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PROCÉDÉS OPÉRATOIRES

Quant à la méthode de vivisection propre aux études | sur la température du sang, il importe avant tout de }

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fixer un procédé opératoire régulier, qui permette de prendre la température du sang dans les diverses parties du système sanguin sur un animal vivant, non mutilé, et dont la circulation reste aussi normale que possible. Sans cela, toutes les observations sont nécessairement entachées de toutes les causes d'erreur que peuvent y introduire les troubles divers de la fonction circulatoire.

Mes aides ou moi avons fait une centaine d'expériences toutes concordantes, et que nous avons réunies dans les tableaux graphiques que je ferai passer sous vos yeux.

Je ne vous fatiguerai pas de leurs détails. Je me contenterai de faire devant vous l'expérience type qui résulte de tous ces essais.

Le procédé opératoire que je vais vous montrer ne doit pas seulement être établi dans de bonnes conditions anatomiques et physiologiques; il doit en outre être conçu de manière à nous donner par ses résultats une démonstration complète et décisive au sujet de la question de savoir quel est celui des deux sangs, artériel et veineux, qui l'emporte en température sur l'autre. C'est pourquoi je dois ajouter que le nouveau procédt; opératoire est institué de telle façon que tous les résultats énoncés dans mes anciennes recherches sur la chaleur animale se trouvent réunis et concentrés en une seule expérience, si facile à exécuter qu'aucune cause d'erreur sérieuse ne peut plus s'y rencontrer. Je donne donc cette expérience uouvelle comme une expérience type, résumant et résolvant à elle seule toute la ques-

tion de la topographie calorifique des sangs artériel et veineux.

Voici en quoi elle consiste.

L'animal étant étendu sur le dos dans la gouttière convenablement disposée, je pratique le cathétérisme simultané (voy. ci-dessus, p. 283) de Taorte et de la veine cave dans toute leur étendue jusqu'au cœur, à Taide de nos longues sondes thermo-électriques décrites ci-dessus.

On peut pénétrer dans le système circulatoire de deux manières : soit d'avant en arrière par les vaisseaux du cou (fig. 282), soit d'arrière en avant, par les vaisseaux de la cuisse (voy. p. 283 et fig. 94).

Pénétration par les vaisseaux de la cuisse. — Dans ce premier cas (fig. 100, p. 468), la veine et l'artère crurales étant mises à nu, on introduit les sondes dans leur intérieur, la communication avec le galvanomètre étant interrompue durant cette opération. On pousse les sondes jusqu'à la bifurcation de l'aorte abdominale et de la veine cave inférieure ; à ce moment on rétablit la communication galvanométrique, et l'on observe un excès de température d'environ i/2 degré en faveur du sang artériel. Donc, première conclusion :

4° A S071 entrée dans le bassin^ le sang artériel est plus chaud que le sang veineux.

Laissant la sonde veineuse en place, on promène la sonde artérielle tout le long de l'aorte, jusqu'au niveau du cœur, sans avoir d'oscillations sensibles dans le galvanomètre et sans qu'il survienne de différences notables dans les résultats déjà observés. Donc :

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^° La température du sang artériel reste sensiblement constante dans tonte l'étendue de l'aorte.

Il en est tout autrement pour le sans? de la veine cave inférieure, ce que l'on constate de la façon suivante. Laissant en place la sonde artérielle dans un point quelconque de l'aorte, mais où cependant le vaisseau soit assez larg-e pour que la sonde baigne bien dans le sang, on fait varier la position de la sonde veineuse en l'enfonçant graduellement dans la veine cave. On voit alors le sang de la veine s'échauffer de plus en plus à mesure qu'on monte vers le cœur. Lorsqu'on arrive au niveau des veines rénales, la température des deux sondes est à peu près la même. Ainsi :

3" Au niveau de r embouchure des veines rénales., la température du sang veineux est sensiblement égale à celle du sang artériel.

En continuant à pousser la sonde veineuse, on arrive au-dessus des veines sus-hépatiques. Là, la température du sang de la veine cave dépasse d'environ 1/2 degré la température du sang de l'artère :

4" Au-dessus du diaphragme, la température du sang veineux est supérieure d environ i/2 degré à celle du sauf/ de l'artère.

Ce qui indique que depuis le bassin jusqu'au diaphragme, la température du sang de la veine cave s'est accrue d'environ 1 degré.

Cet excès de température en faveur du sang veineux persiste jusqu'à l'entrée dans l'oreille droite du cœur. En continuant à pousser la sonde, on peut lui faire franchir le cœur et porter la soudure thermo-électrique

dans la veine cave supérieure. Aussitôt le phénomène se renverse, et le san^^ veineux redevient plus froid que le sang artériel.

5° Le sang de la veine cave supérieure est plus froid que le sang artériel.

On reproduit cette expérience autant de fois qu'on le veut, soit sur le même animal, soit sur des animaux différents, en obtenant toujours les mêmes résultats. Les tableaux que nous vous faisons passer, et qui ne contiennent pas moins de cent expériences vous le prouvent. Cela démontre en même temps que les sangs veineux des organes abtlominaux, foie, reins, intestins, en se déversant dans la veine cave inférieine, réchautlent le sang veineux de la périphérie avant son entrée dans le cœur, et lui donnent dans ce point une tenq)érature supérieure à celle du sang artériel.

Un des grands avantages de cette méthode, surtout lorsqu'il s'agit de constater sur im animal vivant, dont tous les actes sont si mobiles, de faibles variations de température, c'est de pouvoir constater simultanément à la même seconde, entre les sangs artériel et veineux, des différences de température qui nous donnent en réalité des relations absolues, parce qu'elles ont été observées dans des conditions d'identité les plus rigoureuses.

Lorsqu'on veut obtenir les températures absolues, il suffit d'introduire un thermomètre à la j)lace d'une des sondes, si l'on ne veut pas faire usage de l'appareil donnant un point fixe.

On obtient une contre-épreuve et une confirmation

complète des résultats ci-dessus énoncés en pratiquant l'expérience en sens inverse, c'est-à-dire en pénétrant par les vaisseaux du cou.

Dans ce second procédé on introduit une des sondes par \ artère carotide droite, et l'autre dans la veine cave supérieure, par la veine jugulaire externe droite. En poussant les sondes, on constate, mais d'une manière inverse, les mêmes résultats qu'au moyen du catliétérisrae par les vaisseaux cruraux. Ce cathétérisme simultané de l'aorte et de la veine cave, tel que nous l'avons décrit, résout à lui seul tout le problème de la topographie calorifique du système sanguin. Il nous montre:

1° Que le sang artériel offre une température sensiblement constante durant tout son parcours da?is l'aorte et les grosses branches artérielles;

5° Que le sang veineux, à la périphérie du corps, se refroidit et présente une température constamment inférieure à celle du sang artériel ;

3° Que le sang veineux périphérique qui s' est refroidi en circulant dans les veines superficielles du corps, se réchauffe et compense au delà sa déperdition de chaleur dès quil reçoit le sang des organes splancJmiques abdominaux, profondément situés et protégés contre tout refroidissement extérieur .

4" Enfin cette expérience^ en nous démontrant, sans quil soit besoin de recourir à aucune autre épreuve plus compliquée, que la ?7iasse du sang artériel est plus froide à sa sortie du cœur gauche que la masse du sang veineux à son entrée dans le cœur droit, iious prouve clairement qu'en circulant dans le poumon, le sang

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