DE L’ABSORPTION
tient exclusivement au mouvement du liquide que renferment les vaisseaux. Ainsi, le courant sanguin entraîne de son côté le liquide stationnaire dans l’intestin sans rien lui restituer, parce qu’il coule toujours sans s’arrêter; mais si vous arrêtez le cours du sang à l’aide d’une ligature, les choses se passent comme à l’intérieur de l’endosmomètre : vous verrez alors l’exosmose se produire aussi bien que l’endosmose; en effet, les deux liquides sont en repos, comme dans l’appareil de physique auquel nous venons de faire allusion, et l'albumine, les sels contenus dans le sang, seront alors extravasés, et pourront être reconnus par l’analyse chimique au sein du liquide qui baigne les vaisseaux.
Mais sans immobiliser absolument le sang dans les vaisseaux, il suffit d’en ralentir le cours pour diminuer d’autant l’intensité des phénomènes osmotiques ; il suffit au contraire d’accélérer la circulation pour augmenter l'activité avec laquelle le phénomène se produit. Yoilà pourquoi, quand on augmente ou qu’on diminue la rapidité du cours du sang, on exerce une influence parallèle sur l’intensité de l’absorption. Magendie, en effet, a prouvé qu’en comprimant les vaisseaux d’un membre empoisonné, on suspendait les effets de l’agent toxique, jusqu’au moment où, la ligature étant enlevée, les effets ordinaires du poison se révèlent. Lorsqu’à une ligature des vaisseaux on substitue une simple compression qui, sans interrompre d’une manière absolue le cours du sang, peut en ralentir le mouvement, l'empoisonnement est retardé dans sa marche, mais sans être complètement suspendu.
Les résultats obtenus par la présence ou l’absence d’un
obstacle mécanique porté sur les vaisseaux, nous pouvons également les obtenir à l'aide des nerfs. Si, dans le tissu cellulaire de l’oreille d’un lapin, on injecte une dissolution de prussiate jaune de potasse, vous retrouverez cette substance assez promptement dans les urines ; mais entre un lapin dans l’état normal et un autre animal de la même espèce qui a subi la section du grand sympathique au cou, il existe une notable différence à l’égard de la rapidité avec laquelle l'absorption s’opère ; dans la premier cas, il faut un tiers plus de temps que dans le second. On peut également prouver la même chose en injectant sous la peau de l’oreille de ces deux animaux quelques gouttes d’une dissolution de strychnine; l’empoisonnement marche bien plus vite chez le lapin dont le grand sympathique a été coupé, que chez l’animal dont les fonctions ont conservé toute leur intégrité.
Mais si l’on se demande quels sont les résultats de cette opération, et quelle est l’influence exercée par la section d’un rameau du grand sympathique, la réponse est facile : il s’agit d’une simple accélération de la circulation capillaire, et c’est pourquoi l’absorption se fait avec une rapidité correspondante. Pour obtenir un effet inverse, il suffit de renverser l’expérience; injectez dans l’oreille d’un lapin du prussiate de potasse pendant que vous galvanisez le grand sympathique, et vous verrez l’absorption se produire avec une extrême lenteur.
Nous avons donc ici une action directe du système nerveux sur les absorptions ; et ce n’est évidemment pa» en agissant sur les particules absorbées, mais en dilatant ou en resserrant les vaisseaux, en accélérant ou en ra-