EMPLOI DES MELANGES TITRES CHEZ L HOMME
s'expose à introduire dans Tappareil respiratoire d'un individu lorsque, sans y faire grande attention, on verse une quantité plus ou moins considérable de chloroforme sur la compresse, et si cette affusion de chloroforme coïncide précisément avec le moment où le sujet fait une grande et large inspiration.
Ce qu'il y a de remarquable chez les animaux, c'est que les doses faibles semblent atteindre la vie de nutrition tout en respectant la sensibilité. Il y aurait là quelque chose de précisément opposé à ce que font les doses un peu élevées.
Mais ce qu'on observe toujours avec les mélanges suffisants pour déterminer l'anesthésie, c'est-à-dire au minimum 8 et au maximum 12 — bien que le mélange à 12 p. 100 soit exagéré comme richesse — c'est la régularité parfaite de l'anesthésie, l'absence de complications (et cela chez le chien qui, comme vous le savez, est un animal extrêmement sensible à certaines substances anesthésiques, notamment au chloroforme), l'absence d'excitation, l'absence des accidents que nous avons appris à caractériser des noms de syncopes primaires et de syncopes secondaires.
Mais ce n'était pas tout que de faire des expériences sur les animaux, il était intéressant de voir ce que donneraient ces expériences effectuées sur l'homme. C'est ce qui a été réalisé il y a quelques années par Péan à l'hôpital Saint-Louis.
Du résultat de 115 anesthésies pratiquées avec la méthode des mélanges titrés et avec le mélange à 10 p. 100, Péan avait conclu que les sujets soumis à l'anesthésie par ce procédé ne manifestaient aucune répulsion, contrairement à ce qui est éprouvé lorsque l'anesthésie a lieu par le procédé habituel de la compresse, qui produit toujours une sensation pénible d'étouffement au moment de l'affusion des premières gouttes de chloroforme. Une seule fois sur ces 115 cas, il a observé de la toux et de la salivation. La période d'excitation lorsqu'elle s'est montrée, ce qui a été en somme assez rare, s'est toujours trouvée réduite à quelques secousses et à quelques marmottements. Bien entendu ces résultats ne sont pas applicables aux alcooliques, qui, eux, quel que soit le procédé qu'on emploie, montrent toujours une période de surexcitation plus ou moins violente; tellement violente, quelquefois, qu'on est presque obligé de soutenir une véritable lutte avec eux dans les premiers moments de l'anesthésie.