ÉPREUVE NÉGATIVE
53i. i** Préparation et sensibillaation de la plaque.
— On prend une plaque de glace ou de verre aussi plane que possible, on la nettoie bien à l'alcool additionné d’acide nitrique. On pousse ce nettoyage, qui se fait avec un tampon de coton ou de papier, jusqu’à ce que la glace séchée avec une peau de daim ne présente pas de figures ou de lignes lorsque l’on projette l’haleine sur elle; la vapeur d’eau qui accompagne l’haleihe doit se répartir d’une manière uniforme.
La glace étant parfaitement propre, il faut la couvrir de collodion. On donne ce nom à une dissolution de coton-poudre dans, un mélange d’alcool et d’éther; le collodion photographique contient en plus des chlorures, bromures et iodures, capables de faire, avec le sel d’argent employé plus tard, des chlorures, bromures et iodures d’argent (nous remarquerons ici que les bromures et les iodures d’argent ont aussi la propriété d’ôtre sensibles à l’action de la lumière).
Pour préparer un litre de collodion, on peut employer la méthode suivante : on prend 7o0 centimètres cubes d’éther sulfurique rectifié et i gramme de coton-poudre mouillé avec de l’alcool. On met le tout dans un flacon à l’émeri, à large ouverture, rigoureusement propre et rincé à l’alcool pur. On agite jusqu’à ce que le coton soit bien imprégné et que toutes les fibres soient bien séparées les unes des autres. On ajoute par parties, et
en remuant chaque. fois, 250 centimètres cubes d’alcool rectifié A 40% 1 gramme iodure de cadmium, 1 gramme bromure de cadmium. Le coton se dissout immédiatement et on continue, l’agitation jusqu’à ce que le bromure et Tiodure soient dissous, on laisse reposer vingt-quatre heures, on décante et la partie claire peut servir. Le collodion ainsi préparé doit être très limpide et avoir une belle couleur de rhum.
Le collodionngc de la plaque demande un peu d’habitude. On prend la plaque de la main gauche et on la soutient par les côtés de l’angle inférieur gauche, de manière à la toucher sur la plus petite surface possible; de la main droite on prend le flacon de ' collodion, et, aprèsavoiressuyé le goulot pour enlever lapoussiôre, on verse le liquide à l’angle supérieur droit, d’une manière ré-
Fi,:. 374.
gulière et continue, de telle sorte que la liqueur s’étend eu rond. On cesse de verser quand le liquide arrive à l’angle gauche supérieur; on incline légèrement et lentement la glace de manière à faire écouler l’excès de ce collodion. Il faut avoir soin que le li-
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quide ne vienne pas mouiller les doigts qui tiennent la plaque. On laisse alors sécher un instant jusqu’à ce que la liqueur fasse prise: l’éther et le collodion s’évaporent et laissent à la surface de la glace une toile très-fine de coton dans laquelle se trouvent disséminées des molécules de bromure et d’iodure. Ces opérations peuvent à la rigueur être faites à la lumière (flg. 374).
11 faut alors sensibiliser la plaque, c’est-à-dire produire à sa surface les bromure et iodurc d’argent sensibles à l’action de la umière. Pour cela, on s’enferme dans un appartement obscur ou éclairé seulement par la lumière qui passe à travers un verre jaune, et on plonge la plaque dans un bain de nitrate d’argent composé, pour un litre, de i 000 grammes d’eau distillée, 70 grammes d’azotate d’argent (fondu ou cristallisé). Il faut avoirsoin, pour cela, en renversant un peu la cuvette, d’amasser le bain dans un coin de celle-ci, placer la plaque sur le fond et ramener rapidement le liquide sur elle. On voit alors la glace se recouvrir d’une couche opaline et blanchâtre de bromure et d’iodure d’argen!. Au bout d’un certain temps, lorsque tout aspect huileux a disparu à la surface de la glace, on l’enlève avec un crochet d’argent ou de
Flg. 373.
baleine (fîg. 375), et on la place dans le châssis de la figure 372 la face sensibilisée étant mise du côté de la fenêtre A.
* 535. 2^ Exposition dans laohambre noire. — On porte
alors le châssis dans l’appareil, après avoir pris le point. La durée de la pose varie beaucoup, suivant la lumière et l’objet à repro-
duire. Avec le collodion dont nous avons indiqué la composition^ par une belle lumière, pour portraits, sept à huit secondes suffisent amplement.
536. 3** Oéveloppement de l*lma^e. — Le châssis étant rapporté dans la chambre obscure, on en relire la glace et on verse rapidement sur elle une liqueur composée de :
Eau • . . . . 1000 gr. ^
Sulfate (le protoxyde de fer 50 —
Acide acétique cristallisable 50 — :
L’image apparaît, et, pour en renforcer le ton, on y verse alternativement la dissolution de sulfate de fer et une dissolution contenant pour un litre d’eau 30 grammes de nitrate d’argent et 50 grammes d’acide acétique cristallisable.
Par cette opération, qu’on appelle le renforcement de l’épreuve, on peut diminuer le temps de pose, et on amène le cliché au ton voulu plus facilement que lorsqu’on emploie seulement le sulfate de fer. L’habitude peut seule faire saisir le moment décisif. Cela fait, on lave la plaque à grande eau.
* 537. 4° Fixage de l’iiuuge — Pour fixer l’image, on plonge la plaque dans une dissolution saturée d’hyposulfite de soude ; et, lorsqu’elle a perdu l’aspect blanc bleuâtre qu’elle avait, on l’en retire pour la laver de nouveau. L’épreuve négative est alors terminée. Si elle doit servir à tirer un certain nombre d’épreuves positives, il est bon de la vernir, soit à l’aide de vernis spéciaux que livre le commerce, soit à l’aide d’une dissolution de gomme que l’on verse comme le collodion. On laisse ensuite sécher la plaque.