EXPÉRIMENTATION MÉDICALE
prendre le mécanisme des maladies, et interpréter le mode d’action des substances médicamenteuses.
Le médecin expérimentateur doit prétendre à reproduire à son gré les conditions morbides. Ce sera un grand progrès pour la physiologie pathologique d’arriver à la production artificielle des maladies ; c’est la seule manière d’en bien étudier le mécanisme. Dans les sciences physico-chimiques, en chimie par exemple, on dit qu’on ne connaît bien un corps que lorsqu’on peut le recomposer. Eh bien, nous aussi nous ne connaîtrons complètement les maladies que lorsque nous pourrons les reproduire sur des animaux, parce qu’ alors seulement nous connaîtrons les conditions dans lesquelles elles prennent naissance. Les sciences ne procèdent que par l’analyse et la synthèse, qui est la contre-épreuve de l’analyse.
La médecine expérimentale est donc une science expérimentale ordinaire ; seulement elle est bien certainement la plus complexe et la plus difficile de toutes, à cause de la variété des phénomènes qu’elle nous offre et des obstacles sans nombre que présente leur étude. 11 y a en outre, dans la médecine expérimentale, trois ordres de faits qu’on ne doit jamais perdre de vue et dont il faut toujours chercher à établir le rapport. Ce sont les phénomènes physiologiques, pathologiques et thérapeutiques. Ces phénomènes dérivent toujours d’une même source, les propriétés des éléments histologiques ; leurs conditions de production seules sont difîérentes, et au fond il n’y a qu’une loi vitale unique pour tous ces phénomènes.
Finalement, vous savez maintenant que, lorsque nous voudrons agir d’une manière quelconque sur les phéno-