INDUCTION DANS TOUTE LA MASSE D'UN CONDUCTEUR QUELCONQUE
L'expérience montre que le déplacement relatif d'un pôle et d'une masse métallique de forme quelconque fait naître dans celleci des courants d'induction. En vertu de lïi loi de Lenz, ces courants sont de sens tel qu'ils tendent à s'opposer au mouvement produit.
Ces faits ont été découverts par Gambey et expliqués par Arago, vers 1824.
La vérification expérimentale se fait d'une façon élégante, à l'aide de l'appareil de Foucault. On fait tourner à grande vitesse un disque de cuivre entre les pôles d'un puissant électro-aimant {Jig* 225). Tant que le courant n'excite pas celui-ci, le mouvement est facile à entretenir; mais, dès qu'on produit le champ magnétique, on sent une résistance considérable, et, si l'on cherche à la vaincre, le disque s'échauffe rapidement. C'est même de cet échauffement que M. Violle a pu déduire la valeur de J, équivalent mécanique de la chaleur.
On rend l'expérience très saisissante aussi, en faisant tourner G. et B. — II. a3
un cube de cuivre (/?^. 226) entre les pôles d'un fort électro-ai-
Fig. Qix5.
mant. En tordant le fil de suspension du cube, l'électro-aimant
Fig. 226.
étant inactif, on donne au métal un rapide mouvement de relation,
qui diminue très rapidement pour devenir très lent dès qu'on lance le courant dans les bobines de l'électro-aimant. Ce dispositif expérimental est dû à Faraday.
Ces courants d'induction dans la masse des conducteurs s'appellent courants de Foucault; on les utilise, comme nous le verrons, pour amortir les oscillations des aiguilles aimantées.