‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicale (volume 2)Chapitre 210 sur 406 · INGESTION D^ÉTHER · texte numérisé non relu

INGESTION D^ÉTHER

une quantité assez considérable de fioles vides ayant contenu de l'éther. D'ailleurs, des physiologistes anglais, Richardson et Draper, disaient qu'il était possible, en Irlande, de reconnaître a priori la religion d'un individu par le fait seul de l'odeur exhalée par sa respiration : si l'individu exhalait l'odeur d'éther, c'était un catholique; si, au contraire, il exhalait l'odeur du gin ou du wisky, c'était un protestant. Il est vrai que Normann Kerr, auquel on doit une étude approfondie de ce genre d'intoxication, assure que les protestants sont tout aussi nombreux que les catholiques parmi les éthéromanes. Mais, ce n'est pas là le seul procédé par lequel l'éther est utilisé pour obtenir cette action ébrieuse; il semble même, d'après les observations de ceux qui font usage de cette substance dans ce but, que l'inhalation de l'éther est infiniment plus agréable pour se procurer cette sensation ébrieuse que son introduction par la voie stomacale. Les individus qui se livrent à ces inhalations arrivent ainsi à une accoutumance extraordinaire, car Ew^ld a cité le fait d'un individu qui ne consommait pas moins de quinze à dix-huit cents grammes d'éther par jour, en inhalation. En raison d'ailleurs de son élimination extrêmement rapide et facile par l'appareil respiratoire, Féther est certainement, de tous les agents d'ébriation, celui qui est le moins dangereux et qui laisse le moins de traces. Cependant, chez les individus affectés de tares nerveuses, il s'est révélé capable de déterminer l'explosion de névroses latentes : c'est ainsi que l'on a signalé Thyslérie, l'automatisme ambulatoire, certaines psychoses, comme ayant été, chez des individus prédisposés, la conséquence de l'abus de l'éther.

A ce sujet, il est une remarque importante mise en évidence par l'observation journalière : c'est que l'introduction de l'éther par la voie stomacale cause des troubles nerveux beaucoup plus graves et plus constants que ceux que l'on peut observer à la suite de l'inhalation. C'est ainsi que les vomissements du matin, le tremblement, la parésie des membres, l'incertitude de la marche, la céphalalgie, les troubles des sens, sont très fréquents chez les individus qui ont l'habitude d'ingurgiter de l'éther. Ces troubles sont, au contraire, extrêmement rares et à peine marqués chez les individus qui font même abus de l'éther en inhalations.

Il faut tenir compte ici d'une influence particulière que viennent exercer les troubles dyspeptiques dans l'ingestion stomacale de

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