I.CV.PtL
FiG. 3. — Chat muselé.
Le corps de l'animal est placé dans la gouttière (voy. plus loin fig. 16) dont on n'aperçoit ici que l'cxtrémild; dans la bouche se trouve le mors en fer anne.\d à celle même gouttière dont on tiouvera plus loin la description.
court et que la corde tend à glisser, ou bien suffoque le chat en aplatissant les cartilages nasaux. Aussi Walter faisait-il une suture aux lèvres, de sorte que la bouche
liO PRÉIIEXSION DES ANIMAUX.
était cousue. Mais il est plus convenable de museler le chat en liant la mâchoire inférieure, qui n'échappe pas si l'on place un bâillon qui sert de mors (voy. fig. 3).
Lapins et autres animaux rongeurs. — Les rongeurs ne sont pas, comme les carnassiers, féroces de leur naturel; cependant il est certaines précautions qu'il convient de prendre quand on doit opérer sur eux.
Les lapins sont faciles à saisir par les oreilles, et leur nature, en général inoffensive, paraît devoir dispenser de toute précaution. Cependant il arrive souvent que les lapins mordent ou cherchent à se débarrasser avec leurs griffes aiguës des mains qui les contiennent. Il faudra donc en tout cas saisir un lapin de manière à avoir la main en dehors des atteintes des dents et des griffes. De plus, il faudra se tenir pour averti que le lapin fait des mouvements extrêmement subits et violents qui le font échapper et exposent alors les opérateurs à manquer les expériences et à être blessés.
Les cobayes ou cochons dinde se servent quelquefois aussi de leurs dents ; mais il suffit de les saisir et de les maintenir par la peau du cou pour être en dehors de leurs atteintes.*
Les marmottes., hors l'état d'hibernation, si elles ne ■ sont pas apprivoisées, sont des animaux très-difficiles à saisir en se mettant à l'abri de leurs griffes. Elles font des morsures qui sont très- profondes. Le meilleur moyen consiste à les faire passer dans une boîte ou dans un sac, et à les éthériser comme les chats.
Les rats blancs apprivoisés sont très-doux ; mais les surmulots non apprivoisés sont redoutables par leurs
PRÉHENSION DES ANIMAUX. lli
dents; pour les museler, il faut les éthériser ou les saisir par la peau du cou avec de longues pinces analogues aux anciennes pinces des chimistes. On les musèle avec un mors et on les fixe comme les chiens et les chais.
Animaux divers. — Le chevreau, \ agneau, le mouton, sur lesquels le physiologiste a parfois l'occasion d'expérimenter, sont des animaux doux et inofTensifs qui n'offrent en général aucune difficulté dans leur mode de préhension.
En France, on opère assez rarement sur les singes. Je n'ai eu qu'une fois l'occasion d'expérimenter sur cet animal. Quand il est irrité, il est redoutable par ses dents et par ses mains. Les dents font des morsures profondes, et les mains, armées d'ongles aigus quand le singe est grand, saisissent celles de l'opérateur avec une vigueur lelle qu'on a de la peine à s'en débarrasser. Cependant, avec les précautions convenables, on parvient assez facilemsnt à maîtriser cet animal.
Il est certains animaux qui présentent quelques particularités, tel le hérisson, qui se roule en boule et ne peut être saisi dans cet état. Il suffit de l'éthériser pour le faire dérouler. Quant à beaucoup d'autres petits animaux mammifères, tels que les chauves-souris, surlesquels on peut encore opérer, pourvu qu'on connaisse leurs mœurs il sera facile de s'en rendre maître, d'après tout ce qui a été dit précédemment.
Oiseaux. — Les oiseaux sur lequels on opère le plus ordinairement sont les gallinacés de basse-cour, puis le dindon, le canard, le pigeon, etc. Leur préhension
W^l l'RÉHENSION DI-S ANIMAUX.
n'offre aucune difficulté. Cependant les oies et les dindons font quelquefois des morsures assez profondes, si l'on n'y prend garde.
Quant aux oiseaux de proie , tels que la chouette, l'effraie, etc., il faut se garer de leur bec et de leurs serres. Le meilleur moyen est de se garantir les mains avec des gants très-épais. Du reste, quand on leur a couvert ou enveloppé la tête de manière à leur enlever toute perception lumineuse, il devient assez facile de les maintenir et de les fixer de façon à s'en rendre maître.