DANS L'AIR
tirer par divers temps el se placer, pour entendre les coups, tantôt sous le vent, tantôt en direction contraire; troisiènienjent^ on pendra à un clou un fil de trois pieds et demi, portant un poids à sa partie inférieure, et, en observant ses oscillations, on déterminera exactement le nombre de secondes qui s'écoule depuis le moment où Ton verra la flamme du canon jusqu'à celui où Ton entendra le bruit; quatrièmement, il faudra entendre le bruit à trois distances différentes, savoir : à deux lieues, à une lieue et à une demi-lieue, afin de reconnaître si Tespace parcouru est ou non proportionnel au temps employé à le parcourir.
« Cinquièmement, on fera Texpérienoe par des nuits d'été et d'hiver, par des temps humides et sereins, afin de s'assurer si la différence des états de Tair amène des différences correspondantes dans la vitesse de propagation. Il sera bon, enfin, de faire varier le calibre des pièces, leurs dimensions, la qualité et la quantité de poudre employée à les charger... »
ExpénesoM des momâémkmm fhia^v. — Cent ans plus tard,
le programme de Mersenne fut suivi complètement, par les académiciens français dans* les expériences qu'ils exécutèrent autour de Paris en Tannée 4738.
Les canons étaient des pièces de 1 2 et de 8 livres de balles, et les stations adoptées pour les observations furent le j)lus souvent Montmartre, rObscrvaloire, le château de Lay et Ja tour de Mont- Ihéry, «iik Iquefois aussi Dammartin et le moulin de Fouleuayaux-Uoscs.
Il faut ajouter qu'au lieu du j ii lule primitif de Mersenne, les observateurs étaient munis de montres à secondes, d'horloges astronomiques, et qu'enfin des mesures iiéodésiquos très-précises avaient fait connaître les distances véritables des (iitlereates station^que nous avoiw iiom»)iées.
Voici ie détail d une des senes d'expériences, celle du 14 mars 4758 :
(( Lo vent au coucher du soleil éfait ouest-nord-ouest trèsfaible, dans une dii'ection perpendiculaire h celle de Montlliéry à Montmartre ; il devint ensuile presque entièrement calme...
« A 9 heures 30', le premier coup de canon tiré à Montmartre fut entendu à l'Observatoire 46"^ à Lay 30", et à Montihéry après le feu. Le second coup de canon fut entendu à l'Ohiservatoire 46" -, à Lay 36" après la lumière* A Montihéry, la grande foule de peuple qui était accourue empêcha d'eu faire r^)8ervation exactement*