‹ Leçons de physique générale (volume 2)Chapitre 5 sur 308 · INFLUENCE · texte numérisé non relu

INFLUENCE

Nous avons vu dans ce qui précède deux manières de produire de Télectricité : nous l'avons fait naître dans un corps d'abord par frottement, et nous avons vu que nous pouvions la faire apparaître par contact. Il y a une troisième manière de communiquer à un corps les propriétés électriques, c'est V influence, découverte par Canton en i^SS. Une expérience capitale, dont la forme actuelle est due à Riess, va nous la faire connaître.

Prenons un cylindre vertical {Jîg> i) à l'état neutre, et suppo- !'*?• »• sons que l'on y ait suspendu trois électroscopes, deux aux extrémités et un au milieu. Prenons un corps électrisé quelconque et approchons-le au-dessous du cylindre : nous voyons aussitôt les électroscopes extrêmes fortement repoussés, tandis que l'électroscope moyen reste immobile. Les deux extrémités du cylindre sont donc électrisécs. Nous constaterons \ facilement, à l'aide d'un bâton de résine électrisé,

* qu'elles le sont d'électricités de noms contraires : car ce bâton, attirant l'un des électroscopes, repousse l'autre; et que la partie la plus éloignée du corps électrisé est chargée de fluide de nom contraire à celui de la source. Nous dirons que le cylindre a été électrisé par influence, et ce phénomène s'explique aisément, si nous admettons l'hypothèse des deux électricités et la loi de du Fay.

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EXPÉRIENCES FONBAHfiNTALES. J

En effet, supposons la sphère électrisée posilivement : cette électricité attire le plus près d'elle possible Télectricité de nom contraire contenue dans le cj'lindrc; la partie inférieure de celui-ci va donc se trouver chargée d'électricité négative. L'électricité de la sphère repousse aussi le plus loin possible réleclricité de nicnie nom : de là l'existence d'électricité positive à l'extrémité supérieure du cylindre. Au milieu, il n'y a pas d'électricité libre ; aussi l'électroscope qui y est placé reste-t-il immobile.

Le phénomène, d'ailleurs, cesse aussitôt que l'on éloigne la sphère influençante; on voit alors les pendules retomber : les fluides se sont donc recombinés à l'intérieur du cylindre.

De plus, si, pendant que le cylindre est soumis à l'influence de la sphère, nous touchons un de ses points, n'importe lequel, avec le doigt, établissant ainsi une communication avec le sol, nous voyons retomber l'électroscope supérieur : l'électricité positive s'écoule dans le sol, la négative étant toujours maintenue dans le bas par l'attraction de la sphère. Si, alors, on éloigne le doigt qui met le cylindre en communication avec le sol, et qu'en même temps on éloigne la sphère influençante, les trois électroscopes divergent tous, et l'électricité négative est seule répandue sur le cylindre; on a donc, grâce à l'influence, un moyen de charger les- corps d'une électricité donnée. Nous verrons dans l'électroscope de Volta une application de cette propriété.

Ces phénomènes d'influence sont la base de l'étude de l'électricité à l'état d'équilibre ou de Télectricité statique : nous les retrouverons à chaque instant dans l'étude des condensateurs, des électromèlres, des machines électriques.

Nous connaissons maintenant les phénomènes élémentaires sur lesquels repose l'étude de l'Électrostatique; nous avons vu la loi des attractions et répulsions entre fluides contraires ou semblables, mais nous ne l'avons vue que qualitativement : nous en connaissons le sens, non la grandeur. Il nous reste à faire l'étude quantitative des attractions et répulsions, et à définir les grandeurs électriques.

Cette étude a été faite par Coulomb, à la fin du xviu*' siècle : nous allons l'exposer dans le Chapitre qui va suivre.

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