C. BERNARD. Path, exp
LEÇON
DU MILIEU INTÉRIEUR COMME CHAMP D'ACTION DE LA MÉDECINE EXPÉRIMENTALE (1).
Messieurs,
Dans noire première leçon (2), nous avons essayé de donner une idée de la médecine expérimentale , et nous l'avons définie la médecine active, c'est-à-dire celle qui tend à modifier les phénomènes de l'organisme dans un but de guérison, tandis que la médecine d'observation ne devrait être que purement expectanle. La médecine hippocratique nous représente la médecine expectante d'observation ; elle fut la première médecine scientifique. Mais la médecine expérimentale tend aujourd'hui à se constituer, parce que l'avancement des sciences de l'organisme peut commencer à le permettre.
Essayons maintenant de circonscrire le domaine de la médecine expérimentale, ou plutôt d'indiquer quel doit être son champ d'action. La médecine expérimentale doit nécessairement porter son action modificatrice dans les miheux intérieurs organiques. La médecine antique ou hippocratique ne reconnut que l'influence des milieux extérieurs ambiants, c'est-à-dire l'influence des airs, des
(1) Revue des cours scientifiques, lli janvier 1865.
(2) Voyez page 418.