‹ Leðcons de physiologie opâeratoireChapitre 83 sur 184 · ORIGINES DES LYMPHATIQUES. » K · texte numérisé non relu

ORIGINES DES LYMPHATIQUES. » K

deviennent de vrais vaisseaux à sang rouge, el c'est ainsi que l'on s'expliquait la rougeur el la vascularisation inflammatoire.

Ce n'était la qu'une hypothèse qu'aucun fait an atomique, rigoureusement observé, ne venait démontrer. Cependant, l'expérimentation physiologique n'était pas contraire à cette hypothèse : au point de vue expérimental, les choses se passent, en effet, absolument comme si les lymphatiques communiquaient avec le système artériel. Que Ton injecte du prussiate dépotasse dans le cœur, ou directement dans une artère, on retrouvera ce sel avec la même rapidité, c'est-à-dire au bout de vingt à vingt-trois secondes, aussi bien dans les lymphatiques que clans les veines de la région où se distribue l'artère sur laquelle on a opéré. Avec l'iodure de potassium, le même fait se constate et se produit même avec plus de rapidité eucore. Quels que soient les résultats que donneront les recherches anatomiques. nous pouvons considérer, au point de vue des substances chimiques en dissolution introduites dans lesang,le système artériel comme se continuant à son extrémité périphérique, pour donner simultanément naissance aux lymphatiques et aux veines.

A l'époque où je commençais mes études anatomiques, la mode était aux injections par double décomposition, c'est-à-dire que, pour faire des préparations anatomiques des vaisseaux d'un tissu, on injectait successivement ou simultanément, par deux vaisseaux différents, deux substances en dissolution; ces substances, sur les points où elles se rencontrent, c'est-à-dire au

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niveau des capillaires, subissent une double décomposition, d'où résulte un précipité coloré qui remplit ci rend évidents les petits vaisseaux. C'est ce que Ton obtient en injectant, par exemple, du prussiate ou du chromate de potasse d'une part, et un sel de fer ou de plomb de l'autre : les petits vaisseaux sont alors remplis de bleu de Prusse ou de cbromate de plomb. Or, dans ce cas, on obtient une injection semblable et des vaisseaux veineux et des vaisseaux lymphatiques. Seulement, ces préparations ne sont pas ordinairement transparentes et ne peuvent être étudiées que par la lumière réfléchie.

Ces données, qui nous montrent qu'au point de vue physiologique, c'est-à-dire au point de vue de la pénétration et du transport des substances, les vaisseaux lymphatiques peuvent être considérés comme faisant suite au système artériel aussi bien que les vaisseaux veineux, ces données sont cependant insuffisantes à nous éclairer sur le fait anatomique. Le passage des artérioles aux lymphatiques est évident; mais comment a-t-il lieu'.' Se fait-il directement ou succède-t-il à une extravasation de la partie liquide du sang dans les lacunes interorganiques, dans lesquelles ce liquide serait ensuite pompé par les radicules lymphatiques?

Cette dernière manière de voir parait aujourd'hui s'appuyer sur des faits anatomiques d'une grande valeur. On a pu, en plusieurs régions, constater que les lymphatiques naissent directement par des ouvertures comparables à ce qu'on désignait sous le nom de bouches absorbantes. Sans invoquer les anciennes recherches de

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Gruby et de Delafond sur les bouches absorbantes que

ces ailleurs avaient cru observerai! sommet des villosilés intestinales, nous avons les recherches plus positives de Recklingshausen sur les porcs ou bouches béantes qui se montrent sur les séreuses, notamment sur la lame péritonéale de diaphragme, et qui sont le point do départ de capillaires lymphatiques. Par ces ouvertures peuvent pénétrer dans le système lymphatique des particules solides, telles que les fines sphères graisseuses d'une émulsion de graisse, des particules de vermillon et d'autres matières colorées. Les recherches de M. Ranvier ont confirmé sur plusieurs points les résultats obtenus par Recklingshausen.

On pourrait donc être porté à admettre que les rapports du système lymphatique et des mailles du tissu cellulaire sont les mômes que ceux que nous venons de voir pour les cavités séreuses. Cette opinion est d'autant plus probable, que tout tend à démontrer l'analogie la plus complète entre les cavités séreuses et les mailles du tissu conjonctif. Nous avons déjà dit qu'en injectant de l'air ou de l'azote sous la peau du dos des lapins, nous formions de véritables cavités séreuses. Nous nous proposons d'étudier bientôt l'absorption sur ces surfaces séreuses artificielles, afin de voir si nous confirmerons ainsi les analogies que nous signalons. En un mot, quelles que soient les probabilités, le fait anatomique n'a pas encore reçu de solution péremptoire. C'est là une question qui est en ce moment l'objet d'études sérieuses, nous nous garderons de la trancher d'une façon hasardée.

Mais, ainsi que je vous l'ai déjà fait comprendre, quelle que soit la solution analomique, elle ne changera rien à nos idées relativement aux phénomènes physiologiques de l'absorption : il est bien établi par l'expérimentation que la circulation veineuse et la circulation lymphatique sont dans un rapport intime; que les deux systèmes communiquent ensemble et succèdent également, et à peu près au menu- titre, au système artériel.

