‹ Leçons de pathologie expérimentale [electronic resource]Chapitre 128 sur 143 · SCIENCKS TOUJOURS EN VOIR DE CONSTRUCTION · texte numérisé non relu

SCIENCKS TOUJOURS EN VOIR DE CONSTRUCTION

fini. Jl ne cultive les sciences et ne recherche la vérité avec tant d'ardeur que parce qu'il ignore, et que le désir de connaître est inné chez lui.

En tant que science expérimentale, la médecine est donc une science antisystématique; elle représente, comme je vous le disais, un édifice toujours en voie de construction, qui ne sera peut-être jamais achevé. Aujourd'hui, les assises se posent, déjà quelques parties s'élèvent ; mais la construction ne sera que l'œuvre du temps. Il ne faut pas que cela nous décourage, car il n'est pas nécessaire d'attendre l'achèvement de l'édifice pour s'en servir. On peut en habiter les étages déjà bâtis, en même temps que les autres s'achèvent. C'est ce que nous voyons clairement pour les sciences expérimentales Irès-avancées, telles que la physique et la chimie. Est-ce que tout est fini dans ces sciences? Pas le moins du monde; il y a des régions qui sont encore dans l'obscurité, d'autres dans l'empirisme. Cela n'empêche pas de faire des applications des lois scientifiques déjà connues. Les merveilles de l'industrie à notre époque, les machines à vapeur, les télégraphes électriques en sont des preuves éclatantes. Eh bien, il en sera de même pour la médecine; dès que les phénomènes de la vie seront bien expliqués sur certains points, l'humanité en profitera sans être obligée d'attendre plus longtemps. Ce sera là, nous le répétons, le caractère de la médecine expérimentale.

En résumé, ceux qui veulent aujourd'hui tout expliquer en médecine par la physiologie prouvent qu'ils ne connaissent pas la physiologie, et qu'ils la croient plus avancée qu'elle n'est. Ceux qui repoussent systématique-

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ment les explications physiologiques en médecine prouvent qu'ils ne comprennent pas le développement de la médecine scicnlifique et qu'ils se trompent sur son avenir. En effet, c'est en vertu de l'évolution naturelle de toules nos connaissances, que la médecine est destinée à devenir expérimentale. Et sous ce rapport il n'y a pas lieu de trop se préoccuper des oppositions qu'on lui suscite; c'est une évolution fatale qui est dans la loi de notre esprit et dans la nature des choses.

Je finirai comme j'ai commencé, en vous disant que ce que nous avons de mieux à faire pour concourir aux progrès de la médecine scientifique, c'est de perfectionner les méthodes d'investigation expérimentales applicables à la physiologie et à la pathologie ; si les principes de la méthode expérimentale sont identiques, ainsi que nous l'avons dit, dans les sciences de la vie et dans les sciences des corps bruts, les procédés différeront nécessairement à raison de la nature spéciale des phénomènes de la vie qui nous offrent une délicatesse trèsgrande et une mobilité extrême.

Nous conclurons enfin qu'il est d'autant plus utile de fixer les préceptes de l'expérimentation dans la physiologie et dans la pathologie, que par une singulière illusion on se croit capable d'expérimenter dans ces sciences sans apprentissage préalable. C'est de là que viennent tant d'expériences mal failes ou contradictoires, qui nous encombrent et qui ne peuvent se réduire que par un perfectionnement des moyens d'expérimenlalion et par une étude plus attentive des conditions dans lesquelles s'accomplissent les phénomènes vitaux.

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