SENSIBILITÉ NERVEUSE
du mercure indiquent l'existence d'une sensibilité réelle. Cependant il faut que l'animal soit réellement affaibli pour n'avoir poussé aucun cri lorsqu'on touchait la racine antérieure. On coupe alors cette racine, ce qui provoque une très-vive douleur. On laisse reposer l'animal, puis on pince le bout central : rien ne se produit et le mercure reste au même degré. On pince alors le bout périphérique; l'animal manifeste aussitôt de la douleur.
Après avoir répété plusieurs fois ces expériences, on coupe la racine postérieure correspondante, et après avoir laissé reposer l'animal, on constate l'insensibilité simultanée des deux bouts de la racine antérieure et du bout périphérique de la racine postérieure. Le bout central de celle-ci est seul demeuré sensible; mais, à ce moment, l'abaissement rapide du mercure dans le cardioniètre vient témoigner de l'épuisement de l'anim.al, et l'expérience est suspendue.
Nous reprendrons, messieurs, ces études à la séance prochaine, sur un animal plus vigoureux et préparé pins longtemps à l'avance : nous nous occuperons, en outre, d'une manière plus spéciale, des propriétés de la moelle épinicre.
QUATRIÈME LEÇON
DES MODIFICATIONS QUE SUBISSENT LES NERFS APRÈS UNE SECTION TRANSVERSALE COMPLÈTE, ET DES PROPRIÉTÉS INTRINSÈQUES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE.
SOMiVIAlRE : Modification que subissent les racines des paires rachidiennes, après avoir élé coupées. — Les nerfs qui ont été écrasés ou désorganisés ne se reproduisent plus. — Quand la section a été faite par un instrument tranchant, les résultats sont différents. — Les racines motrices continuent h. vivre par le bout central, dont l'exirémilé se transforme en une petite tumeur, tandis que le bout périphérique s'atrophie. — Pour les racines sensilives, c'est l'inverse qui a lieu. — Ces faits coïncident avec les résultats de l'observation clinique. — État des extrémités nerveuses dans les moignons des amputés. — Expériences de Waller. — Effets de la section des nerfs mixtes. — Le nerf se cicatrise après un certain laps de temps, et reprend ses fonctions. — Sec;tion de la cinquième paire, dans le cas de névralgie faciale. — Propriétés intrinsèques de la moelle épinière. — On la considérait autrefois comme étant formée par la réunion de toutes les fibres nerveuses, contenues dans les racines antérieures et postérieures.
— Cette manière de voir était conforme aux idées de Charles Bell. — On sait aujourd'hui que l'encéphale, la moelle épinière et les racines des nerfs racliidiens, sont des organes distincts, quoique juxtaposés. — Sensibilité propre de la moelle épinière. — Expériences de Van Deen. — La moelle épinière, prise en elle-même, est dépourvue de sensibilité. — La sensibilité qu'elle possède lui vient des racines postérieures. — La moelle épinière est destinée à percevoir des vibrations nerveuses, comme le nerf optique à percevoir les impressions lumineuses. — Expériences deMagendie sur la rétine.
— Expériences sur la sensibililé récurrente. — Résultats de la section du nerf scialique. — Conclusions qui en découlent.
Nous avons étudié précédemment la propriété singulière des racines nerveuses antérieures, qui a reçu le nom