Micrococcus urete
CO (AzH2)2 + aH20 =z C03 (AzH'')2.
L'agent de celle fermentation est un microbe, le micrococcus urese (fig. aS-î).
Co.MPOsiTiox. — On trouve dans l'urine d'abord des sels /ninéirni.r, qui sont surtout des chlorures, phosphates,
Fig. 283. — Cristaux d'urée.
Fia. 284. — Acide uriquo.
sulfates de soude, de chaux et de magnésie. Ensuite des composés uréiques, tels que Vurée (fig. 283), Vacide urique (fig. 284), Vacide hippurique (fig. 285) et leurs sels, ainsi que la créaiiiie et la créatiniiie (fig. 286), enfin des corps aromatiques, dérivés sulfuriques du scatol et de Pindol : le dernier, ou indoxylsulfate de sodium, donne, à l'air, de
DOSAGE DES PIUyCIPAUX PRINCIPES SM
i"i:ulig<), d'où des urines bleues, quand il est en assez grande al)oiulance.
Pathologiqueinent, on trouve du sucre, de Valbi/mi/ie, de Vacétone et un certain nombre d'autres corps que nous examinerons en étudiant les sédiments urinaires. Enfin, il ne faut pas oublier que des toxines sont éliminées par l'urine en assez grande quantité. Quand on a à analyser une urine pour y rechercher et y doser au besoin ces
FiG. 285. — Acide hippurique. Fio. 286. — Créatininc.
différents principes, il faut toujours prendre l'urine des 24 heures en mélangeant les émissions du jour avec celles de la nuit. Certaines émissions, après un repas où l'on a bu beaucoup d'eau par exemple, ne contiennent, en effet, que très peu.de principes fixes, et l'on aurait des résultats très erronés si l'on dosait ces émissions seules. Les émissions de la nuit sont beaucoup plus chargées; si on les dosait seules, on serait trompé en sens inverse.
Dosage des principaux principes. — i" Sulfates. On les dose en acide sulfurique anhydre, en les précipitant à l'état de sulfate de baryte par une solution titrée de chlorure de baryum. Celle-ci est préparée en ajoutant à Sy^'^ 5 tle chlorure de baryum cristallisé assez d'eau pour faire un litre. Un centimètre cube de cette
3'»^ IRLSE
liqueur correspond à i ceiiligramme d'acide suHni'i((M(' anhydre.
La liqueur de chlorure de baryum étant placée dans une pipette graduée, on prend lo centimètres cubes d'urine qu'on chauffe dans un vase de Bohème j)our favoriser la précipitation. On y laisse tomber goutte à goutte la liqueur titrée et on s'arrête quand il ne se produit plus de précipité. Autant de centimètres cubes employés, autant de centigrammes d'acide sulfurique dans les lo centimètres cubes d'urine.
11 n'est pas toujours facile de se rendre compte de la fin de la précipitation; on y remédie par le procédé des louches. On met sur une lame de verre, placée sur une surface noire, quelques gouttes d'une solution de sulfate de soude, et, plongeant un agitateur dans l'urine qu'on a laissé déposer pour qu'elle soit claire, on en mêle une goutte à une goutte de sulfate de soude. Tant que le mélange reste clair, on peut continuer la précipitation. Il faut s'arrêter aussitôt que le mélange se trouble, ce qui indique en effet un excès de chlorure de baryum dans l'urine donnant, avec le sulfate de soude, du sulfate de baryum. La proportion moyenne éliminée est de 3 grammes en a4 heures chez l'homme.