Ces rapports sont si intimes, que si la circulation veineuse varie dans un sens, la circulation lymphatique variera dans le sens opposé, et vice versa; en un mol, les deux systèmes sont étroitement solidaires. Ainsi, lorsque nous mettons à nu, sur un cheval par exemple, un lymphatique et une veine provenant de la même région, toutes les fois que nous gênerons le retour du sang veineux, nous verrons augmenter le cours de la lymphe ; dès que nous laisserons abondamment couler le sang veineux, nous verrons diminuer la lymphe.

Il y a donc véritablement, au point de vue physiologique, deux circulations absorbantes ou centripètes : la circulation veineuse et la circulation lymphatique. Mais. de plus, ces deux circulations sont dans un équilibre sans cesse mobile : les liquides peuvent passer incessamment du sang dans les lymphatiques et des lymphatiques clans le sang, et nous verrons plus tard que les systèmes nerveux vaso-moteur sanguin et vaso-moteur lymphatique ont une grande influence sur ces phénomènes (1).

(1) Nous savons aujourd'hui qu'il fuit distinguer deux espèces de nerfs vaso-moteurs : les uns vaso-constricteurs, les autres vaso-dilatateurs. Dans

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Les théories qui veulent douer l'un de ces systèmes a l'exclusion de l'autre du pouvoir absorbant se trouvent en complet désaccord avec les laits. Mais si nous cherchons à trouver une différence, non de degré absolu, mais de nature et de mode, entre cesdeux voies d'absorption, je crois que nous la trouverons plus facilement en considérant les rapports du sang avec le milieu intérieur et avec les liquides intraorganiques, c'est-à-dire avec les sérosités répandues dans les mailles des tissus.

Les absorptions par lesquelles le sang puise ses éléments, soit liquides, soit gazeux, dans le milieu extérieur, ces absorptions sont essentiellement le fait des vaisseaux veineux : c'est ainsi que sont introduits clans l'organisme les gaz de la respiration, les matériaux de la digestion. Par contre, les matériaux qui sont sortis du sang, qui ont baigné les tissus, qui ont servi à la nutrition des éléments anatomiques, les liquides interstitiels, en un mot. qui sont l'objet de ce que nous pouvons appeler une absorption interne, ceux-là sont puisés parles lymphatiques et ramenés par eux clans le torrent circulatoire. Les lymphatiques, à leur origine, forment un réseau inlerorganique continu; ils président, quelles que soient, du reste, leurs dispositions anatomiques, aux phénomènes par lesquels le liquide circulant soit des capillaires sanguins, se met en contact avec les éléments anatomiques, et enfin retourne faire partie de la

L'empoisonnement par Le curare, l'action des nerfs vaso-dilatateurs persiste souvent la demi n\ comme celle des nerfs oculo-pupillaires, dont il faut les rapprocher s<>ns divers rapports. Les nerfs vaso-constricteurs ont des caractères opposés. Nous étudierons avec soin ces phénomènes nerveux qui règlent l.i circulation capillaire sanguine et lymphatique, et que nous ne fusons que signaler ici (voy. nos leçons sur le Diabète.

masse sanguine. A côté de la circulation proprement dite du sang, nous avons donc à considérer une circulation interstitielle ou lymphatique, qui se trouve en rapport intime avec les phénomènes essentiels de la vie propre à chaque élément anatomique.

Je crois avoir, le premier, énoncé cette proposition, que les actions toxiques médicamenteuses ou autres se portent sur des éléments histologiques spéciaux et non sur des tissus, des organes, ou sur des appareils. J'ai donné pour exemple l'action du curare sur les nerfs moteurs, de l'oxyde de carbone sur les globules rouges du sang, etc. (1). Cette idée s'est confirmée par beaucoup d'observations nouvelles, et elle devient le point fondamental de nos recherches actuelles. Il ne suffit pas, en effet, qu'une substance active soit absorbée, il faut qu'elle parvienne aux éléments sur lesquels elle est capable d'exercer son action. Il pourra donc arriver des cas où la substance, quoique absorbée, n'agira pas sur l'organisme parce qu'elle ne sera pus parvenue à son élément spécial. C'est là un premier fait (pic nous allons établir devant vous en remontant ensuite graduellement dans le cours du problème de l'absorption.

Parmi les substances solubles, exerçant une action sur l'organisme, celles qui peuvent se dégager à l'état de vapeur de leurs solutionssont beaucoup moins actives, ou ne le sont môme pas du tout, quand on les fait absorber par toute autre surface que la surface pulmo-

(I) Voyez mes Expériences sur le curare, 1844 (C. IL de l'Académie des sciences, t. XL1II, p. 825). — Voyez mes leçons sur les Substances toxiques et médicamenteuses. Paris, I8.">7. et la Science expérimentale, 2e édition, 1X78, p. "237.

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