‹ Leçons de physique a l'usage des demoisellesChapitre 187 sur 200 · ORGANE DE LA VUE · texte numérisé non relu

ORGANE DE LA VUE

slrument d’optique construit avec cette perfection et cette admirable sagesse que nous rencontrons partout dans la nature. C’est une chambre noire où l’écran en verre dépoli est remplacé

Fijj. 3T0.

par répanouissement du neit optique, sur lequel vient se peindre l’image des objets extérieurs. Il en résulte une sensation qui produit la vision.

Pris dans son ensemble, l’œil a la forme d’un globe contenu dans une cavité osseuse appelée orbite. En allant du dehors au dedans, ses parois sont : I® une membrane opaque S (fig. 371), appelée cornée opaque (c’est elle qui, en diffusant les rayons tombant sur l*œil, forme ce qu’on appelle le blanc de l œil); 2® la choroïde C; 3® la rétine R. Celle dernière, formée par l’épanouissemeiit du nerf optique O, tapisse le fond de l’œil; elle est douée d’une sensibilité exquise pour la lumière. A la partie antérieure du globe, la cornée opaque manque et se trouve remplacée par une membrane transparente .A, qui fait saillie comme un verre de montre et que l’on appelle cornée transparente. Au point où la cornée transparente se fixe à la cornée opaque, sc trouve tendue une membrane I, appelée iris, qui varie de couleur chez les différents individus : elle est percée en son centre d’un trou P, appelé pupille. Derrière l’iris est placée une lentille biconvexe B, à courbures inégales sur ses deux faces, que l’on désigne sous le nom de crhtallin, La partie de l'œil comprise depuis la cornée transparente jusqu’à l’iris est désignée sous le nom de chambre anténeure; elle est remplie d’un liquide appelé

humeur aqueuie^ qui remplit aussi l’espace compris entre le cristallin et l’iriS) espace désigné sous le nom de chambre postérieure. La partie de l’œil située derrière le cristallin est remplie d’ un au tre

liquide humeur vitrée ; cette dernière est plus réfringente

que riiumeur aqueuse.

Cela posé, expliquons en quelques mots le mécanisme de la vision. Supposons pour cela un objet lumineuxqui, placé en avant de l’œil en voie sur celui-ci un faisceau de rayons. Parmi ces rayons, les uns se réfléchissent et se diffusent sur la cornée opaque et la rendent visible, d’autres pénètrent à travers la cornée transparente, vont frapper l’iris qui les diffuse et les renvoie au dehors avec la couleur qui lui est propre et qui varie avec les individus. D’autres, enfin, après s’ètre réfractés dans l’humeur aqueuse, pénètrent à travers la pupille, s’engagent darrs le cristallin, dans l’humeur vitrée, et la série de réfractions qu’ils subissent a pour effet de les envoyer former sur la rétine l’image de l’objet. La rétine, impressionnée par eux, transmet au cerveau une sensation qui consiste pour nous dans la vision de l’objet extérieur.

Une expérience très-connue confirme ce qui précède. Si l’on extrait de son orbite un œil encore sain, un œil de bœuf, par

PHOTOGRAPHIE

exemple, qu'on l’enchâsse dans un écran après avoir aminci la ■sclérotique dans les portions en regard de la cornée transparente, et qu’on place vis-à-vis de lui une bougie, on verra se former sur la rétine l’image renversée de la bougie.

53 1 . lijopes. — Pre«by tes. — Pour que la vision soit nette, il est nécessaire que l’objet lumineux vienne former son image sur la rétine, en d’autres termes, que son foyer conjugué coïncide avec celte membrane. C'est ce qui n’arrive pas toujours, parce •que les courbures de la cornée et du cristallin varient suivant les individus. Les myopes ne distinguent nettement que les objets situés très-près d’eux, parce que la courbure exagérée de leurs yeux produit une trop grande convergence des rayons et que les objets un peu éloignés ont leur foyer conjugué en avant de la rétine ; lespresbytes,au contraire, dont l’œil est trop peu convergent, ne voientquelesobjetséloignés, ceux qui sont plus proches ayant leur oyer conjugué derrière la rétine. Pour remédier à ces inconvénients, les myopes arment leurs yeux de verres biconcaves qui, comme on le sait, sont divergents, et qui, en diminuant la convergence des rayons, donnent à l’image la place qu’elle doit occuper ; les presbytes emploient, au contraire, des verres biconvexes ou convergents qui, en augmentant la convergence des rayons, font avancer l’image et l’amènent sur la rétine.

