CRISTAUX BU SANG
L’addition d’un peu d’eau ou d’un acide dilué ou d’une solution saline détruit tout d’un coup les rouleaux.
C’est de celte précipitation des globules l’un vers l’autre et de cette réunion en paquets rétiformes que proviennent les changements que nous avons signalés plus haut dans l’apparence du sang vu à la loupe (g 2). Aussi longtemps que les globules sont séparés l’apparence sablonneuse persiste, quand ils s’agrègent, la couche de sang parait se distribuer en mosaïques ou en taches.
Il est rare, si même la chose arrive, que les globules rouges s’agglomèrent tous en rouleaux, toujours quelques-uns restent libres dans les mailles du réseau. En contact avec l’air ou soumis à une pression, plusieurs des globules découvrent de petites élévations qui les font ressembler à des framboises, — apparence qui a conduit erronément à croire à une rupture ou à une subdivision spontanée des globules. .
9. Les globules rouges du sang subissent occasionnellement une modification encore plus importante. Sous certaines influences la substance particulière rouge qui forme la masse principale de leur contenu et qui a été appelée l’hémoglobine (à cause de sa séparation facile en globuline et hématosine, g 6) se sépare en masses cristallisées (hématocristalline de Lehmann). Chez l’homme ces cristaux ont la forme de prismes, chez d’autres animaux, ils prennent d’autres formes. Si l’on met en contact, à la lumière solaire, le sang, l’oxygène et l’acide carbonique, on favorise cette cristallisation ; en sorte que le procédé le plus commode pour voir ces cristaux de sang est d’exposer une goutte de sang à l’air, de la mouiller ensuite avec de l’eau et de lui fournir de l'acide carbonique en soufflant dessus plusieurs fois. La couleur de la goutte reluit à mesure que les cristaux se forment dans son sein.
10. Quand la couche de sang est extraite depuis dix ou quinze minutes, le plasma perd sa transparence. 11 montre alors une quantité de filaments extrêmement délicats formés par une substance appelée fibrine qui provient du plasma et qui le traverse dans toutes les directions; les filaments s’unissent l’un l’autre et aussi aux globules et relient le tout en une masse demi-solide.
C’est ce dépôt de la fibrine qui cause la solidification apparente ou coagulation de la goutte de sang qui est sur la seconde feuille de verre (g 1). Mais les phénomènes de la coagulation, qui sont d’une grande importance, ne peuvent pas être clairement compris avant que l’on ait étudié comment se comporte le sang quand oii l’extrait en quantité plus grande qu’une goutte.
11. Lorsque l’on ouvre une veine avec la lancette, on reçoit dans un vase une quantité plus ou moins grande de sang qui est d’abord parfaitement liquide. Mais au bout d’un quart d’heure et quelquefois en moins de la moitié de ce temps, il se sépare en deux portions très-distinctes, l’une, un liquide clair et jaunâtre, l’autre, une masse rouge et demi-solide qui repose au fond du liquide et est plus pâle en couleur et plus ferme à sa surface que dans ses parties plus profondes.
Le liquide s’appelle sérum, la niasse demi-solide, caillot (crassamentum) ; or, évidemment, le caillot renferme les globules du sang, reliés entre eux par quelque autre substance, et si l’on examine au microscope une portion du caillot, on reconnaîtra que cette substance est cette matière d’apparence fibreuse, la fibrine, que l’on a vue se former dans la couche mince de sang. Ainsi le caillot est l’équivalent des globules plus la fibrine du plasma, tandis que le sérum est le plasma moins les éléments fibreux qu’il contenait.