9" Chlorures. — Ils sont dosés en chlore ou chlorure de sodium et précipités à l'état de chlorure d'argent avec une solution titrée d'azotate d'argent. Cette dernière se prépare en ajoutant à o.^^o'j^) d'azotate d'argent pur, fondu, assez d'eau distillée pour faire un litre. Un centimètre cube de la solution correspond à i centigramme de chlorure de sodium ou à o8'",oo6o65 de chlore. Après avoir placé dans une burette graduée la solution titrée d'azotate d'argent, l'urine étendue d'une goutte ou deux de chromate de potasse est versée dans une capsule de porcelaine. On laisse tomber goutte à goutte la liqueur titrée. Tant qu'il y a des chlorures dans l'urine, l'azotate
DOSAGE DES PEINCIPAUX PRINCIPES S.j.i
d'argent est précipité à l'état de chlorure d'argent, mais aussitôt (juMl n'y en a plus, cet azotate donne avec le chroniate de potasse du chroniate d'argent jaune rouge et l'on voit virer la teinte de la liqueur. Connaissant le volume d'urine, le nombre de centimètres cubes employés, on a facilement la proportion de chlorures en chlorure de sodium ou en chlore. En évaluant en chlorure de sodium, on trouve en moyenne i4 grammes par 24 heures.
3° Phosphates. — Ils sont évalués en acide phosphorique et dosés de la façon suivante.
Prenant 4o grammes d'azotate d'urane cristallisé, on les dissout dans 000 centimètres cubes d'eau et on ajoute de l'ammoniaque jusqu'à trouble persistant, puis de l'acide acétique jusqu'à disparition du trouble. La liqueur est ensuite complétée par i litre.
D'autre part, on a préparé une seconde liqueur ainsi composée : phosphate d'ammoniaque séché à 100°, 3^'" 240 ; eau, q. s. pour faire un litre. 5o centimètres cubes de cette liqueur contiennent qS', i d'acide phosphorique. Laissant tomber dedans goutte à goutte l'azotate d'urane, jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité, on saura que le nombre de centimètres cubes employés correspond à o^'",i d'acide phosphorique.
La liqueur est titrée comme suit. Soit 1*'''= o*''",oo4o, on prend 5o centimètres d'urine auxquels on ajoute 5 centimètres de la solution suivante : acétate de soude 100; acide acétique cristallisé 5o; eau quantité suffisante pour faire un litre. On chauffe et laisse tomber goutte à goutte la solution d'urane mise dans une burette graduée.
Il est assez difficile de voir quand il ne se produit plus de précipité, aussi est-il bon d'employer le procédé des touches.
Les gouttes de ferrocyanure de potassium sont déposées sur une assiette de porcelaine. On y mêle de temps en
leiiips une gouUe d'urine. Quand on voit apparaître par ce mélange une teinte Jjrunâtre, il faut s'arrêter. Connaissant la cpiantité d'urine employée et celle d'azotate d'urane, il est facile, par une simple règle de trois, d'établir le chiffre des phosphates. On trouve en moyenne i^"^, 5 d'acide phosphorique en 24 heures.
Urée. — Le dosage de l'urée est basé sur la décomposition de cette substance par l'hypobromite de soude, suivant la formule
CO (AzH2)2 -f 3NaBrO = 3i\aBr -f- C02 -f aAz + 2H2O.
L'acide carbonique est retenu par la soude
CO (AzH2)2 -}- SNaBrO 4-^NaOH =: CO^Naî + 3NaBr + 3A20 -i^Az.
On n'a donc que de l'azote. 4 centimètres cubes d'azote correspondent sensiblement à i centigramme d'urée. L'hypobromite de soude est préparé en mélangeant : brome, a centimètres cubes; lessive des savonniers à 1,33, 5o centimètres cubes; eau distillée, lOO.
Le procédé opératoire est le suivant. L'appareil employé, dit uréomètre, se compose d'un tube gradué séparé en 2 étages par un robinet (fig, 287). On l'enfonce dans une cuve à mercure, le robinet étant ouvert, jusqu'à ce robinet que l'on ferme. La partie inférieure est alors pleine de mercure. Nous introduisons ensuite dans la partie supérieure i centimètre cube d'urine et 2 ou 3 centimètres cubes d'une solution concentrée de soude qui doit rete- FiG. 287. nir le CO'^ ; nous faisons descendre ce mélange
Uréomùtre. ,
au-dessous du robinet, en ouvrant ce dernier, et, soulevant le tube, nous rinçons et faisons affleurer exactement au robinet le liquide situé dans l'étage inférieur. Le robinet refermé, nous versons 5 à 6 cen-
jiKciiEnciiE DE i:aluvmi.\e, etc.
liniètres cubes crhypol)iomite et, soulevant le tube, nous ouvrons à nouveau. L'hypobromite descend : un peu avant qu'il soit tombé en totalité, nous fermons le robinet, pour éviter une rentrée d'air. Après avoir bien agité pour mélanger les liquides et quand l'azote ne se dégage plus, on transporte l'uréomètre sur la cuve à eau et on fait la lecture : autant de centimètres cubes d'azote, autant de -[ de centigramme d'urée.