532. Photoi^raphie. — La photographie, que nous étudierons plus en détail dans nos leçons de chimie, comprend un ensemble de procédés ayant pour but de reproduire et de fixer l’image des objetsà l’aide de substances chimiquement sensibles à l’action de la lumière. Cette admirable application des sciences physiques, ■dont l’utilité va chaque jour en augmentant, est due à Joseph Nicéphore Niepee ‘ et à Daguerre *. Nous laisserons ici de •côté la description des procédés principaux actuellement employés.

De même que nous avons comparé l’œil à une chambre noire, nous pourrions comparer un appareil de photographieàiun œil qui, au lieu d’ètre physiologiquement sensible, le serait chimiquement, avec cette différence toutefois que pour l’œil les objets •disparaissant, l’image fuit aussi, tandis que l’appareil de photo-

* Joseph-Nicéphore NIepee, né à Châlon-sur-Snône, mort en iS33. * 2 Daguerre, né à Corineilieii en 1787, mort en 18S1.

LEÇOMS DE PHYSIQUE.

graphie reçoit des impressions qu’il est possible de fixer. La plaque photographique sera pour nous la rétine de cet appareil retcvaiif, au point de vue chimique, des impressions que doivent ensuite développer et fixer des réactifs convenablement appropriés.

L’appareil employé pour produire l’image des objets extérieurs

est la chambre noire, que nous avons décrite (529).

inîfado Jyp)

La figure 372 représente une chambre noire de voyage montée sur son pied.

Supposons, pour plus de simplicité, que nous voulions reproduire l’image d’une feuille de papier noir au centre de laquelle se trouve un cercle blanc. Nous la placerons en avant de la lentille de la chambre noire, dont nous ferons varier le tirage de manière à avoir sur le verre dépoli l’image aussi nette que possible de l’objet. Celte opération appelée mise au étant faite, on fixe à*

PHOTOGRAPHIE

Fig. 3T3.

l’aide d’une vis V (fig. 370) la position de AB. On enlève le verre dépoli et on lui substitue un cMssis EGDF- (fig. 372), dans lequel se trouve une plaque de verre cliimiquement sensible. Ce chfissis est construit de telle sorte qu’une portelctte H permet l’infroduction de la plaque, et, lorsqu’il est placé, la portelette H étant en dehors et la lentille Ode la chambre étant couverte par un diaphragme, on soulève une fenêtre A qui met la plaque à nu dans l’intérieur delà chambre.

Le châssis est construit de telle sorte que la plaque occupe e.xactement la position du verre dépoli que l’on a enlevé. Cela fait, on découvre la lentille, l’image vient alors se produire sur la plaque chimiquement sensible.

Or celle-ci a été recouverte, comme nous le verrons tout à l’heure, d’une substance appelée chlorure d’argent, qui a pour propriété de noircir à la lumière. Pour s’en convaincre, il suffit d’exposer un peu de ce corps à l’action de la lumière solaire, il passe bientôt du blanc au violét et du violet au noir.

La partie blanche de la feuille de papier placée à une certaine distance de la lentille envoie des rayons lumineux sur la plaque sensible et agit chimiquement sur le chlorure d’argent, suivant un cercle qui est la reproduction du cercle blanc ; quant à la partie noire, elle n’envoie pas de rayons et le chlorure d’argent dans toute la région qui lui correspond reste intact. Quand le temps de pose est jugé suffisant, on ferme la fenêtre A et la plaque enfermée dans le châssis est emportée dans un appartement obscur, où l’on développera l’image. Car il faut remarquer ici qu’en sortant de l’appareil, la plaque n’olTre encore aucune trace d’iniage, l’action chimique est commencée, mais elle doit être achevée par des réactifs spéciaux. Ces réactifs sont le sulfate de fer ou l’acide pyrogallique en dissolution. On verse Tune de ces liqueurs sur la plaque et au bout de quelques instants on voit apparaître au centre un cercle opaque et noir par transparence; autour de ce cercle la plaque n’ayant pas reçu l’action de la lumière, le chlorure d’argent resté intact lui conserve son aspect opalin. On comprend que, si l’on transportait maintenant la plaque au grand jour, le chlorure d’argent s’altaquerail sur toute la

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