‹ Leçons de physique a l'usage des demoisellesChapitre 37 sur 200 · POMPES. — SIPHON · texte numérisé non relu

POMPES. — SIPHON

127. La machine pneumatique est un instrument destiné à enlever l’air d’un récipient quelconque. Elle fut inventée vers 16.*i0 par Otto de Guéricke, bourgmestre de Magdebourg.

Elle a reçu, depuis cette époque, de nombreux perfectionnements; mais pour en faire comprendre plus facilement le jeu,

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98 LEÇOiNS DE PHYSIQUE.

nous la prendrons d'abord à peu près telle que la construisit Olfo de Guéricke. Soit un corps de pompe G (fig. 10 4 ) qui communique avec un récipient R, et dans lequel peut se mouvoir le piston P. A la base inférieure du corps de pompe se trouve une soupape S capable de s’ouvrir de bas en haut :

le piston est percé d’une ouverture fermée par une soupape S' capable aussi de s’ouvrir de bas en haut. Le piston P étant en haut de sa course, et les soupapes S et S' étant fermées, baissons le piston.

L’air du corps de pompe se trouvant comprimé, sa force élastique augmentera, et à un moment donné, elle sera assez grande pour soulever la soupape S'; l’air s’échappera alors du corps de pompe, et quand le piston sera arrivé au bas de sa course, si nous supposons qu’il y ait conlact intime entre lui et la base inférieure du corps de pompe, tout l’air que celui-ci contenait sera chassé. Soulevons maintenant le piston, il laissera au-dessous de lui le vide dans le corps de pompe, et la soupape S, pressée de bas en haut par la force élastique de l’air du récipient qui n’est contre-balancée par rien, s’ouvrira : une partie de l’air du récipient se précipitera alors dans le corps de pompe. Quand le piston sera arrivé en haut de sa course, la soupape S, également pressée de part et d’autre, retombera en vertu de son poids et la force élastique de l’air sera la môme dans tout l’appareil, mais elle sera moindre qu’au début de l’opération. Le piston étant abaissé de nouveau, un volume d’air égal à celui du corps de pompe s’échappera de l’appareil, et ainsi de suite. On voit donc que chaque fois que le piston descend, il fait sortir de l’appareil un volume d’air égal au volume du corps de pompe ; il en résulte que le récipient se vide de plus en plus.

Il est évident, à priori, que le vide fait par cet appareil ne pourra jamais être absolu, puisqu’ù chaque coup de piston l’air

intérieur ne fait que se fractionner entre le récipient et le corps de pompe.

La machine que nous venons de décrire présente plusieurs inconvénients que nous allons signaler. A chaque fois que la soupape S se soulève, l’air du récipient se répandant dans un espace plus grand, sa force élastique diminue en vertu de la loi de Mariette; elle va donc toujours en décroissant, et il arrive un moment où elle n’est plus assez grande pour soulever la soupape S. Celle-ci restant fermée, l’appareil cesse de fonctionner. Remarquons aussi que dans une machine à un seul corps de pompe, comme celle que nous venons de décrire, à mesure que l’air se raréfie dans le récipient, il devient de plus en plus difficile de soulever le piston, puisque l’air intérieur exerçant sur la face inférieure du piston une pression qui devient de moins en moins grande, la pression exercée par l’atmosphère sur la face supérieure est de moins en moins contre-balancée, et, à mesure que l’opération avance, on a à vaincre une résistance de plus en plus considérable. La machine à deux corps de pompe que nous allons décrire est exempte des deux inconvénients que nous venons de signaler.

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