La proportion moyenne éliminée par Thomme en 0.4 heures est de 33 grammes.
Recherche de l'albumine, etc. — Albiuniiie. Pour s'assurer si une urine est albumineuse, il suffit, après l'avoir filtrée, de la chaufler dans un tube à essai, en exposant à la flamme seulement les couches supérieures. Un trouble se produit dans les parties chaufiees, trouble rendu plus visible par la comparaison avec les couches inférieures restées claires : si ce trouble était du à des carbonates terreux mis en liberté par le départ de CO^, une goutte d'acide acétique le ferait disparaître.
Un autre procédé consiste à introduire de Tacide azotique, à l'aide d'une pipette, au fond d'un tube contenant l'urine. Si l'on voit ~* apparaître à la surface de séparation des deux liquides une couche blanchâtre, il y a de fortes présomptions pour qu'il y ait de l'albumine. Il faut savoir cependant que les urines très riches en urée donnent une couche semblable d'azotate d'urée, mais, alqrs que celle-ci disparaît en chauflant, celle d'albumine )>ersiste.
Un appareil suffisamment sensible pour le
KiG 288
dosage de l'albumine est celui d'Esbach. Il Tube'dEsbàch consiste (fig. 288) en un tube portant : 1° des graduations inférieures; 2° un trait désigné U; 3° un trait désigné R.
346 IRISK
On rem])lil Tappareil cruriiie jusqu'au Irait L', ou vtn\so ensuite jusqu'au trait R de la liqueur d'Esbach composée comme suit : eau loo, acide picrique 19, acide cili icjue :>.. Il se produit un précipité qu'on laisse déposer. La hauteur à laquelle il s'élève donne sur la graduation inférieure le taux pour 1000 d'albumine. C'est, comme Ton voit, un procédé empirique,
Peptones. — L'urine est traitée par la moitié de son volume de liqueur d'Esbach : il apparaît un trouble disparaissant par la chaleur, reparaissant par le refroidissement. Le trouble doit aussi disparaître par addition d'acide nitrique.
Graisse. — Les urines contenant de la graisse sont généralement troubles : traitons par l'éther, cette graisse est dissoute, puis mise en évidence par l'évaporation. La pesée donne la proportion.
Acétone. — Pour mettre en évidence cette substance, qui apparaît fréquemment dans les cas de diabète grave, on distille a5o centimètres cubes d'urine avec 5 centimètres cubes d'acide acétique. Ayant recueilli les ao premiers centimètres cubes passés, on les traite par une'solution alcoolique d'iode, puis par l'ammoniaque : de petits cristaux jaunâtres d'iodoforme ne tardent pas à se former, qui ont une odeur caractéristique et présentent, au microscope, la forme hexagonale.
Sucre. — Le sucre, abondant dans le diabète, se reconnaît et se dose par les procédés ordinaires que nous vous avons indiqués à propos du sang; nous n'y reviendrons donc pas. Il faut, quand l'urine est trouble, la déféquer; on ajoute pour cela le dixième du A'olume de sous-acétate de plomb et l'on fdtre.
POUVOin TOXIQUE
Souvent Tu ri ne renferme des corps peu connus, qui rendent sa réaction indécise, décolorant le réactif sans précipité, ou lui donnant des teintes verdi\tres ou jaunâtres. On filtre alors Turine sur du noir animal qui retient le sucre et on entraîne à nouveau celui-ci en lavant le noir à Teau bouillante.
Pour reconnaître simplement le sucre, sans le doser, on peut chauffer pendant une demi-heure, au bain-marie, lo centimètres cubes d'urine avec i gramme de chlorhydrate de phénylhydrazine et 3 grammes d'acétate de soude cristallisé. Il se forme des cristaux de phénylglucosazone. Enfin, le meilleur procédé de dosage est, comme pour le sang, la fermentation.
