HYPOTHESE DE LA CONGESTION CEREBRALE
mettent de la caractériser. Le plus frappant des phénomènes objectifs déterminés par Temploi des hypno-anesthésiques est certainement le sommeil profond qui coexiste avec Vinsensibilité ; et, cela revient, tout d'abord, à voir quelles sont les théories actuelles du sommeil. Si j'insiste aujourd'hui sur ce point, c'est aussi parce que nous aurons besoin plus tard, dans l'étude des hypnotiques, d'envisager celte théorie du sommeil pour nous rendre compte de leur action.
Depuis fort longtemps on avait été frappé des analogies très considérables qui existent entre le sommeil et l'anesthésie. Je ne vous exposerai pas toutes les théories du sommeil qui ont été proposées, elles sont extrêmement nombreuses; cette exposition pourrait cependant avoir un certain intérêt, surtout au point de vue psychologique, mais elle serait hors de propos ici. Je retiendrai seulement parmi les différentes théories qui ont été proposées, celles qui ont une connexion évidente avec les faits qu'il s'agit d'expliquer, je veux dire celles dont l'interprétation pourra nous servir pour l'explication des phénomènes que je viens de vous exposer.
Vous savez le rôle que l'on a fait jouer aux modifications subies par la circulation des centres nerveux relativement à la production du sommeil : on s'imaginait autrefois que pendant le sommeil il y avait une congestion du cerveau; et, durant fort longtemps, on admit sans conteste cette accumulation du sang, dont les appellations anatomiques des Anciens, de vis ou pressoir d'Hérophile, n'étaient qu'une représentation imagée, et avaient précisément pour but de rappeler ce qui se passait du côté du cerveau pendant le sommeil.
C'est à une époque relativement proche de nous qu'on a commencé à faire de l'expérimentation physiologique pour chercher à se rendre compte des modifications de la circulation cérébrale pendant le sommeil.
Un médecin anglais, Durham, pratiqua le premier, en 1860, des expériences sur les animaux : il trépana des crânes de chiens de façon à pouvoir observer, de visUy à travers la fenêtre produite par le trépan, quelles étaient les modifications de la circulation cérébrale sous l'influence de la veille ou du sommeil.
Contrairement au fait admis jusqu'à cette époque, Durham constata que, pendant le sommeil, le cerveau était en état d'anémie rela^