ABSORPTION PAR LES VEINKS
Les théories qui veulent clouer l'un de ces svstènies à l'exclusion de l'autre du pouvoir absorbant se trouvent en complet désaccord avec les fliits. Mais si nous cherchons à trouver une difTérence, non de degré absolu, niaisdenatureetdemode, entre cesdeux voies d'absorption, je crois que nous la trouverons plus facilement en con.^idérant les rapports du sang avec le milieu intérieur et avec les liquides intraorganiques, c'est-à-dire avec les sérosités répandues dans les mailles des tissus.
Les absorptions par lesquelles le sang puise ses éléments, soit liquides, soit gazeux, dans le milieu extérieur, ces absorptions sont essentiellement le fait des vaisseaux veineux : c'est ainsi que sont introduits dans l'organisme les gaz de la respiration, les matériaux de la digestion. Par contre, les matériaux qui sont sortis du sang, qui ont baigné les tissus, qui ont servi à la nutrition des éléments anatomiques, les liquides interstitiels, en un mot, qui sont l'objet de ce que nous pouvons appeler une absorption interne, ceux-là sont puisés parles lymphatiques et ramenés par eux dans le torrent circulatoire. Les lymphatiques, à leur origine, forment un réseau interorganique continu; ils président, quelles que soient, du reste, leurs dispositions anatomiques, aux phénomènes par lesquels le liquide circulant sort des capillaires sanguins, se met en contact avec les éléments anatomiques, et enfin retourne faire partie de la
l'empoisonnement par le curare, raction des nerfs vaso-dilatateurs persiste souvent la dernière, comme celle des nerfs oculo-pupillaires, dont il faut les rapprocher sous divers rapports. Les nerfs vaso-constricteurs ont des caractères opposés. Nous étudierons avec soin ces pliénomènes nerveux qui règlent la circulatiou caiiiilaire sanguine et lyn>phalique, et que nous ne faisons que signaler ici (vuy. nos leçons sur le Diabète.
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masse sanguine. A côté de la circulation proprement dite du sang^ nous avons donc à considérer une circulation intersiilielle ou lymphatique, cpii se trouve en rapport intime avec les phénomènes essentiels de la vie propre à chaque élément analomique.
Je crois avoir, le premier, énoncé cette proposition, que les actions toxiques médicamenteuses ou autres se portent sur des éléments histologiques spéciaux et non sur (les tissus, des organes, ou sur des appareils, .l'ai donné pour exemple l'action du curare sur les nerfs moteurs, de l'oxyde de carbone siu^ les globules rouges' du saiig, etc. (1). Cette idée s'est confirmi'e par beaucoup d'observations nouvelles, et elle devient le point tbndaiiiental de nos recherches actuelles. Il ne suftit pas, en effet, qu'une substance active soit absorbée, il faut qu'elle parvienne aux éléments sur lesquels elle est capable d'exercer son action. Il pourra donc arriver des cas où la substance, quoique absorbée, n'agira pas sur l'organisme parce qu'elle ne sera pas parveime à son élément spécial. C'est là un premier fait que nous allons établir devant vous en remontant ensuite graduellement dans le cours du problème de l'absorption.
Parmi les substances solubles, exerçant une action sur l'organisme, celles qui peuvent se dégager à l'état de vapeur de leurs solutionssonl beaucoup moins actives, ou ne le sont môme pas du tout, quand on les fait absorber par toute autrti surface que la surface pulmo-
(1) Voyez mes Expériences sur le curare, 1844 {C. H. de rAcaclémie des sciences, t. XLUI, p. 825j. — Voyez mes leçons sur les Substances toxiques et méiiicainenteuses. Paris. 1857. et la Science expérimentale,. "2" édition, i878, p. -237.