Pigments biliaires. — Ces derniers sont faciles à mettra en évidence, soit par la réaction de Gmelin, dont nous avons parlé en étudiant la bile, soit par celle de Maréchal qui consiste à verser sur l'urine de la teinture d'iode
diluée au j-^' S'il y a des pigments, un anneau vert d'herbe apparaît au niveau de la surface de séparation des liquides.
Acide urique. — Pour le rechercher, on additionne une assez grande proportion d'urine, 200 centimètres cubes au moins, de 2 pour 100 d'acide chlorhydrique, après avoir préalablement traité par l'acide acétique et filtré. On abandonne pendant 24 heures au moins : les cristaux d acide urique se déposent.
Acide hippurique. — •* Cet acide est facilement précipité par un courant de chlore.
Pouvoiii TOXIQUE. — L'urine renferme des toxines généralement convulsivantes qui font qu'injectée en quantité sidli santé dans ïe système circulatoire, elle peut provo- (|uer la mort.
;l'iS ClU.SE
Voici coiunient on opère pour délerniiiier ce (lu'on appelle le coefficieiil urotoxique ou la toxicité iii-iiiaii-e d'un animal.
Cet animal ayant été pesé, ses urines de a4 heures sont réunies et introduites dans une pipette dont la tubulure est reliée par un cautcliouc numi d'une pince à la canule d'une seringue de Pravaz.
Prenant un lapin également pesé, on met à nu une veine de ses oreilles dans lacpielle la canule est introduite ; puis, desserrant la pince sus-indiquée, on l'ait couler lentement et régulièrement l'urine. On s'arrête au moment de la mort de l'animal.
On appelle coeflicient urotoxique le nombre de kilogrammes de lapin que peut tuer ce qu'a produit en 24 heures un kilogramme de l'animal considéré. Soit, par exemple, un chien de 10 kilogrammes qui a uriné 600 centimètres cubes, ce qui porte à 60 centimètres cubes par kilo la quantité éliminée. Si ces 60 centimètres cubes peuvent tuer un lapin de 2'',5oo, le coefficient urotoxique sera a, 5.
Il faut faire grande attention dans ces déterminations : 1° à ne pas faire entrer d'air dans le système veineux, co qui déterminerait des embolies gazeuses; a° à ne |)as faire pénétrer trop vite ou à une pression trop forte l'urine dans le système vasculaire.
Étude microscojiique . — L'urine abandonnée à ellemême laisse fréquemment précipiter un dépôt dit sédiment^ qu'on peut examiner au microscope. Des corps minéraux, organiques ou organisés, constituent ce sédiment. Comme corps minéraux et organiques, nous signalerons : 1° dans les urines acides, l'oxalate de chaux en cristaux très caractéristiques, dits en enveloppe de lettres (fig. 289) et qu'on trouve surtout après l'ingestion de légumes acides; l'urate de sodium sous forme de toutes petites granulations amorphes (fig. 290); l'acide urique en cris-
ÉTVUE MlCROSCOniQl !■: .3-i.9
taux de formes assez diverses, mais rréquemment en pierres à aiguiser, soit isolés, soil màclés (fig. y.84);
FiG. 289. — Cristaux d'oxalat© do chaux. Fig. 290. — Urate de sodium.
s>.° dans les urines alcalines, Furate d'ammoniaque en
FiG. 291. — Urate d'ammonium. Fig. 292. — Phosphate ammoniaco-magnésien.
forme de boules hérissées de pointes (fig. 291); le phos-
FiG. 293. — Globules rouges du sang : A normaux, B décolorés.
piiate ammoniaco-magnésien, dont les cristaux sont en forjné de sarcophages (fig. ^.9'^'.).
