ACTION SUR LA RESPIRATION, LA NUTRITION, LES SÉCRÉTIONS
même temps que ces mouvements diminuent d'amplitude et que leur rythme se modifie d'une façon très remarquable, au point d'arriver, par exemple, à revêtir le type de Cheyne-Stokes. Ces phénomènes peuvent s'interpréter facilement, je crois, par les considérations suivantes. Sous l'influence d'une dose un peu élevée de paraldéhyde, le pneumogastrique est influencé à ses deux extrémités : d'une part, dans le centre, le bulbe se trouvant envahi à un moment donné par la paraldéhyde et ne provoquant plus alors l'incitation des pneumogastriques; d'autre part, à la périphérie, parce que c'est précisément par les poumons que se fait, en majeure partie, l'élimination de la paraldéhyde. La preuve est fournie par ce fait que, quelques minutes après l'ingestion d'une potion à base de paraldéhyde, l'exhalation pulmonaire manifeste d'une façon intense l'odeur de la paraldéhyde : c'est la voie d'élimination la plus importante; et il n'est pas extraordinaire que, grâce à l'action parésiante qu'elle peut exercer in silûy elle influe, dans le sens d'une diminution d'excitabilité, sur l'extrémité terminale des pneumogastriques.
Quant à la nutrition, elle est touchée dans un sens facile à prévoir: l'abaissement de la température, la diminution du nombre des mouvements respiratoires, le ralentissement du cœur, impliquent, nécessairement, une diminution plus ou moins considérable dans les échanges organiques ; et c'est en eflet ce qu'on observe sous l'influence des doses élevées de paraldéhyde.
Les sécrétions sont intéressées également dans une certaine mesure, mais cela d'une façon extrêmement variable : on observe en effet que, tandis que chez certains individus la diurèse est nettement augmentée sous l'influence de la paraldéhyde, chez d'autres, au contraire, elle est diminuée, et remplacée par une diaphorèse plus ou moins intense. Dans tous ces cas, l'action est assez incertaine. Mais un effet qui est plus constant, c'est la salivation, très probablement due à des phénomènes d'irritation locale, l'élimination de la paraldéhyde par les voies respiratoires provoquant une irritation de toute la muqueuse, d'où résulte une hypercrinie de ses différentes glandes.
Quant à son action sur la muqueuse gastrique, elle est intéressante à considérer surtout au point de vue- de l'administration de la substance médicamenteuse. D'abord, la paraldéhyde peut exercer sur la muqueuse gastrique une action plus ou moins énergiquement irritante, ce qui oblige à l'administrer dans une quantité plus ou moins consi-
dérable de véhicule. Mais un fait beaucoup plus intéressant, signalé par un certain nombre d'observateurs, c'est que l'administration prolongée de la paraldéhyde peut amener, du côté de l'appareil digestif et de ses glandes annexes, des accidents qui sont à rapprocher, dans une très étroite mesure, de ceux que détermine l'alcool.
L'absorption et l'élimination de la paraldéhyde se manifestent avec une très grande rapidité. Cette rapidité est variable, bien entendu, avec le mode d'administration ; et on a dressé à cet égard une sorte de tableau, duquel il résulterait que, si on représente par l'unité la rapidité d'absorption par la voie stomacale, l'absorption par la voie rectale est deux fois plus courte ; l'absorption par la voie sous-cutanée de cinq à huit fois plus rapide. Dans tous les cas, l'action hypnotique est manifeste un temps très court après l'absorption de la substance médicamenteuse ; en moyenne dix à quinze minutes seulement.
Quant à l'élimination, je n'ai pas à revenir sur ce que je disais tout à l'heure relativement au rôle joué par les poumons : c'est la voie d'élimination la plus rapide, la plus importante ; mais cependant, on peut observer une élimination notable de la paraldéhyde par le rein, par les glandes salivaires et même par la peau. Un fait qu'il faut retenir également et qui est à porter au passif de cette substance médicamenteuse, c'est celui-ci : l'accoutumance est très rapide à Faction de la paraldéhyde, et il faut, au bout d'un temps relativement court, augmenter notablement les doses.
Résultats cliniques. — Quels sont les résultats cliniques qu'on a pu observer dans l'emploi de cette substance médicamenteuse? Son emploi est assez récent. La paraldéhyde, qui a été découverte en 1829 par Weidenbusch, est restée pendant très longtemps une simple curiosité clinique, un produit plutôt rare et curieux de laboratoire, comme le chloral; c'est seulement en 1882 que le professeur italien Cervello entreprit ses recherches sur son action physiologique et thérapeutique. Elle devint rapidement d'un usage courant en Italie, en Allemagne, en France, en Belgique, en Angleterre, où les essais de Cervello furent vérifiés et étendus. Ça n'est donc que depuis quinze à seize ans que son emploi a pu être justifié par les résultats obtenus. Ces résultats sont les suivants.
Chez les sujets atteints de maladie fébrile, la paraldéhyde est plutôt un mauvais hypnotique; elle détermine chez eux des rêves pénibles, des cauchemars, de l'agitation. C'est un hypnotique analgésique d'une
valeur inconteatablement moindre que le chloral, bien que l'action analgésiante de la paraldéhyde ne soit pas à négliger; mais cette action ne se montre vraiment avec une réelle utilité que lorsque cette substance est administrée à dose telle que les accidents qu'elle éterminer risquent de provoquer des inconvénients alors up plus graves que l'avantage que peut présenter son action liante. C'est une substance qui, au point de vue analgésique, nte un terme intermédiaire entre l'opium et le chloral. la paraldéhyde s'est révélée comme un hypnotique de choix is alcooliques, et surtout dans les cas de délirium tremens; si montrée aussi un calmant et un hypnotique remarquable js cas de névroses convulsives, tels que le tétanos, la rage, rée, etc. Ce fait est surtout applicable au tétanos, et justifié ction antagonistique exercée par la paraldéhyde vis à vis de chnine. Chez les morphinomanes, elle aurait donné de très ésultats, à titre non seulement d'hypnotique, mais de sédatif ains phénomènes d'excitation.
'a vantée, également, pour déterminer le calme et le sommeil : pneumonie franche aiguë, là précisément où l'alcool joue le 'un excellent médicament; et, pour ma part, je ne puis ècher de rapprocher l'action de la paraldéhyde de celle de I dans une foule de circonstances, et de faire remarquer que, s individus dont les cellules nerveuses sont imprégnées d'alcool, s alcooliques, chez les individus atteints de délirium tremens, aldéhyde est vraiment un médicament excellent, et comme , et comme hypnotique, jouant dans ce cas le rôle de la morchez les morphinomanes en cours de sevrage, n, elle produit de bons effets dans un assez grand nombre de iliénation mentale, de psychopathies, de névroses, dans l'épidans ta paralysie progressive ; en un mot, dan£ toutes les tances où il y a indication de lutter contre une excitation plus ins accentuée du système nerveux, M. Huchard, de son côté, a l'attention sur l'intérêt qu'il y avait à employer la paraldéhyde de substance hypnotique dans les cas de cardiopathies avec lie menaçante, lorsqu'il y a indication d'éviter tout médicament iseur, lorsque l'on a à craindre, par exemple, les inconvénients étermineraient le choral. Dans ces circonstances, M. Huchard rès bien trouvé de l'emploi de la paraldéhyde.