‹ Leçons de pathologie expérimentale et leçons sur les propriétés de la moelle épinièreChapitre 48 sur 154 · ACTIONS MÉDICAMENTEUSES · texte numérisé non relu

ACTIONS MÉDICAMENTEUSES

paraît commune aux actions d’un grand nombre de substances. Pourrait-on expliquer ainsi comment l’opium pris à faible dose est un excitant très énergique, tandis qu’à forte dose il est stupéfiant ; et pourrait-on étendre ces -considérations aux médicaments dont lse effets, à doses fractionnées, diffèrent de ceux qu’ils produisent à fortes doses?

Mais, on le comprend, ces effets seront susceptibles d’éprouver encore des variations considérables, suivant l’état où se trouvent les centres nerveux, et les troncs qui -en émanent, A l’état normal, les nerfs sensitifs sont moins facilement impressionnés par l’action du courant électrique que ne le sont les nerfs moteurs : et il faut un courant plus énergique pour éveiller la douleur ou produire des mouvements réflexes que pour stimuler les •contractions musculaires par la galvanisation d’un nerf mixte. Ainsi, l’action de l’électricité à l’état physiologique, se fait d’abord sentir sur les fibres motrices ; mais après la section de la moelle épinière, l’hypéresthésie qui résulte de cette opération permet aux fibres sensibles de reprendre le dessus et les rapports sont alors renversés. C’est ainsi que nous voyons la douleur et les mouvements réflexes se produire beaucoup plus rapidement, en pareil cas, que •les convulsions par excitations des fibres motrices.

Nous vous avons souvent entretenus du mécanisme par lequel les affections locales deviennent générales : et filous vous avons montré que la circulation d’une part, le •système nerveux de l’autre, sont les deux agents qui permettent à cette généralisation de se produire. On n’admet universellement que l’action de la première; de ces deux

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-causes : elle est d’ailleurs plus facile à comprendre et à démontrer. Quant à l’action de la seconde, elle est plus difficile à saisir, bien qu’il soit assez facile d’en donner expérimentalement la preuve. Lorsqu’un cheval se blesse, avons-nous dit, en marchant sur une pierre aiguë, si vous coupez le nerf sensitif qui se rend au point blessé, vous ne verrez se produire aucun des phénomènes généraux qui résultent ordinairement de cette plaie ; il n’y aura ni douleur, ni fièvre, ni symptômes de réaction. Mais, si au lieu de couper un nerf à l’animal, vous lui faisiez une section unilatérale de la moelle épinière, un -effet tout opposé serait produit ; la fièvre, la douleur, les phénomènes inflammatoires, loin de disparaître, comme -dans le premier cas, viendraient sans doute acquérir une intensité plus grande.

Il en est de même par rapport à une maladie qui a longtemps attiré l’attention des observateurs, bien que l’on n’ait point réalisé jusqu’à présent de grands progrès relativement au traitement qu’il convient de lui opposer : je veux parler du tétanos, affection convulsive qui résulte évidemment d’une lésion du système nerveux. Il devient beaucoup plus facile de produire les symptômes qui la caractérisent, quand les animaux ont subi la section unilatérale de la moelle épinière. Yous voyez donc, messieurs, qu’en produisant une hypéresthésie artificielle sur un point donné, et en excitant ensuite le membre correspondant, on peut donner naissance au tétanos, à -la fièvre, et même à des attaques d’épilepsie. C’est à des phénomènes de ce genre que se rattachent ces accès d’épilepsie produits, par M. Brown-Séquard, chez des

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