K. DtBOis. Physiolog. expériment. 20
.r,0 IRL\E
Parmi les corps organiques, nous signalerons : i" le sang, facilement reconnaissable à la l'orme de ses glo-
Fio. 294. — Globules du pus : A intacts, B traités par l'acide acétique, C altérés.
bules (fig. :>-93); i" le pus, également très facile à reconnaître (fig. 394); 3° des éléments épithéliaux, soit nor-
FiG. 295. — Eléments épithéliaux : a de la vessie, b de l'urèthre, c des tubuli contorti,
f du vagin, g du bassinet.
maux, comme ceux de la vessie et de l'urèlhre, soit anormaux, comme ceux des tubes rénaux i^fîg. i^gj); 4° des
ÈriDE MiciiOScopiquE 3r,i
iVagnieiils parfois entiers de tubes rénaux, clans le cas de lu'phrite grave; 5° en (in, de très nombreux microbes (lig. M96).
Le sédiment urinaire, parfois très léger, peut n'être composé (|ue de mucus. Quant aux sédiments minéraux, ils peuvent.
|)arfois s'agréger et former, soit dans les uretères, soit dans la vessie, des calculs. Ce sont d'abord les calculs UriqueS, les p,,,. 206. Microbes de l'urine.
plus fréquents de tous, puis les
phosphatiques, encore assez fréquents, enfin les oxaliques et les carboniques, beaucoup plus rares.
TWE N T E - E T - L iN I È M E LEÇON
Chaleur animale.
Les êtres vivants en général et les animaux en particulier, par suite des nombreux phénomènes chimiques (Foxydation, d'hydratation, de dédoublement, etc., dont nous avons eu l'occasion de vous entretenir, à propos de l'étude des différentes fonctions et en particulier de la respiration, de la digestion, des excrétions et sécrétions, sont le siège de réactions exothermiques et endoihermiques. Ce sont les premières qui remportent, d'où tejnpérature plus élevée, chez les organismes vivants, que celle du milieu ambiant.
Dans Tétude de la chaleur animale, on peut se placer à deux points de A ue : i" température ou étude thermométrique; 2° production de la chaleur ou étude calorimélri(|ue.
Thermométrie. — On prend la température d'un aiu'mal généralement dans ses cavités naturelles, c'est-àdire la bouche ou le rectum. 11 est. parfois utile de connaître la température d'un organe donné, la différence de température de deux organes, ou enfin réchauffement ou le refroidissement d'un organe dans des conditions déterminées. Pour cela, on utilise soit les thermomètres, soit les aiguilles où sondes thermo-électriques.
Les the?'niomètres employés sont généralement à mercure. Le réservoir est petit, pour que l'instrument se mette rajudenient en équilibi'e tle température, et la gra-
:t.U ' ClIM.KUlt A.y/M.t/J.-
(liialioli esl faite ordinairement en ^ ou au moins en ^ (le degré. La forme (tig. ^97) peut être ])ien difï'érente, suivant le point dont on veut prentire la température. Pour la surface de la peau, j)ar exemple, on emploie un
FiG. 20". — Diverses formes de thermomètres.
thermomètre à cuvette plate ou dont le réservoir est enroulé en une spirale aplatie. La tige est parfois coudée, pour faciliter la lecture. Enfin, pour éviter la lecture du thermomètre en place, ce dernier est à maxima. Pour lire le degré de température, les divisions étant relativement peu espacées, il faut mettre la colonne de mercure bien dans le plan des yeux, afin d'éviter les phénomènes de parallaxe. Quand on a à prendre inie séri('
TIlERMOMli TRIE 3'r,
do températures dans la bouche ou dans le rectum d'un animal, il faut, pour qu'elles soient comparables, avoir soin d'enfoncer toujours le thermomètre de la môme quantité, la température allant généralement en croissant u"n peu avec la profondeur.
Pour embrasser facilement d'un coup d'œil d'ensemble les températures présentées par un animal donné à di- 3^ vers moments, il est com- „
ob
mode d'établir une courbe
de la température. Pour cela (figure 298), on trace deux
lignes perpendiculaires; à partir du point de croise- 32 ment, on dispose à une dis- 0 tance déterminée, sur la ligne i,,^. 298. - courbo do température, horizontale et sur la ligne
verticale, une série de points équidistants, correspondant les premiers aux temps, les autres aux températures. La température à un moment donné sera représentée par le point de croisement de deux lignes, la première parallèle à l'axe de température et passant par l'heure donnée, la deuxième parallèle à l'axe des temps et passant par la température observée (exemple: 35° à 4 heures).
