OXYDE 1)1:: CARBONE
contradictoire; il tient seulement aux conditions nouvelles créées par la présence de l'oxyde de carbone. Vous savez en effet que, dans les conditions ordinaires, l'oxygène se détruit très-vite dans le sang en se transformant en acide carbonique : pour peu que les manœuvres d'extraction des gaz présentent une certaine durée, tout l'oxygène du sang peut disparaître. C'est ainsi qu'il faut expliquer les résultats singuliers obtenus autrefois par Magnus, et qui furent l'objet des justes critiques de Gay-Lussac. Magnus employait en effet vingt-quatre heures à laisser tomber l'écume produite à mesure de l'extraction, et pendant ce temps presque tout l'oxygène disparaît. Quoique les expériences de Setscbenow aient été faites dans d'autres conditions de rapidité (1), il est possible que le court espace de temps consacré à l'extraction des gaz ait suffi pour amener la destruction des très-faibles quantités d'oxygène que renfermait encore le sang de l'animal au moment de la mort. — Mais dans notre expérience les conditions sont différentes : du moment que l'oxyde de carbone a imprégné le sang, il y arrête toute espèce d'oxydation, et la composition gazeuse du liquide reste assez fixe pour que nous y puissions retrouver par l'analyse les faibles proportions d'oxygène qui restaient encore au moment où l'animal a succombé.
Cet exemple vous montre tout le parti que nous pouvons tirer de l'oxyde de carbone au point de vue de l'analyse des gaz du sang. J'ai dès longtemps insisté
(1) Setschenow, Deitrâge %>ur Pneumatologie des Blutes (Zeitschr. fur ration. Medic., 1861).
sur ces avantages : il me suffit de vous en avoir rendu témoins par l'expérience précédente ; revenons à notre sujet.
Je vous ai dit que l'oxyde de carbone restait fixé dans le sang de l'animal qui a succombé à l'intoxication, et qu'il pouvait y être retrouvé même après que ce sang a subi un commencement de putréfaction. Cependant, quoique ce fait nous montre combien est stable la combinaison de l'hémoglobine avec l'oxyde de carbone, nous savons que des animaux incomplètement intoxiqués peuvent revenir à la vie : ils se débarrassent donc de l'oxyde de carbone contenu dans leur sang. C'est ce que va nous montrer l'expérience.
Nous faisons à un chien la trachéotomie, et le faisons respirer par un tube dans une cloche pleine d'oxyde de carbone ; le tube est en rapport avec cette cloche par un robinet à trois voies qui nous permet de substituer instantanément à la respiration dans le gaz toxique la respiration libre dans l'air ou la respiration artificielle. Après que l'animal a fait un certain nombre d'inspirations dans la cloche, alors qu'il paraît mort, vu la cessation des mouvements spontanés du thorax, nous recueillons rapidement 50 centimètres cubes de son sang artériel, et nous pratiquons aussitôt la respiration artificielle. Le sang recueilli nous donne (après correction de température et de pression) :
50 centimètres cubes de sang artériel contiennent :
Az+CO).. 1,4