PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX
Les anciens savaient que l'ambre jaune acquiert, par la friction la propriété d*altirer des brins de paille et quelques autres corp légers posés à une petite distance. Mais ce fait resta longtemp isolé. Vers i 550 onl'étudia de nouveau, et le docteur anglais Gilbert en particulier, reconnut que le verre, le soufre, larésine et un grandnombre d'autres substances jouissent d'une propriété analogue è celle de l'ambre. Plus lard les observations de Gray en Angleterre, et de Dufay en France, conduisirent à généraliser encore les résultats précédents, et l'on admet aujourd'hui que tous les corps sans exception peuvent, par le frottement, acquérir la vertu attractive observée d'abord dans l'ambre, ou si l'on aime mieui devenir électriques, ce mot nouveau dérivant du nom grec eXExrpov, sous lequel l'ambre était autrefois désigné.
Pour prouver que la vertu électrique, ou l'électricité peut ainsi se développer sur les corps par le simple frottement, on fait ordinairement les expériences suivantes :
4* On frotte vivement avec un morceau de drap ou de flanelle un cylindre de gomme laque ou de verre bien sec simplement tenu à la main, puis on en approche de la sciure de bois, des barbes de plume, de petits fragments de papier. Aussitôt l'on voit ces corps légers se précipiter vers lui.
2" On prend un cylindre de métal supporté sur une colonne de verre enduite de gomme laque, on le frotte ou le percutte avec une peau de chat bien sèche, et l'on constate qu'il devient alors capable d'attirer très-vivement des corps légers placés à faible distance.
Quoique cette dernière expérience ne présente aucune difficulté, si l'on cherchait à électriser un morceau de métal en le tenant directement à la ma\iv, otv iC^ ^\tt\«v\.^'ï«^«w«. ^.^s&vlca
CORPS GONDtJGTEURS.
premiers auteurs qui ont traité de la matière croyaient-ils les métaux incapables de prendre directement l'électricité.
Fig. 278.
Mais voici comment on résout actuellement cette difBculté apparente.
Corps condueteurti oorpt isolants. — Gray observa qu'en-
feisant communiquer une boule de métal et un tube de verre, soit par une tige métallique, soit par une longue corde de chanvre, il suffisait d'électriser le tube pour qu'aussitôt la boulo partageât la vertu électrique. La corde et la tige conduisaient <lonc l'électricité du tube à la boule. Gray reconnut également que le corps humain est aussi conducteur de l'électricité, et l'on peut ajouter que le bois , la pierre , la terre , sont dans le même cas*.
Or, lorsque la vertu électrique se partage ainsi enire deux corps conducteurs au contact, elle est d'autant moins sensible sur chacun d'eux que Tautre a des dimensions relativement plus considérables. Ainsi, dans l'expérience de Gray, l'électrisation du tube de verre se faisant toujours de la même manière , la vertu électrique de la boule était d'autant plus faible que la corde était plus longue, et devenait absolument nulle quand celle-ci touchait le sol, lequel n'est autre chose qu'un conducteur de grandeur indéfinie.
On comprend maintenant sans peine que, si l'on ne peutélectriser un conducteur métallique tenu à la main, cela tient à ce
)• Qaelqaes expériences rapportées dans les écrits d'OUo àe G\iéw\fe ^wîÎwwX iaire Ma principe posé par Gray.