Il serait évidemment très utile d'avoir une ligne continue des températures aux différents moments, ou, en d'autres termes, d'employer un. thermomètre enregistreur, analogue à ceux dont se "servent les météorologistes; malheureusement, aucun instrument de ce genre n'a jusqu'ici donné des résultats satisfaisants en physiologie.
Quand on prend la température comparée de deux organes, il faut avoir soin de vérifier préalablement si les thermomètres qu'on emploie marquent le môme degré pour une môme température; sinon, il faut faire
356 ClIALKLR AMMALE
une correclion (|ui esL indiquée par la dillerence des degrés marqués par les deux thermomètres, lorsqu'ils sont dans le même milieu.
Pour voir rapidement si deux animaux ou deux organes sont à la même température, le procédé le plus expéditif et en môme temps le plus exact est celui des (liguilles iliermo-électriques. Nous avons eu l'occasion de vous parler de ce procédé à propos de la chaleur produite par la contraction musculaire; nous n'y reviendrons que très brièvement. Les aiguilles sont de petites piles thermo-électriques; lorsque leurs soudures sont échauffées différemment, un courant se produit, facilement décelé par le galvanomètre. Le sens de la déviation indique quelle est la soudure la plus chaude. Ce pro- (;édé est également très commode pour étudier réchauffement d'un organe : plus la température augmente, plus la déviation de l'aiguille du galvanomètre est accentuée.
Les sondes sont des aiguilles très longues, engainées dans de la gomme ou du caoutchouc ; elles servent principalement à étudier les températures d'organes internes où l'on peut pénétrer par cathétérisme, tels que vaisseaux, cœur, œsophage, estomac, intestin, vessie. C'est surtout le système circulatoire qu'il est facile d'explorer topographiquement par ce procédé. On peut s'assurer ainsi : 1° que la température est à peu près constante dans tout le système artériel; ■i° que la température des veines superficielles est inférieure à celle des artères; 3° que celle des veines profondes est supérieure. C'est dans la veine cave inférieure, au niveau du point d'abouchement des veines sushépatiques, que la température est le plus élevée.
Pour le cœur, le cœur droit est un peu plus chaud que le cœur gauche.
On sait qu'au poinl de vue de la température, les animaux ont été divisés en animaux à température fixe
TIIERMOMK TRIE Hr, 7
(mammifères et oiseaux) et à température variable (autres vertébrés et invertébrés).
Les mammifères ont une température qui varie entre 35 et 4o°, sans être d'ailleurs absolument fixe pour le môme animal. On peut, par des artifices, les refroidir jusqu'à MO et 18" par un courant d'eau froide, par exemple; audessous de cette température, ils meurent. 11 faut faire exception pour les mammifères hibernants, qui, pendant leur période de sommeil, deviennent des animaux à température variable, dont le degré peut s'abaisser jusqu'à -r 4°» sans que la mort s'ensuive.
Les oiseaux ont une température de 89 à 44°'
La régulation de la températirre se fait automatiquement chez les animaux à température fixe. L'augmentation est combattue par l'évaporation cutanée de la sueur ou l'évaporation J)ulmonaire, parfois buccale et linguale; la baisse est produite par la vasoconstriction des capillaires périphériques, qu'on peut mettre facilement en évidence en prenant la pression dans les gros vaisseaux par les procédés que nous vous avons indiqués.
Quant aux autres animaux, leur température s'élève seulement de quelques dixièmes de degré au-dessus de la température ambiante, sauf chez les insectes où, après le vol, on a constaté une hausse de la température très marquée. Parfois, chez les poissons, la température est identique à celle du milieu ambiant; on peut cependant prouver facilement qu'ils produisent de la chaleur par les expériences suivantes.
1° Quand on introduit deux poissons dans de l'eau plus chaucje que celle dont ils sortent, Tun mort, l'autre vivant, le second se réchauffe plus vite que le premier.
f4° Quand, inversement, on les fait passer dans de Teau froide, le poisson vivant se refroidit plus lentement. Ces constatations se font à l'aide de la méthode iherilio-élec trique.