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ÉTAT DES NERFS COUPÉS

car, après un temps plus ou moins long, le nerf se cicatrise et la douleur reparaît. Que se passe-t-il en pareil cas? Après s'être d'abord atrophié dans une de ses parties, le nerf se reproduit, en passant par toutes les phases de son évolution pendant l'état embryonnaire : c'est ce que l'observation microscopique a complètement mis hors de doute.

Mais si les nerfs mixtes se reproduisent, en sera-t-il de même pour les racines, exclusivement composées de fibres d'une seule espèce? Oui, sans aucun doute : les expériences nombreuses que j'ai tentées à cet égard sur les chiens m'ont toujours donné le même résultat : j'ai vu la sensibilité et la motilité se rétablir, même dans les cas où j'avais extirpé une portion considérable de la longueur du nerf. D'ailleurs l'exemple cité plus haut par rapport à la cinquième paire, permettait déjà de prévoir un tel résultat : il s'agit en effet de la reproduction des branches exclusivement sensitives du trifacial.

Passons maintenant aux propriétés de la moelle épinière considérée en elle-même. Il n'y a pas longtemps encore que les anolomistes étaient d'accord pour la considérer comme un gros cordon nerveux, expression que l'on trouve continuellement employée parles auteurs comme synonyme de la moelle épinière. On avait même essayé de comparer entre eux le volume de ce cordon central et celui de toutes les racines, antérieures et postérieures qui en émanent. On avait constaté toutefois que la somme de ces dernières dépassait de beaucoup la grosseur de la moelle épinière, et l'on avait cherche à expliquer cette différence par la disparition du névrilèmc,

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idli PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE.

désormais inutile, en raison des enveloppes spéciales qui servent à protéger l'axe médullaire; enfin, on s'élait préoccupé de la marche que suivent les fibres nerveuses au sein de l'encéphale, et, sous ce rapport, l'imagination brillante des anatomistes avait formulé un grand nombre d'hypothèses entièrement différentes. C'est là ce qu'on appelait généralement la théorie de la fibre continue : ce n'est d'ailleurs que le développement des idées purement anatomiques de Ch. Bell. Car nous avons vu précédemment qu'il admettait l'existence de trois ordres de nerfs : les uns sensitifs, les autres moteurs volontaires, les derniers enfin involontaires, car c'est là le sens qu'il faut attacher à l'expression de nerfs respiratoires.

Les travaux nombreux dont le système nerveux a été l'objet dans ces dernières années ont complètement modifié les idées, et l'on considère aujourd'hui le cerveau, la moelle épinière et les nerfs comme des organes entièrement distincts, aussi bien par leur structure que par leurs propriétés-, loin d'être continus, ils sont simplement soudés ou juxtaposés.

Examinons à ce point de vue nouveau la question de la sensibilité de la moelle épinière. On comprend sans difficulté la divergence des opinions qui se sont produites à cet égard : n'avons-nous pas vu combien les résultats d'une seule et même expérience peuvent différer, par suite de certaines conditions imprévues? La controverse qui s'est élevée au sujet de la sensibilité récurrente vient de nous en fournir un exemple singulier.

On doit à M. Van Deen une expérience qui peut se dire fondamentale, si l'on réfléchit à l'importance de ses ré-

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