PRINCIPES GÉNÉRAUX
Un grand nombre de liquides abandonnés à eux-mêmes, à Fair
libre ou dans des récipients de suffisante capacité^ finissent par
disparaître: l'eau, l'alcool, l'éther sont dans ce cas. Mais c-ette
disparition n'indique pas que ce% \\c\\\\\\ç«» %^^\Wi\«si^"5!KwV\v^ollo
VAPEURS
prouve seulement qu'ils ont subi dans leur état physique une remarquable transformation. Ils sont devenus gazeux, et sous cette forme nouvelle, ils peuvent donner naissance à des phénomènes particuliers qui témoignent encore de leur existence. Quelques-uns d'entre eux, comme Téther , le sulfure de carbone affectent l'odorat d'une manière très-vive; d'autres, comme le brome , donnent des vapeurs fortement colorées ; tous, par des procédés convenables, peuvent être, soit partiellement, soit en totalité, condensés ou absorbés par des agents chimiques.
Les liquides ne sont pas les seuls corps qui puissent ainsi se volatiliser aux températures ordinaires. La glace ' , la neige et autres solides jouissent de la même propriété.
Mais c'est surtout lorsqu'on élève la température que la transformation des corps en vapeurs devient facile. Sur le feu , l'eau prend rapidement l'état aériforme ; en un mot l'on peut dire que toutes les substances deviennent gazeuses quand on les chauffe suffisamment. Le soufre à 420°, le zinc au rouge, se vaporisent et peuvent se distiller comme l'eau à 1 0Oo.
Dans ces dernières années, en effet, M. Despretz, en soumettant le charbon à l'action d'une pile très-énergique, le volatilisa abondamment et fit ainsi rentrer dans la loi générale ce corps regardé jusqu'alors comme le plus réfractaire de tous.
Comme les gaz proprement dits , les vapeurs font sans cesse effort pour s'étendre, et par suite de cette élasticité naturelle elles pressent contre les parois des vases qui les renferment.
Héron, dans son Traité pneumatique, remarque que si l'on chauffe de l'eau dans un vase métallique (fig. 226), dont l'orifice est bouché par une sphère métallique pesante, il arrive bientôt un moment où la vapeur soulève cette espèce de couvercle, et s'échappe ainsi qu'il est marqué sur la figure 226. En 1603, F. Rivault, précepteur de Louis XIII, fit une observation analogue. Il remarqua qu'une bombe à demi pleine d'eau et bien bouchée finit par faire explosion lorsqu'on la chauffe suffisamment.
Vers la même époque (1615), Salomon de Caus songea à utiliser cette force élastique pour élever de l'eau chaude à une hauteur
i Ftftte coDBëissait le fait de Févaporatioa de la place .
considérable. Au lieu de boucher bennétiquement la bomb* F. Rivault, il prescrivait d'y faire plonger un long tube ou aux deux bouts et dont l'extrémité inférieure B descendit c le liquide (lig. 237). En ces circonstances, la vapeur se di loppant dans la capacité supérieure , presse sur t'eau du vas la fait monter à une hauteur d'autant plus grande que l'él: cité intérieure est plus considérable.
Aux (ompératures basses , ta force élastique des vapeurs
souvent encore fort sensible. Toutefois, elle ne fut observée longtemps après ces premières expériences.
Vers 1705, on s'aperçut que si l'on construit des baromè avec des tubes récemment lavés à l'eau ou surtout à l'alcool mercure s'y tient beaucoup plus bas que d'ordinaire. Ces dép siens anormales excitèrent l'alteution de l'Académie, et leur en cation étant devenue le sujet de quelques discussions, Homl soutint qu'elles étaient dues à un développement de vapeurs c cool dans la chambre barométrique, et pour démontrer la \é de son opinion, il fit voir que les anomalies disparaissaient li qu'on prenait la précaution de bien sécher les tubes avant verser le mercure.
VAPEURS
C*est à cette dépression du mercure dans les baromètres que Von a recours ordinairement pour mettre en évidence le développement spontané des vapeurs aux températures ordinaires.
Plusieurs baromètres A, B, C, D (ûg. 228) sont disposés les uns à côté des autres dans une même cuvette. On laisse A dans son état normal. En B, G, D, on fait passer de l'eau, de l'alcool , de l'éther, et l'on voit aussitôt le mercure s'y abaisser de quantités inégales au-dessous de son niveau primitif.
Lorsqu'on répète cette expérience avec un baromètre à cuvette profonde, on remarque que l'on peut soulever ou abaisser le tube
sans apporter aucun changement à la distance du niveau supé-
Fig. 229.
rieur (fig. 229) à celui de la cuvette XX', pourvu toutefois qu'il y ait toujours une petite couche du liquide volatil, visible au-dessus de l'extrémité de la colonne mercurielle.
Seulement , quand le tube est soulevé , et que par suite la chambre barométrique est accrue, l'épaisseur de la couche volatile diminue. Elle augmente dans le cas contraire. En un mot, tant qu'elle est en contact avec son liquide , une vapewx (v^\ ^ àèvehppe dans un espace primitivement vide, îicqurnl ^ ç\vî^^\\\ô
*7S TENBIOir DE8 VAPKURfL
■^rienaai de BAhaaMorl. — En 1792, Béthancoort,
Paris, publia les résultats d'une série de détenninations eiéc
tées i l'aide d'un appareil qui lui permettait de mesurer les te
sions des vapeurs dans ie vide, à la fois aux températures bass
et aus températures élevées, ou, si l'on aime mieus, dans les ci
coustancesoù ces lenùons sont trés-faibles ou très-considérable
Le liquide était renfermé dans un récipient à trois tubulur
^ (fig. 232): l'une g pouvait être mi
en communication avec une machii
pneumatique qui servait à faire
vide dans l'appareil ; la seconde do
naît passage à un thermomètre ; à
troisième enfin était ajusté un mam
mètre à deuï branches ABCD. I
pression qu'il s'agissait d'obtenir éta
égale â la pression atmosphériqi
accrue ou diminuée de la coloni
liquidequi s'élevait dans une brancl
au-dessus de son niveau dans l'autn
p. ,,, 11 fallait évidemment tenir compi
du liquide qui pouvait se condensi
dans la branche BC, lorsque sa température était inférieure
celle de la chaudière.
Depuis le ccHumencement de ce siècle, un grand nombre d physiciens ont cherché à déterminer avec plus de rigueur qu'o ne l'avait fait jusqu'alors les tensions de la vapeur d'eau au différentes températures. Nous allons résumer maintenant quel ques-UDS de leurs importants b'avaux.
- TENSION DB LA VAPEUR DE zéHO.