante sont extrêmement altérables el fugaces; elles disparaissent en quelques instants, surtout chez les animaux à sang chaud. Ainsi, un muscle, un nerf, une glande, un élément du sang, par exemple, sont doués de propriétés vitales en rapport avec leurs fonctions ; mais ils ne peuvent les conserver qu'à la condition de rester dans l'organisme. Par conséquent, lors-