PREUVES DE LA CIRCULATION
état d’humidité, la lige se balancerait avec beaucoup d’uniformité pendant deux jours.
Il est aisé d’ajuster à la grenouille ainsi préparée un mécanisme à l’aide duquel des secousses électriques pourraient être transmises aux nerfs pneumogastriques de façon à les irriter ; au moment où cette expérience se fait, la tige s’arrête immobile, le cœur cesse de battre, ses parois sont relâchées et flasques. Après quelques moments, l’influence du pneumogastrique cesse de se faire sentir, le cœur reprend son travail aussi énergiquement, et la tige se meut, décrivant le môme arc qu’ auparavant. Avec des ménagements délicats, cette expérience peut être répétée plusieurs fois ; et après le temps d’arrêt produit par l’irritation du pneumogastrique, le cœur reprend chaque fois ses mouvements.
2$. Les preuves que le sang circule réellement chez l’homme sont presque toutes indirectes, quoique irréfragables. Mais chez quelques animaux inférieurs dont le corps tout entier ou quelques-unes de ses parties sont transparents, on obtient nettement des preuves directes de la circulation, le sang se précipitant visiblement des artères dans les capillaires et des capillaires dans les veines, aussi longtemps que l’animal est en vie et que son cœur fonctionne. L’animal chez lequel la circulation peut être le plus facilement étudiée est encore la grenouille. Le tissu qui est entre ses orteils est très-transparent, et les particules qui sont en suspension dans son sang sont si volumineuses, qu’elles peuvent facilement être observées lorsqu’elles glissent rapidement avec le courant du sang, si l’on a soin de fixer les doigts écartés, même si l’on n'examine la membrane qu’à un grossissement peu considérable (100 diamètres).