INTENSITÉ ANORMALE DES AFFECTIONS ZYMOTIQUES
lorsqu'il s'agira d'étudier les phénomènes déterminés par l'alcoolisme chronique. Quant aux reins, on les a trouvés congestionnés, leur tissu conjonctif épaissi, parfois même avec des hématies épanchées dans les glomérules.
Enfin, on a signalé, et cela à plusieurs reprises, au cours de l'alcoolisme aigu, non mortel, un ictère plus ou moins intense, qui cède en général assez rapidement et qui est, je crois, en relation très étroite avec l'action exercée par l'alcool lorsqu'il traverse le foie en assez grande quantité : sous son influence, en eflet, la sécrétion biliaire se trouve brusquement augmentée, ce qui peut expliquer, dans une certaine mesure, l'apparition brusque de l'ictère; comme, également, l'élimination brusque, par le rein, d'une quantité un peu considérable d'alcool peut expliquer les phénomènes de néphrite toxique que l'on a signalés, chez certains individus, au cours de l'intoxication chronique par l'alcool.
Un fait sur lequel, en terminant, je veux surtout attirer votre attention, c'est celui relatif à l'intensité anormale des aflections zymotiques chez les individus en état d'alcoolisme : il y a là un ensemble de phénomènes extrêmement intéressants et appuyés par des faits qui ont été surtout bien mis en lumière dans ces dernières années. En eflet, sous l'influence de l'impression exercée par l'alcool sur l'organisme, on voit les diflerentes septicémies évoluer, chez cet individu en état d'alcoolisme, avec une rapidité extraordinaire, parfois foudroyante, qui est due évidemment à l'état de moindre résistance du terrain.
Il y a environ une vingtaine d'années, Maurice Raynaud avait déjà attiré l'attention sur ces faits et dit qu'il fallait faire une difllérence entre la pneumonie de l'ivrogne et la pneumonie de l'homme i\Te. Lorsque, dans notre prochaine réunion, j^aurai, non pas à traiter en détail de l'alcoolisme chronique, car je n'en ai ni le temps ni la compétence, et ce serait trop sortir de mon sujet, mais lorsque j'aurai à vous rappeler, dans ses grandes lignes, le tableau de l'alcoolisme, j'aurai à revenir sur cette pneumonie des ivrognes, qui est, si fréquemment, la façon dont les individus adonnés à l'alcool terminent leur existence. Maurice Raynaud voulait établir une distinction entre cette pneumonie des ivrognes et la pneumonie de l'homme ivre qu'il avait très bien décrite et pour laquelle il avait donné comme symptôme principal une suppuration s'établissant d'emblée, dans une