‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 68 sur 130 · ESPÈCES , POUDRES , PASTILLES , TABLETTES , PILULES · texte numérisé non relu

ESPÈCES , POUDRES , PASTILLES , TABLETTES , PILULES

zenges des anglais se rapprochent des pastilles. Les pastUles de menthe eu sont uu exemple ; de même que les confectiones et les conciles appartiennent au groupe des friandises, des cupediae, sont le mieux à leur place dans la. boutique du pâtissier. 4. Pilulae (pilules; de pila = balle). Leur préparation est d'une iportance réelle pour le pharmacien. Ou devra toujours ajouter au médicament l'une ou l'autre substance indifférente, une poudre végétale et un extrait épais (Pulv. lîquiritiae, Extr. hquiritiae, Pulv. gentianae, Extr. gentianae, Glycérine-adraganthe = 1 partie de glycérine et 9 parties de gomme adraganthe , Sapo medicatus , etc.) ou bien quand il s'agit de médicaments facilement décomposables , on ajoutera du bolus a!ba (silicas aluminîcus) ou de la terra ailicica (silex farinosus). Ces mélanges se font en vue d'obtenir une masse pilulaire conglomérée qu'on roule et que finalement on divise en pilules. Avant d'être délivrées par le pharmacien , les pilules sont ou bien argentées (obduce argento foliato) , ou bien , quand on est obligé de prescrire les médicaments sous une forme agréable , elles sont gélatinifiées ou dragéifiées (on les enduit d'une couche do gélatiue liquide , ou encore d'une solution de saccharate d'amidon ou de mucilage de gomme arabique; ou obtient ainsi les dragées qui ont une grande vogue en France), enfin on peut simplement les saupoudrer de poudre de lycopotle ou de poudre de réglisse. D'une manière générale, une pilule ne peut jamais peser plus de 120 à 150 mgr, ; des pilules plus volumineuses, de '/, à 1 gramme sont cependant usitées , mais rarement , et désignées sous le nom de bols; elles ne sont pas mentionnées dans notre pharmacopée. D'après la pharmacopée les pilules suivantes sont officinales;

Pilnlue Biandii (chaque pilnle renferme 50 mgr. de carbonate forreui).

^„ iodeti ferrofii (pilules de Blancard; ohacoue renferme ôOmgr. d'iodnreferreui). „ laxantes (pilules laxatives).

„ Bulfat. chinu (pilules de quinine; chacune renferme 50 mgr. de sulfate de quinine).

La forme pilulaire convient parfaitement pour les substances dont le goût ou l'odeur sont désagréables, parce que les pilules peuvent s'avaler directement. La solubilité des pilules , dans les liquides de l'estomac, quoique assez considérable, est cependant plus faible que celle des poudres. Quand on désire qu'un médicament ne soit pas dissous dans l'estomac mais qu'il produise seulement ses effets une fois arrivé dans l'intestin, on lui donne la forme pilulaire et on entoure la pilule d'une enveloppe difflcilornent soluble. Unna a recommandé dans ce but la kératine, substance qui forme la base du tissu corné et qui n'est pas officinale dans les Pays-Bas; vous savez que cette matière est insoluble dans la et l'acide chlorbydrique , et elle n'est dissoute qu'à son

212 XV. ORDOKKAHCE ET ART DB PEESCRIRB.

arrivée dans Tiiitestin grêle. La kératinisation des pilules exige des manipulations assez compliquées; les pilules kératinisées n'ont à^sûïr leurs pas eu une grande vogue, car on peut atteindre d'une manière beaucoup plus simple le but qu'on se propose par leur emploi.

5. Une forme spéciale de pilules a été inscrite pour la première fois dans la troisième édition de notre pharmacopée. CSe sont les granules qui, à moins d'indication spéciale de la part du médecin, renferment chacune 1 mgr. du médicament et pèsent au maximum 50 mgr. Pour la préparation des granules, on se sert de lactose, de gomme arabique et de sirop simple. Ces petites pilules blanches et lisses que Ton saupoudre ensuite au moyen de sucre de lait présentent tout à fait Taspect de granules dosimétriques.

6. Les capsulae (capsules) apparaissent également pour la première fois dans notre nouvelle pharmacopée , notamment sous forme de capsulae gelatinosae. Les capsulae atnylaceae sont formées de deux morceaux d'hostie creusés entre lesquels on met le médicament sous forme de poudre; les plus connues sont les cachets Limousin. De même que les capsules de kératine (capsulae keratinatae) , elles ne sont pas officinales. Les capsules ressemblent à de grandes pilules; leur emploi n'a d'autre but que de pouvoir administrer en quantité assez considérable des substances dont le goût et l'odeur sont désagréables, sans que ceux-ci soient perçus par le malade. Notre pharmacopée indique trois mélanges qui conviennent à la préparation des capsules. La gélatine en constitue toujours la base et selon qu'on y ajoute une proportion plus ou moins forte d'eau ou de glycérine , leur consistance sera plus ou moins dure et élastique. Les t capsulae cum Balsamo copaivae , qui doivent renfermer chacune 500 mgr. de baume de copahu sont les seules qui soient officinales; mais les capsules sont fréquemment employées pour l'administration d'huile de ricin, d'éther , d'essence de térébenthine. L'usage des perles gélatineuses, qui sont beaucoup plus petites que les capsules et qui s'avalent plus facilement, est fort répandu en France.

Toutes les formes médicamenteuses indiquées jusqu'ici sont destinées à l'usage interne. Pour l'usage externe on emploie:

7. Chartae: bandes ou morceaux de papier à filtrer ou de papier vélin, imprégnés d'un liquide quelconque, que l'on applique sur la peau après les avoir humectés ou qui sont destinés à être brûlés. Sont officinales dans notre pharmacopée:

t Charta antiasthmatica (papier antiasthmatique). t „ epispastica (papier épispastique).

t „ sinapisata (papier sinapisé).

Les deux derniers servent à déterminer une excitation sur la peau, tandis que le premier développe son effet par la combustion des produits que le malade doit inhaler.

GRANUr.KS, CAPSULES, PAPIERS, GRAVONS, OUATE, GAZE. 213

8. Bacilli ou lajndes (crayons) , constitués par un médicament ou un mélange de médicauDente , auxquels on a donné la forme d'un bâtonnet, d'un crayon. I! n'y a que !e lapis infernalis (nitrate d'argent), qui est officinal chez nous. On aime encore à donner cette forme à d'autres médicaments soit caustiques (chlorure de zinc), soit irritants (menthol, crayon-migraine).

Les formes raédicaraenteuses suivantes , destinées à l'usage externe, ne sont pas inscrites dans la pharmacopée néerlandaise: tes cigarettes, officinales en Belgique et en Espagne; les eowrfeiae, petites bougies odorantes, dont l'usage est encore fort répandu en Sibérie et en Orient; enfin les Hges de (upelo (nyssa aquatica) ou de laminaria, qui jouissent de la propriété de se gonfler par imbibition et dont on se sert pour dilater des voies naturelles étroites.

D'autre part les nouveaux objets de pansement , qui à mon avis ne sont pus des substances pharmaceutiques, ont réussi à prendre plac* dans la pharmacopée , sinon par droit de naissance , au moins par droit de conquête. Ce sont:

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