RATES DU SPECTRE
En étudiantun spectre solaire fiiit'avecsoin, Woltaston y remarqua une particularité dont il n'est point question dans les écrits de Newton : Il vit en plusieurs régions de ce spectre des lignes de démarcation nettement accusées entre des couleurs voisines, Tune séparait l'orangé du jaune, une seconde le vert du bleu, deux autres enfin étaient situées dans la portion plus réfrangible. Ces lignes n'étaient autre chose que quelques-unes des raies noii es que, bientôt après, Frauenliotter découvrit en nombre presque indéfini dans toute l'étendue d un spectre, qu'il analysait avec une lunette ordinaire.
Les raies découvertes par Frauenhoifer sont des lignes parfaitement noiies qui sillonnent le spectre dans une direction ptTpendiculaire à sa grande longueur.
On les retrouve toutes les fois que l'on produit un spectre, en s'astreignant aux règles que nous avons extraites de XOptiqtte de Newton, et dans ce c<is, si l'ensemble des couleurs occupe à peu près un mètre sur le tableau, il est quelques raies i\\n ont plus d'un millimètre de largeur, en sorte qu on les distingue à une distance assez grande.
RAl£8 DU SP£CTA£.
Le nombre des raies et surtout leur disposition varient avec la nature de la source lumineuse; et dans certains cas, on voit des bandes brillantes d'un éclat remarquable se substituer aux
ligues noires du spoctro solaire.
Frauenhuiïer a ('labli le premier dt» ces deux résullaU, en comparant aux raies (lu spectre solaire celles du spectre que lui fournisStUL la lumière des planèles ou celle des étoiles. Dans le spectre d'une planète, la disposition des raies est identique à celle qu'on observe dans le spectre solaire; elle a^l toute différente dans le cas des étoiles.
Pour réjjéter ces expériences, il faut, à l'aide d'une lentille cylindrique, dilater le point lumineux auquel se réduit, pour l'œil, l'étoile ou la planète sur laquelle portent les observations.
Ouant à l'autre phénomène, celui do 1 apparition des raies brillantes, on l'a découvert en étudiant les lumières artificielles. Il devient surtout extrêmement remarquable, lorsque les rayons sont émis par l'arc lumineux que l'on obtient entre les deux pôles d'une pile, lorsque l'on volatilise et brûle entre eux une substance métallique.
L'expérience se fait coniniodeiiieni avec la lampe éleclrique de M. Dubosci}. On remplace le crayon inférieur par un petit creuset de chaiijuu dont la aivité, ayant la forme d'un hémisphère creux de3 ou imillimètres de profondeur, est néaismoins s itli^ante pour recevoir une quantité convenable du métal a éprouver. Dès que le contact est élabli, la lumière produite suffit à donner un spectre d'un très-vif éclat, et dans le(iuel on voit apparaître des raies brillantes tout à fait caractéristiques.
Ces rai<'s ont été étudiées el décrites par [)lusieurs physiciens. M. Fouiaull arenianpié, en partii:ulier dans le spectre de l'argent, une raie verte d'un magnifique éclat, parfaitement fixe, parlaitement indécomposable au prisme, et qui, par conse(|uent, pourrait ôtre prise au besoin comme source de lumière homoi!;ène.
.M. Uobiquet est revenu sur cette question, et, dans un récent mémoire, il a siij;nalé plusieurs faits importants touchant la producUori des raies dans le spectre éloctri(iue ; il insiste en particulier sur ce point (jue,si l'on interrompt le courant de manière à l'aire cesser la volatilisation et la combustion du métal, le spectre que donne la masse fondue et incandescente est absolument privé de raies, et il en conclut que l'existence d'une atmosphère de lourdes vapeurs autour du corps (jui brûle est une condition essentielle ou au moins tiès-favorable h la production des raies. Cette opirnon se trouve contirmée par le fait suivant:
Lorsque après avoir fait passer un rayon solaire à travers une