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Lorsque nous expérimentons avec un gaz autre que l'air, nous nous servons d'une vessie remplie de ce
gaz, et d'une petite pompe (B, fig. 61), qui puise le gaz clans cette vessie , et le refoule dans le tissu cellulaire sous -cutané de l'animal en expérience (voy. fig. 61).
Par une sorte d'échange respiratoire sous-cutané, l'animal absorbera de ces gaz ce qui est absorbable. Ainsi l'acide carbonique disparaît en moins d'une demiheure ; il passe dans les veines, puis il est exhalé au niveau du poumon. L'oxygène est plus lentement absorbé. L'azote l'est très-peu et reste très-longtemps sous la peau ; de sorte que, quelques jours après une injection d'air, on ne trouve plus que de l'azote renfermé dans une cavité sous-cutanée, qui représente une véritable poche séreuse accidentelle.
Nous avons dit que l'acide carbonique absorbé est exhalé au niveau du poumon. Ce fait est général, et nous explique pourquoi les gaz sont rarement toxiques en injection sous-cutanée : après les avoir absorbés par les veines, l'organisme s'en débarrasse par la surface pulmonaire. Cependant il faut tenir compte des doses. Une très-faible quantité d'hydrogène sulfuré respirée par le poumon est fatalement toxique ; la même quantité ou une quantité plus considérable introduite sous la peau ne produit aucun effet, parce qu'elle s'élimine dans l'air expiré, ainsi qu'on peut le constater avec un papier mouillé d'acétate de plomb et que Ton tient près des narines de l'animal. Mais si l'on injecte sous la peau une quantité très-considérable d'hydrogène sulfuré, l'air pulmonaire en est saturé au point ([ue l'animal se trouve dans les mêmes conditions que s'il res-
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pirait au milieu de ce gaz; il devra doue périr, et c'est ce qu'on obsei've toutes les fois que sur un lapin, par exemple, on injecte plus de 5 centimètres cubes de gaz hydrogène sulfuré.
Les injections sous-cutanées de liquides sont Irèsintéressantes pour l'étude de l'élimination des substances toxiques et médicamenteuses. A cet effet, on place, par exemple, une canule dans l'uretère mis à nu, de façon à recueillir l'urine goutte à goutte ; 2 centigrammes de cyanure jaune sont injectés sous la peau. Il suffit de quelques minutes pour voir apparaître ce sel dans l'urine, c'est-à-dire pour que l'adjonction d'un sel ferrique y donne naissance à du bleu de Prusse. Mais ce sel n'apparaît pas dans la salive. Si au contraire on injecte sous la peau del'iodure de potassium, on le voit apparaître à la fois dans l'urine et dans la salive.
Mais les injections sous-cutanées sont surtout utiles pour étudier la manière et le temps au bout duquel les substances introduites sont absorbées. C'est par cette méthode que l'on a déterminé la durée de l'absorption du virus de la rage, absorption si rapide, d'après des expériences récentes, que cinq minutes après la morsure la cautérisation de la plaie ne serait plus d'aucune utilité. Enfin c'est encore à l'emploi de cette méthode que sont dus les résultats si importants obtenus par Chauveau au sujet de l'infection et de l'éruption générale après inoculation (ci-dessus, page 209). Nous voyons donc que la physiologie a beaucoup obtenu de l'emploi des injections liquides sous-cutanées, et qu'elle peut encore beaucoup espérer de cette méthode.